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georgeslondiche
Description du blog :
Evocation des années de guerre 1954-62 Regards sur l'actualité des rapports entre les deux nations.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
03.03.2008
Dernière mise à jour :
20.08.2008
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Reçu le 8 mai 2002

Posté le 04.03.2008 par georgeslondiche
Dans ce livre, j'ai trouvé une forme d'écriture où les mots ont un sens. C'est fondamentalement différent de ce qui se dit et s'écrit par les temps qui courent.

Daniel P…, Chabris



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Lettre à NADIA

Posté le 05.03.2008 par georgeslondiche
Fin 2001, un un hebdomadaire français (TELERAMA) proposait à ses lecteurs d' écrire une lettre à quelqu'un qu'il aurait connu en Algérie. Voici la lettre que j' avais envoyé à TELERAMA mais que cette revue n' a pas jugé utile de publier.Cette lettre est adressée à une enfant du Maquisard qui appris son décès alors qu' il était au maquis.
Sassenage le 19/1/2002.
Petite NADIA,
Je ne sais rien de toi sauf que tu eus pour Papa quelqu' un à qui l' Algérie doit un peu de son indépendance. Il se trouvait dans un maquis du Nord-Constantinois quand, le premier février 1957, il écrivit sur un carnet: "J' ai appris, ce jour, le décès de ma petite NADIA qui serait morte il y a un mois et demie" environ.
Ton Papa oublia-t-il ce carnet ou l' avait-il mis à l' abri dans la cache où le trouva un jeune appelé de l' armée française?
Au cours de l' automne 2001, je retrouvais cet Ancien d' Algérie avec lequel, dans la même compagnie, nous avions courus les djebels.
Il me parla de ces carnets qui durant près de quatre décennies étaient restés, presque oubliés, dans un tiroir.Cela peut sembler incroyable mais le temps passe si vite.
Aujourd' hui, on parle beaucoup de ces années 1954-1962 au cours desquelles l' Algérie accéda à l' indépendance. Mais, on ne se parle guère entre nos deux pays.
"Ecrivez, en Algérie, à une personne vivante, décédée ou imaginaire" a proposé TELERAMA à ses lecteurs.
Tu ne fus pas imaginaire NADIA et, malgré les cinq années que dura encore la guerre après le premier février 1957, malgré tout ce temps passé depuis, les traces laissées par ton Papa ne le sont pas plus.
Je veux les retrouver pour que deux anciens appelés aillent apporter les carnets à ton Papa; Ou à sa famille, ou à ses amis, ou à son pays. (Fin de la lettre).
A l' époque, je ne savais pas que, quelques mois plus tard, je publierais ces carnets dans un livre .Aujourd' hui, pour la première fois depuis ma décision d' écrire "Guerre et "guerre" d' Algérie", je reparle de cette lettre et je suis immensément heureux que ce soit à l'un des fils du Maquisard et à Ammar.Fraternellement. georges.

TEMOIGNAGES PARUS DANS LE QUOTIDIEN L' HUMANITE NOVEMBRE 2000.

Posté le 06.03.2008 par georgeslondiche
16 Novembre 2000 - INTERNATIONAL

Guerre d'Algérie. De nombreux appelés arrivent à rompre le silence et témoignent de ce qu'ils ont vu, fait ou vécu.


Ces terribles aveux des soldats d'Algérie


" Il "...

Printemps 1960. Quelque part dans un djebel de grande Kabylie. " Il " nous avait promenés de cache en cache. Vides. Nous avions partagé un peu de nos rations avec " lui ". " Il " était resté entravé dans ses liens pour passer la nuit. Radio de la section. J'eus connaissance au petit matin de l'ordre transmis au chef de section. Message codé : " Mangez le saucisson ". C'était la voix du capitaine commandant la compagnie A du 1er RCP. Nous nous mîmes en route. " Il " portait la musette du chef de section. " Il " était retenu à l'un d'entre nous par une corde de deux mètres. " Halte casse-croûte ", lança le chef en récupérant sa musette. Puis tout alla vite. " Tourne-toi ", dit-il au prisonnier en lui désignant le ravin que nous longions. Surpris, " il " sembla mettre une fraction de seconde à comprendre. " Il " se tourna. Face au ravin. Le chef arma sa carabine US. Le bruit, pourtant léger, que fit la culasse fit se retourner la tête du prisonnier vers nous. La carabine était déjà épaulée et le mettait en joue. Sans un mot, " il " se retourna vers le ravin. Pensa-t-il, à cet instant, courir dans le ravin ? Pensa-t-il " à quoi bon " ? Il rentra la tête dans les épaules comme quelqu'un qui s'attend à recevoir un coup. Ultime réflexe de vie. Une détonation, une tête qui éclate, une cervelle qui se répand sur le sol et le copain - surpris lui aussi car tout est allé si vite - qui tient encore la corde. Questions : cette exécution, cet assassinat hante-t-il la conscience du chef de section ? Combien en avait-il exécuté, de l'Indochine aux djebels ? Etait-ce lui le plus responsable ? " Il " avait, sans doute une famille, des amis. Ont-ils su comment " il " a disparu ? [...]

Georges Londiche.

Sassenage (Isère).


Pour " s'amuser " !.

L'appel national contre la torture en Algérie me rappelle de douloureux souvenirs, et je le signe. J'ai été rappelé au printemps 1956. On nous parlait de " pacification " et d'une poignée de rebelles à mâter en quelques semaines. Entre la gare de Nancy à Marseille, nous avons manifesté en tirant sur les sonnettes d'alarme pour arrêter les trains. Sur le bateau, nous avons été mis en fond de cale et placés, en Algérie, dans une compagnie dite disciplinaire, c'est-à-dire au combat aussitôt. Deux jours après, lors d'un accrochage, nous avons eu un tué, un rappelé comme nous. Notre compagnie a remplacé une compagnie de paras à la ferme Berton près de Kenchela dans les Aurès. La chambre de torture avec gégène électrique existait. J'ai vu, oui j'ai vu, un jeune blessé du FLN recevoir des coups de pelle sur la tête, un autre se faire écraser les pieds avec un bidon d'essence plein. J'ai vu mourir à côté de moi deux vieux paysans dans les champs, tirés comme des lapins par un officier, " pour s'amuser ", a-t-il osé dire !.

Retour d'Algérie, je suis rentré cassé, meurtri, tétanisé. Les horreurs étaient dans les deux camps. Personnellement, je n'ai pas vu de gens égorgés par le FLN, mais je sais que l'on en parlait là-bas et que ça existait. J'avais vingt-quatre ans en 1956, je militais aux Jeunesses communistes depuis 1949 (UJRF à l'époque), et j'étais membre du PCF depuis 1952. Quelques très rares jeunes communistes, comme Alban Liechti, ont choisi l'insoumission. Je m'en souviens. La ligne du PCF n'était pas celle-ci : le PCF recommandait avant tout à la jeunesse de lutter en France et partout pour l'autodétermination du peuple algérien. Ça a été aussi mon choix politique personnel. … tort ou à raison, l'insoumission ou la désertion me semblaient anarchisantes [...]

Maurice Sauvage

Reims (Marne)


Funeste engrenage

Je m'associe à l'appel des douze personnalités condamnant la torture en Algérie en Algérie. Appelé au 1er RHP en novembre 1959, j'ai été libéré début mars 1962, juste avant le cessez-le-feu du 19 mars. Humiliation de la population, brimades, saccages, tortures, mutilations de personnes : enfin, nous pouvons, nous devons témoigner, regarder devant nous au lieu de ressasser sans cesse dans notre coin ce qui a été le malheur de notre jeunesse gâchée. Hussard F. coupe l'oreille d'un " fel " ; chef G. abat de manière sommaire un suspect d'une balle dans la tête ; gégène, pendaison, traque, que sais-je encore... Putsch de 1961 où les appelés, dont j'ai fait partie, ont réagi vigoureusement pour affirmer leur fidélité à la République. Etudiant à Vannes, j'avais lu la Question d'Henri Alleg, signé une pétition pour demander la libération de prison d'Armand Guillemot, élu de Lorient je crois, qui s'était opposé à l'envoi du contingent en Algérie. Mais une fois que nous étions incorporés dans ce régiment parachutiste, l'action psychologique, les brimades ont souvent eu raison de la résistance de nombre d'entre nous, sinon de nous tous.

Les corvées, l'instruction où l'on nous parlait de l'Indochine " que les politiques nous ont fait perdre "... L'entraînement poussé, l'action psychologique (" Vous appartenez à un corps d'élite ") ont fait une machine à combattre de tous ces appelés qui, à vingt ans à peine, quittaient leur famille, une fiancée avec quel espoir de retour et pour le bénéfice de qui ? [...] . Nous sommes nombreux à ruminer notre guerre qui a apporté de graves séquelles morales et physiques. Il est plus que temps de s'expliquer et de lever la tête pour demander la vérité, la crier à la face de ceux qui portent la responsabilité, c'est-à-dire les politiques de l'époque qui ont couvert cette ignominie et ceux qui ont agi, les chefs militaires qui nous ont fait devenir des tortionnaires. Pour que d'autres générations ne connaissent pas de tels malheurs, il faut porter témoignage.

Michel Mahieux

Presles-en-Brie (Seine-et-Marne)


Chasse à l'homme

Est-ce que ne pas faire de prisonniers peut s'apparenter à de la torture ? Je pense que oui. Voilà les faits, vous jugerez. Un jeune du contingent appelé à " faire son temps " est envoyé en Algérie. Très bon chasseur, il est affecté à une unité qui se battait. Autant il aimait chasser le lièvre ou le perdreau, autant il détestait chasser l'" homme ". Et plus encore lorsque l'échauffourée était terminée, le chef disait : " Pas de prisonniers " et il ordonnait à ses soldats de tuer de sang-froid. Certains acceptaient, d'autres ont toujours refusé, dont ce jeune, mais il en est resté marqué. Pendant vingt-sept mois, il a connu ce cauchemar. La France a martyrisé non seulement les Algériens, mais aussi ses propres enfants. Il est bon de s'en souvenir. Je suis hors du sujet, peut-être, mais je le dis autour de moi - je vous le dis aussi - toutes les guerres sont horribles et j'espère qu'un jour cela s'arrêtera. Mon père le rêvait, je le rêve aussi.

Josette Grangeon

Valréas (Vaucluse)


Le bataillon de Corée

J'étais dans le bataillon de Corée à Oued Zenati (à 30 kilomètres de Constantine), bataillon commandé par un disciple de Le Pen, le colonel de Seize. La torture, telle que décrite par Henri Alleg dans la Question, je l'ai côtoyée. Le local de torture se trouvait dans la ferme Lecas. Il était contigu à une chambre où se trouvaient avec moi une dizaine de soldats. La torture se faisait tous les jours et bien souvent jusqu'à tard le soir. Les excréments rentraient par le dessous de la porte dans notre chambre. Devant nos protestations, ils ont bouché au béton. Mais les tortures se poursuivaient et nous entendions toujours les cris de douleur, ainsi que les voix des tortionnaires qui s'acharnaient sur leurs victimes. Nous avons poursuivi nos protestations, malgré les menaces de mort de certains engagés. Ils ont fini par changer le lieu de torture. Je tiens à dire qu'aux séances de tortures participaient notamment le responsable des renseignements de la région, mais aussi les capitaines Dubois et Sellier, qui dirigeaient chacun une compagnie. Le bataillon de Corée était un corps de tortionnaires dans lequel se trouvaient nombre d'engagés dont certains avaient les tatouages de la SS. Ils avaient participé à toutes les guerres coloniales Ces bêtes immondes, c'est bien comme cela qu'il faut les appeler, s'étaient fait la spécialité de " déguster " les oreilles de " fellaghas ", certains étaient rétrécisseurs de têtes qu'ils posaient sur le haut de leur frigidaire comme un trophée. C'était l'horreur, j'ai toujours en tête trois souvenirs dramatiques.

Le premier, c'est le surlendemain de notre arrivée dans ce bataillon. Nous sommes réveillés à quatre heures du matin, on nous a demandé de nous préparer, on nous fait monter dans un camion : au milieu, on avait entassé une vingtaine d'Algériens. Nous avons parcouru une vingtaine de kilomètres et le camion stoppa enfin, en plein djebel. Un officier fit descendre les soldats équipés d'une mitraillette, puis les prisonniers. Je commençais à comprendre. L'officier leur demanda de partir, puis de courir et, dans le même mouvement, ordonna à ceux qui avaient une mitraillette de tirer jusqu'à l'extermination complète. C'est ce qu'ils appelaient les " corvées de bois ". Heureusement pour moi, j'avais une carabine, j'étais donc exclu de ces corvées effroyables. Le deuxième, c'est ce patriote algérien torturé pendant plus de dix jours qui, malgré l'eau, les coups, la gégène a continué à sourire à ses bourreaux sans livrer ses camarades. Ce héros a été achevé d'une balle dans la tête. Le troisième, c'est une image vraie qui restera toute ma vie dans ma tête, de ces deux jeunes femmes mortes, serrant chacune dans leurs bras leurs bébés morts, au milieu de la cour d'une mechta calcinée, où sortait encore, de leurs vêtements qui se consumaient, de la fumée. Dans mon souvenir, cette image prend d'autant plus de relief que c'était la fin d'après-midi, avec en arrière-plan un magnifique coucher de soleil. Cet après-midi-là, dans la région de Guelma, tout ce qui vivait avait été exterminé, y compris les femmes enceintes, après qu'elles eurent été souvent violées. C'est une honte pour la France de s'être comportée comme ça [...]

Je n'ai pas beaucoup parlé de ce passé. Il n'y a pas de mots assez forts pour décrire l'horreur. J'ai aujourd'hui soixante-trois ans mais mon être reste marqué à jamais. Pour être en règle avec ma conscience, je projette d'écrire un livre. Sachez cependant qu'aucun Algérien n'a reçu une balle ou n'a été torturé par André Meyer. Vous pourriez me dire : " Tu aurais pu déserter ! " Mais le PCF et la JC nous demandaient de mener le travail politique contre la guerre, la paix et l'indépendance, dans l'armée. Ce n'était d'ailleurs pas une erreur, comme l'a montré la mobilisation des appelés contre le coup d'état des généraux factieux en 1961. Mais ce travail politique était très difficile à mener dans ce bataillon de Corée. Restait la possibilité de s'enfuir en Tunisie, ce que nous projetions de faire avec mon ami F. Martinez, mais brusquement on nous a séparés...

André Meyer

Nanterre (Hauts-de-Seine)


Cousin déserteur

Chère Madeleine Rebérioux, j'ai pris connaissance de " l'appel à la condamnation de la torture durant la guerre d'Algérie " dans les pages de l'Humanité. C'est plus qu'un soulagement, c'est un espoir que cet appel existe. Enfant à l'époque de la guerre d'Algérie, j'ai le souvenir d'un cousin déserteur que nous avons caché de longs mois et de mon impossibilité en CM2 d'inscrire sur ma fiche scolaire de début d'année : " née à Casablanca, nationalité française " ! J'avais inscrit : " nationalité arabe ". Lorsqu'on m'interrogea, je ne sus que répondre : " Je ne veux pas être colon ! " J'avais dix ans ! Depuis, mon engagement s'est nourri, bien sûr, d'anticolonialisme, de justice, de paix, d'antiracisme et de droits de l'homme. C'est au nom de ces valeurs que nous partageons, de mon engagement dans le conseil d'administration de l'association Mémoire, vérité, justice et de mon métier de journaliste, qu'après avoir signé l'appel du 17 octobre 1961, je souhaite signer le vôtre aujourd'hui et participer à toute action pour le promouvoir.

Aline Pailler

Journaliste

Membre du Conseil économique et social

Paris.


Etat de droit

Tout comme " un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre ", j'ai l'intime conviction que les bourreaux sont indélébilement mutilés par les sévices imposés à leurs victimes. Reconnaître un état de fait c'est, déjà, commencer à revenir en état de droit. Dénoncer aujourd'hui - enfin ! - des pratiques déshonorantes c'est commencer un devoir de mémoire. C'est le début de l'accès à la maturité du peuple français et le début de l'honneur (re)trouvé. Enfin, c'est notre devoir de réparation envers le peuple algérien que nous engageons. … ma modeste place, je veux y contribuer.

Alain Clary

Député maire de Nîmes (Gard)



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Page réalisée par Intern@tif - Jeudi 16 Novembre 2000

POURQUOI CE BLOG?

Posté le 08.03.2008 par georgeslondiche
Novembre 2004,

A la suite d' un voyage à Ferdjioua où je suis allé présenter "Guerre et "guerre" d' Algérie", des Sassenageois (et limitrophes) créent l' association sassenageoise "Mains tendues France Algérie" avec les encouragements et les soutiens du maire Christian COIGNE et du conseiller général Alain CHAPLAIS.

2006,

Onze membres de l' association accompagnés du maire de Sassenage et de l'un de ses adjoints, séjournent une semaine à Ferdjioua (trois jours, pour la délégation municipale, responsabilités sassenageoises obligent).

2007,

L' associatiation et la municipalité reçoivent six personnes de Ferdjioua à l' occasion de la fête des communautés.

2008,

Voici ce que l' on peut lire sur le site de l' association:
"L'association est en sommeil, la famille du fondateur, ayant remis en cause l'élection de la nouvelle présidente. Celle-ci a démissionné ainsi que le bureau, pour protester contre des actions graves, en négation de l'objet de l'association (compréhension et amitié)".
Georges Londiche dénonce fermement cette façon erronée de présenter la situation de l' association. C' est faire fi de la réalité que de dire que j' aurais remis en cause l' élection de la présidente, élection que j' avais demandé, et obtenu, qu' elle se fasse à bulletins secrets.
Impliquer ma famille dans cette accusation, que voilà un argument courageux!
Quant aux "actions graves", la moindre des honnêtetés ne serait-elle pas de les citer?La vérité est que, conséquence des démissions de l' association, de la trésorière puis, à quelques heures d' intervalle, de celle de la présidente, l' association n' est pas "endormie" mais morte.
Premier mars 2008: Georges Londiche créé son blog personnel sur les mêmes bases qu'il avait voulues pour l' association "Mains tendues France Algérie": Liberté d' expression, Laïcité, Respect de l' Autre.
Ce blog ambitionne de servir, au mieux, la relation établie entre Sassenage et Ferdjouia et, au delà, les rapports entre la France et l' Algérie.

Pourquoi ce livre

Posté le 09.03.2008 par georgeslondiche
Au printemps 2002,


Ne se reconnaissant, que très rarement, dans les images que les médias donnent, trop souvent, des anciens combattants d'Algérie. Georges Londiche publie "GUERRE ET "GUERRE" D' ALGERIE".

Convaincu que Jacques Prévert a eu raison d'écrire "Quelle connerie la guerre", il n'en pense pas moins que cette "connerie" fut toujours imposée aux peuples voulant se libérer de la société coloniale.
Pour lui, il n'y a aucune gloire ou reconnaissance morale à revendiquer pour avoir combattu en Algérie.

Appelé de la classe 1958, il évoque quelques souvenirs significatifs de ce que fut sa vie de soldat.
Il exprime aussi son point de vue sur les conséquences malheureuses que ces années de guerre et de "guerre" ont eu sur la société française, conséquences qui perdurent aujourd'hui.

Ferdjioua

Posté le 10.03.2008 par georgeslondiche
Avant Ferdjioua.
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Recherche de Mokrani Mohammed Saddek


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La Commune mixte de Fedjm'zala avait été créée par arrêté le 1 er décembre 1880 .
Elle tirait son nom du col ( (Fedj) ) qui au centre de la commune , fait communiquer les vallées de L'Oued Bousselah et L'Oued Melah .
La légende veut qu'autrefois une tribu berbére , les M'zala, aujourd'hui disparue , se soit installée à l'emplacement de ce col et lui ai laissé son nom .
A la tête des communes mixtes était placé un fonctionnaire d'autorité .
L'administrateur n'avait pas seulement les attributions normalement dévolues au maire par la loi municipale , mais encore bien d'autres charges et sujétions découlant de son rôle de représentant du pouvoir central dans sa circonscription.Il était officier de police judiciaire , officier du ministère public près le tribunal de simple police et de petite correctionnelle .
L'administrateur était assisté d'une assemblée municipale délibérante. :
La commission municipale composée des présidents de la djémaa élus tous les six ans , des adjoints spéciaux chargés de pouvoirs délégués tels que ceux d'officier d'état civil , dans des circonscriptions de commune que formaient certains centres de colonisation , des caids , fonctionnaires nommés , membre de droit et du receveur des contributions divers .
En application du décret du 28 juin 1956 , la commune mixte de Fedjm'zala éclata en douze nouvelles communes de plein exercice :


Arres ( 8.000h )

Beinen ( 7.500h )

Bouhatem ( 6.906h )

Djemila ( 8.845h )

Fedjm'zala ( 22.876h )

Kef Bouderga ( 7.120h )

Lentia ( 13.215h )

Lucet ( 7.896h )

Richlieu ( 7.000h )

Rouached ( 11.000h )

Tachouda ( 6.174h )

Tassala ( 15.240h )


Le centre de colonisation de Lucet .

Lucet appelé au début (Beni Guecha ) est situé sur un plateau riant et accueillant au visiteur, trés sain et largement balayé par les vents qui passent sur une plaine fertile au pied des contreforts montagneux du Djebel Sekhouna , les familles installées sur ce plateau en 1887 venaient du midi de la France Elles arrivérent en été et furent mises en possession, des leur arrivée, des lots qui leur étaient destinés. Le village, tracé simplement par les caniveaux délimitants les rues, fut, en deux mois, couvert de tranchées représentant les fondations des maisons en construction .

Article du quotidien LE DAUPHINE LIBERE du Lundi 23 Juin 2003

Posté le 12.03.2008 par georgeslondiche

Georges Londiche auteur du livre "Guerre et "guerre" d' Algérie.
Dans son ouvrage, il délivre un autre regard sur la guerre d' Algérie, à partir des carnets de guerre d' un maquisard algérien.

Depuis la sortie de son livre voici un an, Georges Londiche multiplie les occasions de parler de cette guerre d' Algérie qu' il ne regarde pas comme bon nombre, d' où son titre "Guerre et "guerre"...."
Ce maçon, Ardéchois de naissance, engage volontiers le dialogue sur cette période délicate que fut la guerre d' Algérie.
Sans vouloir convaincre, car très respectueux des idées de chacun, il propose son point de vue. Il a bâti son ouvrage à partir des notes de guerre d' un maquisard algérien et de son propre vécu d' appelé du contingeant envoyé là-bas.
On pourrait dire qu' il s' agit d' un ouvrage du temps puisque les notes du maquisard algérien sont restés.....40 ans dans un tiroir avant d' être ressorties de l' ombre puis éditées. Elles avaient été trouvées, lors du conflit, cachées dans une mechta, par un Drômois, compagnon d' arme de Georges Londiche.
Voici trois ans, lors de retrouvailles entre les deux hommes, le Drômois a montré les deux petits carnets à l' Isérois.
Aujourd' hui, rassemblées dans un livre, ces notes donnent un éclairage et un témoignage intéressants sur une période qui n' est pas cicatrisée, loin de là.
S' il a fait son devoir de mémoire, Georges Londiche s' est fixé une autre mission: Faire retraverser la Méditerranée aux deux petits carnets de notes de guerre, pour qu' ils soient rendus à son auteur, à ses proches ou à son pays.
Les contacts sont engagés dans ce sens, mais la tâche n' apparait pas si facile.

Un livre qui dérange?

Posté le 12.03.2008 par georgeslondiche
Article paru, dans le quotidien national algérien "LA NOUVELLE REPUBLIQUE", le 16 Mars 2003.
"Guerre et "guerre" d' Algérie" de Georges Londiche.

UN livre qui dérange?
Des notes écrites par un combattant algérien dans la douleur et la souffrance, la faim et la soif que même un ragoût de pommes de terre ou un verre de lait ne sauraient apaiser ou étancher, hormis l' espoir dont se nourrissait ce combattant en anticipant sur l' heure de la libération.
Tels ont été les précieux supports qui ont éveillé les souvenirs de l' auteur, devenu vieux maçon à la retraite, dans un ensemble de questionnements ouvrant un large débat sur une guerre que des hommes de paix auraient refusée.
"Guerre et "guerre" d' Algérie" de Georges Londiche est un travail de mémoire, l' un des rares à donner directement accès à la parole d' un maquisard algérien.
Soucieux de retrouver l' auteur de deux carnets de route d' un combattant algérien, georges Londiche, dans cet ouvrage, exhume "des carnets qui témoignent d' un jeune homme père de famille, possédant une maîtrise de l' orthographe et qui, manifestement, ne rêvait que d' une chose: Que soit reconnue la dignité de son pays", écrivait Pierre Boisgontier (chercheur universitaire à la retraite) dans la quatrième de couverture du livre de Londiche. Une oeuvre où l' auteur, dans une écriture dénudée de toutes fioritures romanesque, cherche à ce que "lumière soit faite sur ce drame".
A l' époque, jeune appelé venu passer son service militaire en Algérie, un des amis de contingent de l' auteur, découvre deux carnets de route qu' un "maquisard" (terme employé fréquemment par l' auteur) algérien a, sans doute, oublié dans une cache. Conscient des conséquences gravissimes que pourrait entraîner leur vdécouverte par les militaires français, il les a soigneusement dissimulés pour, enfin, les confier, 35 ans plus tard, à Londiche qui, à son tour, attendra cing années pour "déterrer" ces carnets dans "Guerre et "guerre" d' Algérie". Des carnets que Londiche souhaite restituer à l' Etat algérien et qui ont donné cours à ce débat auquel il fait participer un maquisard de par ses notes quotidiennes, se référant, également, à des écrits de journalistes, écrivains, historiens, hommes politiques, militaires.
"J' aurais aimé écrire ces pages avec d' autres appelés ou d' autres personnes. J' ai pourtant sollicité des concours. En vain. J' aurais même accepté qu' ils ne disent pas les mêmes choses, ni de la même façon, pourvu qu' ils soient sincères".
Ces notes de guerre d' un maquisard alhérien ranimées par des souvenirs de "guerre" d' un appelé.
"Une réflexion sur ce passé et ses conséquences sur l' actualité", nous dit l' auteur dont la voix a tonné pour "faire entendre ce qu' à travers ses notes journalières, nous dit un de ceux dont les voix portent rarement jusqu' en France".
Et c' est ainsi que "Deux mains auront écrit ces phrases". deux destins dont les "routes" se sont peut-être frôlées dans les djebels de Kabylie (Par là, l' auteur désigne les régions de Jijel, El Milia...) mais se côtoient quotidiennement dans cet ouvrage. Une année de vie "connue" (du 21 juin 1957 au 5 juillet 1958) à travers ces "retrouvailles" en 2001. Une durée qui a enfanté, dans ce "curieux dialogue", et l' auteur en convient, une certaine familiarité qui fait dire à Londiche, s' adressant à son pseudo interlocuteur, "d' ancien combattant à ancien combattant, je ne pense pas que le tutoiement soit une marque d' irrespect, aussi l' emploirai-je sans pudeur".
"Guerre et "guerre" d' Algérie" est, également, une réflexion sur la guerre sans adhérer aux "accents épiques pour décrire la vie des combattants des deux camps", accents qui, selon l' auteur, sont le plus souvent, employés pour "masquer ou exalter des situations peu glorieuses. Et la guerre n' est jamais glorieuse, toujours imposée au plus grand nombre. Durant vingt-huit mois d' armée, je n' ai jamais entendu crier "Vive la guerre".
Ce mot, "euphémisé" sous le slogan "Pacifier l' Algérie", ,ne pouvait étouffer une réalité consignée par un maquisard dans ses carnets de route. Le napalm (bombe incendiaire) et autres types de bombes déchirant quotidiennement le silence de paisibles mechtas et douars et dont seuls des regrets sincères pourraient atténuer la gravité. D' où l' emploi du mot "repentance", loin de sa connotation religieuse. "Pacifier l' Algérie" ne pouvait, également, faire taire les cris arrachés sous l' effet de la torture subis par les victimes des "Aussaresses" et consort et dénoncés à travers les méditations de l'auteur.
Faudrait-il, également, noter, dans cet ouvrage, la confrontation entre deux réalités: La "guerre" de l' auteur qu 'il subissait et que, bien obligé, il faisait et la guerre du maquisard, une guerre que 130 ans de colonialisme lui avait imposée?
Ce que Londiche appelle aussi sa "guerre", c' est "traquer la bête rugissante ou sommeillante qui est en chacun de nous".
Un livre, finalement, intéressant à lire et qui, malheureusement, n' a pu connaître une large diffusion pour la simple raison qu "aucune maison d' édition n' a accepté de l' éditer tel qu'il a été écrit" nous a confié l' auteur contacté par nos soins.
Est-ce un livre qui dérange?

Quatrième de couverture de

Posté le 13.03.2008 par georgeslondiche
UN INSOUMIS
J' ai été emprisonné pour insoumission et Georges est allé en Algérie comme l' immense majorité des jeunes de notre génération.
Au début de l' été 2001, il me fit part de son intention de porter à la connaissance publique les carnets de route d' un combattant de l' ALN et de tenter de retrouver leur auteur.
Avec une fidélité de bénédictin, il a transcrit ces carnets, tout en les commentant. C' est un travail de mémoire; à ma connaissance, un des rares à donner directement accès à la parole d' un maquisard algérien.
Ces carnets témoignent d' un jeune homme, père de famille, possédant une maîtrise parfaite de l' orthographe et qui, manifestement, ne rêvait que d' une chose: Que soit reconnue la dignité de son pays.
La relation que Georges établit à travers ce qu' il nomme les "pauses" des carnets m' a renvoyé à ma propre mémoire, lorsque j' étais infirmier parachutiste.
Durant mes péré grinations à Pau, Toul, Mourmelon puis la prison militaire de Metz, j' ai entendu bien des confessions, bien des récits à faire frémir mais aujourd'hui la "france" a amnistié et Monsieur Aussaresses revendique le droit à la torture.
Dans les années 1963-1964,j' eus la chance de travailler en Algérie, dans le cadre de la réforme agraire, avec une équipe de dix anciens maquisards dont l' un d' eux avait survécu à la célèbre opération "Jumelle", terré dans un trou pendant dix jours, en buvant son urine.
C' est en souvenir de tels témoignages, restés ignorés, que j' ai accepté la proposition de Georges d' écrire la IVe de couverture de son livre.
Comme je lui faisais remarquer qu' il pourrait trouver une personnalité plus en vue pour aider au renom de Guerre et "guerre" d' Algérie, il me répondit qu' il préférait l' avis d' un insoumis. Ainsi à la dernière page du livre de Georges se cotoient, par delà leurs différences, l' Appelé, le Maquisard et l' Insoumis.
Hier, 1954-1962: "maintien de l' ordre" en Algérie. Aujourd' hui: "maintien de l' ordre en Palestine. En pensant au refus de quatre cents militaires isréliens d' y participer (lettre publiée par le journal HAARETZ du 1er/04/202 et LE MONDE du 5/04/2002), j' ai apprécié le commentaire de Georges citant Prévert: "Quelle connerie, la guerre". Celle des puissants; les autres, telles la lutte pour l' indépendance de l' Algérie ou d' un état palestien, étant le combat légitime des "Fells", des "Rebelles", des "Hors-la-loi"......et des Insoumis.
Pierre Boisgontier. Chercheur universitaire à la retraite. Appelé de la 59 2/a qui déposa l' uniforme après avoir eu connaissance du rôle que l' Armée faisait tenir à des infirmiers dans la réanimation de prisonniers torturés.

MAI 45 à FEDJ-MZALA.

Posté le 13.03.2008 par georgeslondiche
Le 8 Mai 1945

Les événements du 8 Mai 1945 à Fedjmzala


Le Mercredi 9 Mai , au début de l'aprés midi on voyait des groupements s'approcher par la plaine du Ferdjioua du centre de Fedjm'zala .
Ces groupes se rejoignaient au pont situé à 800 mètres du village sur l'Oued Bousselah .
Des émissaires, envoyés du chef lieu de la commune, revenaient avec cette réponse :
>
Et l'on annonçait l'attaque pour la nuit .
En présence de la carence de l'administrateur en chef son adjoint M . l'administrateur Eschenbernner et M . Charles Vallet
juge de paix suppléant avisait des mesures à prendre. Il alerte la gendarmerie de Redjas à 19 kilomètres et obtient l'envoi de deux gendarmes .
Puis il part à Lucet , centre voisin, accompagner sa femme dans sa famille , prévient les colons de ce village qui s'organisent et revient à son poste. La nuit tombait, il fallu trois démarches auprés du chef de la commune pour obtenir l'entrée de la population française d'origine dans le Bordj administratif
M . Eschenbrenner pris le commandement de la défense du Bordj le juge apprend que Marchetti Receveur des postes ayant accompagné ses quatre enfants et leur mére au Bordj est revenu à son bureau . Le juge propose au gendarme Bechouche d'origine indigéne de venir avec lui à la poste ,le gendarme accepte aussitôt .
Les deux hommes trouvent M . Marchetti à son bureau il avait pris des précautions avait bloqué la porte du public avec une table branlante , fermé les fenétres bareaudées .

L'attaque de la poste et du bordj


Le 9 Mai 1945 trés calme le receveur parle avec Constantine.Il demande du secours la poste est cernée ainsi que le Bordj .
On entend des coups de feu . Ils sont tirés d'abord contre le réduit défensif , puis à bout portant, deux balles atteignent la grande fenêtres du bureau de poste l'action est engagée . On entend des bruits de pas précipités ....ils s'éloignent puis reviennent .
Le Bordj dit qu'il est entouré qu'on a tiré mais que les défenseurs se sont abstenus de riposter à dix heures et demie le général de division téléphone de Constantine M le Général Duval annonce que les troupes ne pourront arriver que demain.
Il ajoute .
Vers minuit les carreaux de l'imposte de la salle du public volent en éclats , puis des blocs sont jetés sur la porte qui résiste mais brusquement elle s'enflamme et brûle comme une torche : de l'extérieur, il est arrosé d'essence par un certain El Baz.
La nuit s'ouvre béante puis c'est l'illumination à travers l'embrasure d'un bidon américain plein d'essence qui a pris feu sur la terrasse d'entrée et qui éclaire tout, y compris l'intérieur. Brusquement, il est un peu moins d'une heure du matin, une partie du plafond s'effondre et s' enflamme, dans la chambre de travail, sous un gros bloc qui jeté de la toiture découverte a fait bélier. On a versé de l'essence par le toit le plafond brûle et sur le sol du bureau le liquide enflamé se répand .
A trois heures , un retour offensif précipite les défenseurs à la lucarne . Un échange intense de coups de fusils le mousqueton qui hurle , des pistolets qui aboient M.Marchetti se glisse dans le salle du téléphone sous la protection des armes de ses deux compagnons
il demande du secours mais il n'y a rien à faire il faut attendre .
Cette attente durera environ une heure jusqu'à cinq heure et demie momment ou le receveur des postes, toujours protégé par ses compagnons, se glisse à nouveau dans la salle et téléphone au bordj.
On est surpris on croyait les défenseurs de la poste sont morts depuis longtemps, mais la rue est libre , les troix hommes sortent et respirent. Dehors, sur le trottoir, une mare de sang; plus loin du monument aux morts, un cadavre, c'est un jeune signalé
la veille comme l'un des plus exalté parmi les indigénes. C' est le nommé Baz .
Les trois défenseurs arrivent au Bordj, tous les Français étaient saufs.
Tel est le résumé des événements qui se sont produits à Fedjm'zala dans la nuit du 9 au 10 Mai 1945. Fedjm'zala n'a pas été pillée, les maisons particuliéres, abandonnées par les Français, ont été retrouvées intactes, les magasins de la SIP remplis de blé et dont la grand porte d'entrée n'étaitmême pas protégée par des volets n'ont subi aucune effraction ,une ferme importante exploitée par Vallet Charles et située à 3Km500 du village ainsi que les exploitations agricoles de M.Augier ont été respectée, une femme Française malade avait refusé de se laisser évacuer de la ferme Vallet ;elle n'a pas été inquiétée pas plus que sa jeune fille restée avec elle .



AUTEUR : Mokrani Mohammed Saddek DATE : 05 février 2004






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