Allocution lors de la réception du 1/12/2004
Posté le 04.03.2008 par georgeslondiche
Réception, du premier décembre 2004, organisée par la municipalité de SASSENAGE au retour de mon premier séjour à Ferdjioua.
Quelles que soient vos raisons d'être ici ce soir , merci à vous tous.
Votre présence témoigne de l'intêrét que vous portez à l' Algérie , ce pays à la fois , assez loin et tout proche aussi bien humainement que géographiquement .
Monsieur le Maire , je vous remercie d'avoir pris l'initiative de cette soirée.
Monsieur le Consul , je vous remercie d'avoir accepté de l'honorer de votre présence.
Monsieur le Maire et Monsieur le Consul , je vous remercie , tous les deux , pour la confiance que vous m'avez faite , en toute connaissance , il est vrai , car vous fûtes parmi les premiers lecteurs de " Guerre et " guerre " d' Algérie.
L' objet de cette soirée n'est pas de faire la promotion d'un livre cependant , pour que les choses soient bien claires pour tous , je dois parler des raisons qui m'ont poussé à l'écrire car, sans ce livre , je ne serai peut-être pas retourné en Algérie .
En 2000 , s'est ouvert en France , un débat sur la guerre d' Algérie.
Emission de radio , télévision , presse écrite ont multiplié interventions et débats .
Débats utiles autant que nécessaires mais qui le plus souvent , viraient vite aux passions débridées.
Je passe sur les énormités , exagérations , mensonges même , entendus ou lus .
Dans le livre , j'en dénonce quelques uns et particulièrement celui consistant à faire passer les combattants algériens pour des hordes d'abrutis manoeuvrées par des hommes avides de pouvoir .
Mes enfants m'interrogeant sur cette guerre et sur mon comportement durant mon service militaire , c'est d'abord pour eux et mes petits enfants que j'ai pris la plume mais déja avec l' idée de rapporter en Algérie les carnets cités dans le livre .
Ou , du moins , de les rendre par l'intermédiaire de l'ambassade ou du consulat .
Le livre terminé , j'ai cherché quelqu ' un qui pourrait écrire la " quatrième de couverture"
J'ai alors pensé à ami de presque quarante ans nous avons vécu Mai soixante huit , ensemble - Pierre Boisgontier chercheur universitaire , ancien coopérant en Algérie dans les années 1963 - 1964 .
Insoumis pendant la guerre d 'Algérie , cela lui vaudra huit mois de prison mais n'entamera pas sa détermination
" Guerre et " guerre " d' Algérie ne pouvait trouver mieux pour sa quatrième de couverture .
C'est lui qui , aprés avoir lu le manuscrit , me convainquit de le publier officiellement .
Je tenais à vous le dire .
Devant les difficultés pour trouver un éditeur car ne voulant rien retirer ni même modifier de ce que j'avais écrit , je me résolu à le publier à " compte d'auteur " , c'est à dire sans le soutien d'un éditeur ni de quelque organisation que ce soit .
J' eus la chance de rencontrer un imprimeur qui me dit : " A votre âge , certains font une piscine dans leur jardin , d'autres , un tour du monde en avion ou en bateau , vous , vous voulez faire un livre , ça vous coûtera beaucoup moins cher " Marché conclu ! Comme ce livre parlait du combat de l' Algérie pour son Indépendance , j'ai pensé que c'était la moindre des politesses que d'aller le présenter à des représentants de ce pays .
C'est donc dans cet esprit et non dans celui de la promotion d'un livre que je suis allé frapper à la porte du consulat .
Pour la première fois de ma vie , j'allais me trouver , en quelque sorte , en territoire algérien libre . Monsieur le Consul m'a reçu , écouté , puis il a accepté le livre et m'a proposé de nous revoir deux ou trois semaines après en me promettant de me dire ce qu'il en aurait pensé .
Deux semaines plus tard , son opinion rejoindra celle de beaucoup de lecteurs qui me l'ont dit ou écrit : " C' est votre livre , ce sont vos idées , on en partage , ou on en partage pas " et il ajoutera : " Les carnets sont d'un intêrét certain pour mon pays " . Deux ans après , je faisais une demande de visa pour l' Algérie que j'allais retrouver quarante trois ans après mon service militaire, devenue une nation souveraine et respectée dans le monde .
Apprenant la date de mon départ , Monsieur le Maire me demanda de représenter Sassenege là-bas J'ai d'abord refusé , il a insisté , j'ai accepté mais en lui rappelant le but premier de mon voyage : Rendre les carnets .
Ainsi mon séjour en Algérie a-t-il comporté deux côtés L' un , historique , avec le retour des carnets , l'autre , bien d'actualité car à l'image de ce qui se fait au plan national et qui sera officialisé e deux mille cinq par un traité de coopération entre les états français et algérien . Ce retour des carnets ne s'est pas organisé en deux jours .
Il a fallu que je me mette à internet alors que je ne savais même pas me servir d'un minitel .
Ce moyen m'a permis de faire connaître mon livre en Algérie et de rencontrer l'association du " Huit Mai 1945 " , une association de Ferdjioua animée par des passionnés d' Histoire qui s'interressent aussi à l'avenir de leur pays .
Cette association m'a beaucoup aidé en m'accueillant là-bas car il est vrai que l'on ne va pas au coeur de la Petite Kabylie comme on va en Ardèche ou en Italie ni même comme à Alger ou à Constantine .
Mais , n'en déplaise à ceux des médias qui ne nous parlent de l' Algérie qu'à l' occasion de ses malheurs ou de ses difficultés , on peut aller en Algérie et j'ajoute : Il faut y aller .
Un de ses représentants , professeur dans un lycée technique , venu en France au mois d' Août avait passé trois jours à Sassenage et j'avais pu lui faire rencontrer Monsieur le Maire et Monsieur le Consul .
En remerciement de ces rencontres, l'Association du 8 Mai 45 m'a chargé de leur remettre à chacun un cadeau identique à ceux offert par la mairie de Ferdjioua à celle de Sassanage .
Il faut dire que tout autre cadeau eut été difficile à transporter . Déja que pour ceux-là , ce ne fut pas simples . Je tiens à ce que vous sachiez tous que je ne suis le porte-parole de personne et ne représente aucun parti ou organisation . Modestement ' j'entends tenir la promesse que j'ai faite à des hommes , des femmes , et des enfants de Ferdjioua , promesse qui peut se définir ainsi : Faire connaître la réalité de leur pays , l'accueil de ses habitants et contribuer à établir des rapports de compréhension et d'amitié entre Sassenage et Ferdjioua .
Cette année , pour la première fois , des Algériens et des Français ont participé activement , et ensemble , à la fête des communautés de Sassenage .
Dans leur stand , un panneaux annonçait la naissance d'une nouvelle association à Ssassenage . C'est vrai que l'accouchement est un peu long , néanmoins , aujourd'hui , le bébé a un nom : MAINS TENDUES " Mains tendues entre Sassenage et Ferdjioua , entre la France et l' Algérie .
Et en même temps , mains tendues entre habitants de notre commune .
Voila , si vous avez des questions à poser , c'est le moment mais , auparavent , Monsieur Rachid MEDDAH souhaite s' adresser à vous . Je vous remercie .
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus