Publié le 02/07/2009 à 04:27 par georgeslondiche
Actualités : Pause-Café
Justice
Le Cheb qui passe devant la justice de la France, pays dont il a la nationalité, est un homme qui a commis quelque chose de pas beau. Nous n’allons pas nous solidariser avec lui juste parce qu’il est aussi… algérien ! Nous nous souviendrons d’un fait : c’est ce Cheb qui a annoncé à l’Algérie que son président malade allait bien.
Ce que le chef du gouvernement de l’époque et les autres patrons des partis de l’Alliance n’avaient pas obtenu, ce Cheb l’avait eu sans problème : rendre visite à l’illustre malade dans sa chambre de l’hôpital du Val-de-Grâce…
Et quand l’affaire de l’avortement forcé de son ancienne compagne avait éclaté, ce Cheb trouvera des facilités incroyables auprès de notre mission diplomatique en Espagne pour… s’enfuir ! Vraiment, l’Etat algérien fait de drôles de choses parfois !
Pour toutes ces raisons, nous souhaitons que justice soit rendue dans la sérénité et l’équité. Nous pouvons faire confiance aux juges français ! Parce que ce Cheb, s’il avait commis son forfait ici, n’aurait même pas été inquiété. Notre justice a d’autres chats à fouetter… Comme condamner à mort ce résistant héroïque, convoqué deux fois par l’Histoire !
farahmaamar@ymail.com
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Publié le 01/07/2009 à 05:19 par georgeslondiche
Lu, ce matin, dans la rubrique "VOX POPULI" du quotidien "LE SOIR D' ALGERIE":
Romaïssa est arrivée à Paris lundi par un vol d’Air Algérie. Accompagnée de sa maman, elle a été accueillie par des lectrices du Soir d’Algérie qui se sont mobilisées corps et âme pour lui apporter aide et soutien.
Une famille d’accueil a été tout de suite trouvée et Mme Nadia nous a déclaré qu’elle s’y sentait «comme chez elle, entre ses frères algériens et ses sœurs algériennes». Dans l’après-midi du mardi, la patiente devait être reçue à l’hôpital Necker de Paris pour une série de premières consultations avant la délicate opération chirurgicale qu’elle doit subir incessamment, car son état empire d’heure en heure. Selon sa maman, Romaïssa n’a pas mangé depuis plusieurs jours et souffre énormément. Nul n’est resté insensible face à ses douleurs : les compatriotes venues l’accueillir à l’aéroport n’ont pu cacher leurs larmes et ont promis de tout faire pour que la petite Romaïssa retrouve le sourire. Signalons que l’intervention chirurgicale que doit subir la petite Chélifienne est prise en charge par l’Etat algérien, ainsi que les billets d’avion de la malade et de son accompagnatrice. C’est d’ailleurs grâce à l’intervention personnelle du ministre du Travail et à la mobilisation du DG de la Cnas que le rêve de Nadia s’est transformé en réalité. N’oublions pas de signaler la célérité avec laquelle les services du consulat général de France à Alger ont traité les deux dossiers de visas. Ainsi sont les Algériens ! Alors, de tout cœur, disons à Romaïssa : nous sommes tous avec toi ! Nous prions pour le succès de ton opération.
M. F.
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Publié le 29/06/2009 à 21:13 par georgeslondiche
Tout récemment, Antoine Sfeir, le directeur des "Cahiers d' Orient" que l' on a souvent vu dans l' émission "C dans l' air" de Claude Calvi, est venu à Alger présenter un livre co-écrit avec Christian Chesnot : "Orient-Occident, le choc ? Les impasses meurtrières".
A noter que Christian Chesnot doit savoir de quoi il parle lui qui fut enlevé, avec un autre journaliste,Georges Malbrunot, le 24 août 2004, en Irak, et libéré 124 jours plus tard.
Pour A. SFEIR, beaucoup de gens parlent de l' Islam sans en connaître véritablement son histoire, le parcours de son fondateur et des califes qui lui ont succédé. Sfeir met en avant la nécessité, pour les Musulmans, de ne confier leurs affaires qu' à ceux qui possèdent le savoir.
Pour lui, tout arabe n’est pas musulman, tout musulman n’est pas islamiste et tout islamiste n’est toujours pas intégriste. Il fera remarquer que « l’islamisme, suivant des enquêtes menées par les Nations unies, ne représenterait que 8 à 10% de la population islamique globale. Cette minorité ‘‘dangereuse’’ ambitionne changer les habitudes des croyants. » Le journaliste battra en brèche la notion de dialogue des religions à laquelle il préfère celle, plus soft, de dialogue des cultures.
Pour lui « Il est nécessaire que chacun dialogue avec l’autre dans sa propre vérité ».
Publié le 28/06/2009 à 06:27 par georgeslondiche
Affaire Mohamed Gharbi
On achève bien les Patriotes
Par :Arab Chih
C’est dans le terreau de l’amnésie que l’ingratitude prend aussi vite qu’une mauvaise herbe. Car passer par pertes et profits les malheurs et sacrifices de tout un peuple, c’est frayer une voie royale aux pires ignominies. Un ancien maquisard et Patriote de la première heure a vérifié à ses dépens un principe vieux comme le monde.
Sans considération aucune pour son passé révolutionnaire, Mohamed Gharbi se voit infliger une condamnation à mort sur cette terre d’Algérie pour laquelle il a tant donné et tout sacrifié. Sans le moindre égard à son engagement quasi sacerdotal contre l’intégrisme islamiste qui menaçait les fondements de la République, au moment où beaucoup de gens s’étaient terrés chez eux ou dans un exil lointain et doré, de peur d’affronter les gourous de l’islamisme armé, il est jeté au cachot comme un vulgaire malfrat pour avoir tué un ancien chef d’une organisation terroriste qui le poursuivait de ses menaces de mort. Cette lourde peine à l’encontre de Gharbi est-elle un gage supplémentaire pour les islamistes qui réclament davantage de concessions comme l’a si bien dit Me Boutamine ? Les amis du repenti tué l’ont, en tout cas, pris ainsi. Pour eux, la grasse et cajoleuse main qui leur est sans cesse tendue par les autorités n’est autre chose qu’un signe de faiblesse. Aussi, ils se font fort arrogants en toisant ceux-là mêmes qui les ont combattus si ce ne sont les parents de leurs propres victimes. Preuve de cette arrogance ? Quand la sentence a été prononcée contre le Patriote Mohamed Gharbi, les anciens affidés de l’“émir” de l’Est ont poussé des hourras de victoire dans l’enceinte même du tribunal. Au grand dam de la famille Gharbi, des “Allah Oukbar” et de stridents youyous de femmes résonnaient dans la salle. Aux cris de joie de ceux qu’il a combattus dans un passé récent, Mohamed Gharbi, accroché viscéralement à ses convictions patriotiques inébranlables, s’est suffi, quand la juge l’a prié de dire son dernier mot, d’une simple mais grandiose réplique : “Vive l’Algérie”.
Mais que peut ce cri du cœur, cet amour fusionnel de la patrie face à une justice flegmatique décidée à juger l’affaire en ne considérant que les seuls faits indépendamment du contexte et de la qualité du prévenu? D’autant plus que celui qui l’a lancé est presque lâché par tout le monde. À commencer par cet État qu’il a servi avec un rare dévouement sa vie durant.
Un patriote lâché par l’État et ses compagnons
C’est d’ailleurs l’opinion de nombre d’habitants de Souk-Ahras. “C’est l’État qu’il a servi hier qui le juge aujourd’hui”, souligne prosaïquement un moudjahid.
“Quand ils avaient besoin de lui, c’étaient eux qui venaient le chercher chez lui. Maintenant qu’ils n’ont plus besoin, ils l’ont lâché”, se désole un citoyen. Même les membres de sa famille ont ce sentiment d’être quelque peu abandonnés. “Nous avons écrit à tout le monde, au président de la République, au ministère de la Justice ainsi qu’au ministère des Moudjahidine. Aucune réponse”, regrette un des fils de Gharbi.
Ce dernier pourtant n’a pas oublié, même du fond de son cachot, de recommander à ses enfants de voter pour Abdelaziz Bouteflika. “Il m’a dit que nous sommes FLN, nous devons voter pour le candidat du FLN Abdelaziz Bouteflika”, se rappelle son fils aîné.
Comme si l’abandon de l’État ne suffit pas, Mohamed Gharbi a été aussi délaissé par ses anciens compagnons, moudjahidine et Patriotes. Et le coup est très mal accusé par sa famille. “Le jour du procès, seuls sa femme et ses sept enfants ont été à ses côtés. Pas un seul des anciens compagons moudjahidine n’est venu le soutenir dans cette dure épreuve. Alors que dans l’autre camp, ils étaient plus de 80 au tribunal le jour du procès. Mieux, ils sont venus presque de toutes les wilayas de l’Est (Jijel, Constantine…)”, rage un des fils Gharbi. Et la femme de Gharbi de renchérir : “Vous savez, depuis 2001 pas un seul ancien moudjahid ou Patriote n’est venu s’inquiéter de notre situation.”
Mais pourquoi ce peu de solidarité des anciens moudjahidine à l’égard de leur ami ? Certains leur trouvent une excuse : leur très faible niveau d’instruction ne leur permet pas d’imaginer une quelconque riposte. Certaines mauvaises langues expliquent leur inertie par leur crainte de compromettre leurs intérêts. D’autres encore soutiennent qu’ils ne veulent pas s’inscrire contre la politique de réconciliation nationale initiée par le président de la République qu’ils ont soutenu. Rencontré dans un café, un groupe de moudjahidine s’ouvre non sans une certaine retenue sur cette affaire. Les moudjahidine ont exprimé leur mécontentement, mais sans plus. “Il faut écrire que les moudjahidine de Souk-Ahras sont mécontents du verdict prononcé contre Mohamed Gharbi”, recommande un moudjahid. Ne peuvent-ils pas faire quelque chose pour sauver leur compagnon ? “Que voulez-vous qu’on fasse ? C’est l’État qu’il avait servi qui l’a condamné. On ne peut rien contre la justice”, rétorque-t-il. Mais à la décharge des anciens moudjahidine et des Patriotes, ils ne sont pas les seuls à se désintéresser du sort réservé à ce Patriote de la première heure. Nombre d’habitants de Souk-Ahras ne s’en inquiètent guère.
“C’est le désintérêt général. Ici c’est le chacun pour soi”, regrette un cadre du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le premier parti à appeler à la résistance citoyenne contre l’islamisme armé.
“Nous concernant, nous sommes contre la condamnation de ce Patriote”, précise-t-il. Rencontré au siège de son parti, un militant du Rassemblement national démocratique (RND), un parti qui compte dans ses rangs beaucoup de Patriotes, assure que “c’est par le biais de la presse que les habitants de Souk-Ahras ont appris le verdict. Ils n’ont aucune réaction. L’affaire Gharbi n’a pas un caractère particulier. C’est une affaire de justice comme une autre”. Plus grave encore, à s’en tenir aux dires de la famille Gharbi, aucun avocat de Souk-Ahras n’a voulu assurer la défense de leur père. “Nous avons sollicité au moins quatre avocats et personne n’a voulu de notre affaire. C’est pourquoi la défense de notre père est assurée par des avocats d’Annaba”, fulmine un des fils du Patriote.
Les raisons de l’oubli
Mais pourquoi cette indifférence presque générale au sort réservé à un Patriote qui a été pour beaucoup dans l’atténuation de la nuisance terroriste dans la région ? D’aucuns assurent que les islamistes et autres repentis ont toujours de l’influence dans cette ville de l’extrême nord-est du pays. “Ici, le pouvoir n’est pas entre les mains du juge, mais plutôt entre celles des anciens militants du FIS. Une bonne partie des commerces de la ville de Souk-Ahras est tombée dans leur escarcelle”, fera remarquer un ancien moudjahid. “Ces gens-là ont le bras long. Ils ont des appuis dans l’administration et la justice”, précise un autre citoyen. À contre-courant de cette version, un cadre du RCD estime que les gens de Souk-Ahras ont beaucoup plus peur de l’administration que des militants de l’ex-FIS.
D’autres encore estiment que l’ex-“émir” n’avait pas fait de mal à Souk-Ahras, contrairement à son alter ego du GIA, le sinistre Bouchouk. Il s’est même taillé la réputation de protecteur des enfants de la région. “C’était grâce à lui que nombre d’habitants de Souk-Ahras interceptés dans de faux barrages ont été tirés des griffes des terroristes”, dira un chauffeur de taxi.
“C’était très rusé de sa part. Dans les faux barrages, il se faisait le devoir d’interpeller les gens par leur nom. De retour dans la ville, ils lui font une certaine publicité”, explique le cadre du RCD avant de remarquer qu’“entre nous, pour être “émir” d’une organisation terroriste, il faut être le plus sanguinaire. Même s’il n’a pas tué à Souk-Ahras, rien ne dit qu’il ne l’a pas fait à Jijel ou dans une autre région de l’est du pays qui était sous sa responsabilité”. Un raisonnement que partage un ancien moudjahid. “Il ne faut pas oublier que cet homme est le premier responsable des terroristes dans toute la région de l’Est. Comment peut-on croire qu’il n’a rien fait ? Après tout, il est responsable des actes de ses acolytes”, explique-t-il. Bref, pour bon nombre de citoyens de Souk-Ahras, l’ex-“émir” de la région est de l’AIS n’est pas blanc comme neige.
Genèse de l’affaire ou mobiles d’un différend sanglant
Mais comment Mohamed Gharbi est-il allé jusqu’à tuer ce repenti ? “S’il ne l’avait pas menacé, Gharbi ne l’aurait jamais tué. Gharbi m’a confié qu’il a reçu des menaces de la part de Ali Merad”, témoigne ammi Amar, un moudjahid et Patriote dont le fils, un jeune militaire, a été égorgé en 1995. Mais il semble que le terroriste le menaçait bien avant cet incident puisqu’il leur arrivait de prier dans la même mosquée Thaouba, sise à la cité 1 700-Logements. Le repenti narguait Gharbi en lui disant : “Qu’avez-vous gagné, goumia el-houkouma (supplétifs du gouvernement), on est descendus du maquis et personne ne peut nous inquiéter.” Mais ce qui a poussé Gharbi à sortir de ses gonds, c’était un incident survenu pendant l’hiver 2001 quand il revenait d’une veillée funèbre d’un ancien maquisard, Zine Loumi. Il est resté jusqu’à une heure tardive à discuter avec ses anciens compagnons. À son retour, il est poursuivi par une voiture à bord de laquelle se trouvaient Ali Merad et un autre repenti. “Il viendra ton jour, taghout”, lui lançait un de ses poursuivants. Il a réussi à les semer en prenant des chemins de traverse. “À son arrivée à la maison, il était tout agité. Il dit que des gens l’ont poursuivi et veulent le tuer. Il a ressorti sa Kalachnikov et fait le guet toute la nuit”, se souvient sa femme.
Il avait pris très au sérieux la menace d’autant plus que le repenti avait été doté par les autorités d’une arme ainsi que d’un talkie-walkie et d’une voiture. Le lendemain, il est parti voir le commandant du secteur militaire de Souk-Ahras lui demandant d’enjoindre au repenti de cesser de le menacer sinon, sous huitaine, il le tuera. Sa requête n’ayant pas été prise en compte, il a décidé, le 11 février 2001, de passer à l’acte. Habillé d’un treillis militaire et la tête recouverte d’une cagoule, il attendait Ali Merad à quelques pas de chez lui, à la cité 1 700-Logements. Dès que le repenti pointe le nez, Gharbi vide sur lui son chargeur. Il était 9 heures du matin. D’une main, il tenait une photo de Boumediene et de l’autre sa Kalachnikov en tirant en l’air en criant : “Vive l’Algérie, vive le peuple algérien.” Il a traîné le cadavre jusqu’au niveau d’un regard et a attendu l’arrivée des services de sécurité à qui il se livre sans la moindre résistance. En 2004, Mohamed Gharbi a été condamné à une peine de 20 ans de réclusion. Après cassation, l’affaire est rejugée en 2007. Consternation ! Au bout d’un procès plié en une quinzaine de minutes, la sentence tombe : le Patriote a écopé d’une condamnation à perpétuité. Une autre cassation et un autre procès le 7 juin 2009. Stupeur ! Mohamed Gharbi est tout bonnement condamné à mort.
La justice ne semble avoir pris en compte ni la qualité de maquisard et de Patriote, ni sa plainte auprès des autorités militaires. Deux de ses fils assurent avoir approché l’ancien commandant de secteur chez qui leur père s’était rendu pour se plaindre des agissements de l’ex-“émir”. Il nous a dit qu’il n’a pas pris au sérieux les menaces de notre père. Absent au procès, le militaire a envoyé une lettre en niant que Gharbi est venu le voir pour déposer une quelconque plainte. Une question : Mohamed Gharbi a-t-il déposé une plainte écrite ? Énigme.
Une chose est sûre : il est abandonné par tout le monde. Convoquer le passé glorieux de cet homme est de nature peut-être à rafraîchir la mémoire des gens.
Moudjahid à 15 ans
Très jeune, Mohamed Gharbi, né présumé en 1941, a pris le maquis. C’était en 1956. Étant un appelé dans l’armée française, il avait tué un militaire français avant de rejoindre, deux mitraillettes dans la motte, les rangs de l’ALN. Svelte et preste, Mohamed Gharbi se faisait appeler par ses frères de combat “nems” (le fauve). C’était un homme d’un grand courage et qui ne craignait pas de braver le danger. “Le fait d’avoir tué un soldat français avant de rejoindre le maquis avec deux armes renseigne sur les qualités de ce nationaliste”, témoigne un ancien compagnon.
L’indépendance du pays arrachée, Mohamed Gharbi a choisi de continuer à servir le pays en rejoignant les rangs de l’ANP. Il est resté plus de vingt ans au sein de l’ANP avant de prendre la retraite en 1982, en quittant l’ANP avec le grade de sous-lieutenant.
En 1975, durant le conflit ayant opposé l’Algérie au Maroc, il a laissé femme et enfants à Chlef pour aller au front. Sa famille avait passé seule l’Aïd El-Kébir. Ce n’est que 40 jours après qu’il est revenu pour emmener les siens chez lui à Souk-Ahras, avant de repartir vers le Sahara où il passera neuf ans. “C’est un orphelin, il n’a ni père ni mère. L’Algérie est tout pour lui. Le nationalisme coule dans son sang”, s’enorgueillit son fils aîné. Il n’a goûté au repos qu’une dizaine d’années avant de reprendre à nouveau du service quand les fous de Dieu ont juré de mettre à genoux cette patrie pour laquelle il a combattu.
Un garde communal : “cela nous servira de leçon…”
Il a été parmi les premiers à prendre les armes contre eux. Infatigable, il a réussi à convaincre des centaines de citoyens à rejoindre le corps des Patriotes. “Il lui arrivait de rester plusieurs jours de suite dans le maquis. Une fois, il n’avait pas regagné la maison durant dix jours. Inquiet, j’ai dû aller voir le commandant du secteur militaire qui me l’avait fait passer à l’aide des moyens de transmissions”, se rappelle Mourad, son fils aîné. Alors que beaucoup de gens avaient une peur bleue de s’approcher de la forêt de Djebel Oued Echouk, il n’hésitait pas, lui, à s’y engouffrer et seul.
Croyant à sa mission de sauvetage de la République, il n’hésitait pas à s’informer auprès des citoyens des mouvements des terroristes avant de prendre la route vers le maquis pour les traquer. “Une fois, malade, il a appris que ses compagnons sont montés au maquis sans lui. Il avait alors loué les services d’un clandestin qu’il a payé de sa poche pour aller les rejoindre”, se remémore ammi Ammar. Mieux, il a risqué sa vie et celle des siens durant toutes ces années de plomb sans qu’il soit rétribué comme c’est le cas des autres Patriotes. “Son engagement est dicté par son seul amour de la patrie”, explique son fils Mourad.
C’est sur ce passé exceptionnel que l’avocat de la défense, Me Bouterfa, a d’ailleurs bâti l’essentiel de son argumentaire lors du procès. “Dans notre plaidoirie, nous avons repris tout ce qu’a écrit la presse sur l’affaire, à savoir que mon client n’est pas n’importe qui et qu’il y a lieu de tenir compte de sa personnalité même si crime il y a”, remarque-t-il. Respectueux de la loi, Me Bouterfa se refuse de donner “toute appréciation sur le verdict par respect de la décision rendue”, avant de poursuivre : “Nous avons introduit un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême et notre souhait est que l’affaire soit reprise par une autre juridiction que celle de Guelma. La logique voudrait qu’elle soit programmée à Constantine, à Sétif ou ailleurs”. Réussira-t-il à obtenir un allégement de la peine prononcée à l’encontre de Gharbi ? Peut-être. Mais le mal est déjà fait. Les dégâts occasionnés par cette humiliation d’un Patriote de la première heure au moral de ceux qui ont pris les armes pour défendre la République sont incommensurables. Un garde communal, très affecté par l’épreuve subie par l’ancien chef des Patriotes, lâche : “L’affaire Gharbi nous servira de leçon.” Tout est dit.
Publié le 28/06/2009 à 06:17 par georgeslondiche
DEVOIR DE MEMOIRE.
Par :Outoudert Abrous
Ceux qui devraient raser les murs même après repentance se comportent en maîtres dans un pays qu’ils vouaient à sa perte et qu’ils destinaient à l’obscurité.
N’était la qualité des protagonistes, un Patriote de première heure et un ex-“émir” de l’AIS, d’une part, et la genèse de l’affaire qui a fini par mort d’homme, d’autre part, il n’y aurait pas eu d’affaire Gharbi. ç’aurait été une simple affaire de justice comme les autres avec un juste verdict ou une décision inique. Mais ce cas est différent. C’est pourquoi il nous interpelle par devoir de mémoire pour tous ceux qui sont morts pour la République et ceux marginalisés parce qu’on leur a préféré pour diverses raisons les repentis, terroristes dans un passé récent.
Soutenir Gharbi, moudjahid, Patriote et surtout citoyen ne signifie pas une opposition à la politique de réconciliation nationale dans l’esprit et la lettre, d’autant que l’approbation du texte s’était faite par voie référendaire.
Soutenir Gharbi, ce n’est pas commenter une décision de justice prise en toute âme et conscience par un magistrat, même si la défense avait émis le vœu que le procès se tienne dans une autre juridiction que celle où se déroulèrent les faits, mais la position relève encore de ce devoir de mémoire que nous devons assumer par égard à ceux qui ont servi de rempart pour la défense de la république. Qu’ils soient morts ou vivants.
Ce qui vient de se passer à Guelma peut être considéré comme baromètre pour le futur. Ceux qui devraient raser les murs même après repentance se comportent en maîtres dans un pays qu’ils vouaient à sa perte et qu’ils destinaient à l’obscurité.
Les autres, et parmi eux Gharbi, seront ces éternels condamnés. D’ailleurs, Gharbi a eu ce mot génial quand le président lui a demandé le mot de la fin, après les plaidoiries.“Vive l’Algérie” a été sa réponse. Tout un programme.
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Publié le 27/06/2009 à 07:00 par georgeslondiche
Rubrique "VOX POPULI" du "SOIR D' ALGERIE" du samedi 27 juin 2009.
NEDA EST MORTE....ET NOUS?
Quoi écrire, Neda est morte, qu'importe si c'est en Iran, je ne la connais pas, mais je sais qui elle est, j'ai vu son regard, j'ai vu sa mort et je sais qu'elle a été tuée.
Par qui ? Des gens censés la protéger. Pourquoi ? Pour avoir été là, pour son courage, parce qu'au lieu de se terrer, elle a été aux côtés des siens pour lutter contre l'injustice, un pas vers la dignité, un pas pour se sentir plus libre. Elle a donné toute sa vie, ses sourires, ses larmes, ses douleurs et ses joies, elles les a donnés ou on les lui a arrachés. On ? Des voleurs, des monstres, les hommes du pouvoir... Je ne peux croire que ce sont des hommes, je ne peux admettre que l'on taise sa mort. Combien ? Combien doivent mourir, combien sont morts enterrés par notre lâcheté, notre oubli, et leurs infectes armes faites uniquement dans le but de nous tuer. La honte d'être là, assise les mains liées et le cœur en sang et en pleurs. On nous occulte, on nous assassine et on se tait. L’amertume de nos prières n'y changera rien, puisque Neda s'en est allée. Nous, nous sommes à l'agonie, convaincus de ne pas exister, et si je meurs, vous ne ferez rien, n'est-ce pas ? Si on me tue ? Pas un geste, pas un regret, on peut se suicider, s'immoler, on peut se jeter à la mer et préférer être de la chair à poisson pour un espoir de vie, tout le monde s'en fout, il n'y a que la peur qui reste et cet égoïsme écœurant. Pourtant, la lâcheté enterre dans un silence bien pire que celui de la mort...
S. K.
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Publié le 23/06/2009 à 06:29 par georgeslondiche
Editorial (Mardi 23 Juin 2009)
La folie qu’on peut…
Par :Saïd Chekri
La joyeuse célébration du succès arraché par Ziani et ses camarades dénote cette immense distance qui sépare les fous de Dieu qui “guerroient” dans les maquis de cette écrasante majorité de jeunes, les fous du foot qui, laminés par la malvie et souvent sans projet de vie ni perspective d’avenir, résistent à leur manière, pacifiquement, comme ceux qui, las des discours et promesses toujours non tenues des gouvernants, tentent carrément l’aventure de la harga.
Samedi dernier, lorsque les rues des villes algériennes étaient envahies par la foule à l’issue de la victoire des Verts en terre zambienne, certains en étaient choqués. Non sans quelque raison. Comment pouvait-on festoyer avec autant d’ostentation, alors que 18 gendarmes venaient d’être assassinés sauvagement ? L’explication est, en partie, dans le fait que les Algériens ont désappris l’art de s’émouvoir des carnages terroristes : cela fait presque vingt ans que le terrorisme est dans notre quotidien, pour ne pas dire qu’il est notre quotidien. Le même âge que ces milliers de jeunes qui ont jubilé ce samedi. Comme cela fait plus de vingt ans, aussi, que le foot nous vaut déboires et déceptions, la fête se devait d’être. Car, ne l’oublions pas, le foot est bel et bien la “religion” la mieux partagée dans le monde, n’en déplaise à ceux qui en ont une autre au nom de laquelle ils assassinent et qui ne jubilent que de leurs propres carnages.
À chacun sa religion, à chacun sa folie : la joyeuse célébration du succès arraché par Ziani et ses camarades dénote cette immense distance qui sépare les fous de Dieu qui “guerroient” dans les maquis de cette écrasante majorité de jeunes, les fous du foot qui, laminés par la malvie et souvent sans projet de vie ni perspective d’avenir, résistent à leur manière, pacifiquement, comme ceux qui, las des discours et promesses toujours non tenues des gouvernants, tentent carrément l’aventure de la harga. Oui, la victoire des Verts aurait été plus belle et la fête qui s’en est suivie certainement plus opportune sans le massacre de Bordj Bou-Arréridj. Mais la liesse de ce samedi-là ne tuait pas les 18 gendarmes une seconde fois. Bien au contraire, elle signifiait aux auteurs de la tuerie que les Algériens, et notamment les plus jeunes, sont à mille lieues de leurs “hauts faits d’armes” et de ce qui les fait courir. Aussi retentissant que puisse être l’assassinat de 18 gendarmes en Algérie et en pleine “réconciliation nationale”, un match de foot joué à des milliers de kilomètres a suffi à le réduire à la dimension d’un fait divers. C’est un signe…
Publié le 23/06/2009 à 06:19 par georgeslondiche
Actualités : Pause-Café
Yes, we can !
Une agréable surprise m’attendait, hier, à la descente du lit ! La Cnas vient d’accorder une prise en charge à Romaïssa pour qu’elle puisse subir la délicate opération chirurgicale en France. C’est le directeur général de la Cnas lui-même qui a annoncé la bonne nouvelle. Vous imaginez la joie de Nadia, la maman de Romaïssa, et celle de toute sa famille.
Vous imaginez la grande satisfaction de ces braves Chélifiens qui se sont mobilisés comme un seul homme pour apporter aide et soutien à la patiente. Hier au téléphone, leurs voix étaient submergées par l’émotion. Ils disent merci à la Cnas, au ministère de la Santé, à celui du Travail, aux professeurs Masmoudi et Klou, à Mme Krim, à Mme Belloula, à Hafidha l’Algéroise, à l’anonyme dame de Paris qui s’est déplacée à l’hôpital Necker pour obtenir un R-DV, à tous les Algériens d’ici et d’ailleurs qui ont appelé pour réconforter la famille ou versé de l’argent…
Ce pécule sera utilisé pour les frais de son long séjour dans la capitale parisienne puisque la phase opératoire nécessitera de longs mois. Tout ce qui vous est demandé maintenant, c’est de continuer à aider la maman de Romaïssa et de prier pour que cette dernière retrouve le sourire. Je vous l’avais dit : yes, we can !
farahmaamar@ymail.com
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Publié le 22/06/2009 à 10:32 par georgeslondiche
Vive les “Verts” ! Cachez-moi ces “verts” !
Par :Mustapha Hammouche
Chililabombwe, du côté de Lusaka, c’est pire que Mansourah, du côté de Bordj Bou-Arréridj. Contrairement à l’intonation du nom de cette ville-là, nous n’y avons récolté que bonheur et sérénité. Mais Mansourah n’a pas mérité, cette fois-ci, son nom conquérant.
Ils étaient dix-huit “verts”, en minuscule, parce que c’est ainsi qu’on appelle aussi familièrement les gendarmes, pris au piège sur la route de Mansourah dont l’étymologie renvoie pourtant au triomphe et à la conquête. Trois jours plus tard, dix-huit “Verts”, en majuscule, en référence à la couleur nationale et à l’espoir, réalisent l’exploit au Konkala Stadium, pourtant surnommé “stade de la mort”.
La victoire des combattants de l’arène semble être bien tombée pour enterrer le massacre des troupiers du front. On avait trop patienté à attendre et à espérer que cet hypothétique succès vienne enterrer la question pesante de la responsabilité dans l’hécatombe : la foule s’élance dans la rue rugissant de plaisir et les messages fusent du plus haut de la hiérarchie. On croit s’approprier une part du triomphe rien qu’en en partageant la célébration. Dans la communion, on oublie le calvaire des “verts” avant même de s’être posé la question de ce sacrifice absurde : pourquoi et pour quoi ?
Le football opium du peuple : la réponse est donnée en direct, comme l’aiment les sportifs, et officiellement. Parlons de Chililabombwe ! De Mansourah-la-bombe, non ! De toute manière, personne ne veut se poser la question. Si ce n’est quelques empêcheurs de festoyer en rond, payés pour couper la chique dans un pays où les survivants seuls ont raison. Ils oublient leurs morts pour fêter leur survie et l’entretenir. Et plus la fête est tapageuse, assourdissante, plus l’oubli est assuré. Alors, tout est permis : fumigènes, klaxons, pétards, lampions, toute la nuit, toutes les nuits. Qu’importe les insomnies des rares personnes forcées de travailler le lendemain et des malades obligés de rester éveillés à écouter leur douleur accrue par le tapage ! Qu’importe ! Il faut festoyer jusqu’à l’étourderie.
On se pousse du coude pour être le plus près de la fête ; cela fait patriote de célébrer les “Verts”. Ceux qui gagnent. Quand ils gagnent. Mais on se pousse du coude pour revenir au deuxième, au dernier rang quand il est question des “verts”. Ceux qui trinquent et qu’on ne voit pas quand ils vainquent. Une veillée nationale tonitruante et conviviale en l’honneur de ceux-là : “le peuple en liesse”, titre-t-on ; des veillées solitaires dans dix-huit lieux-dits pour la mémoire de ceux-ci : “telle bourgade enterre son martyr” et “telle autre rend un dernier homme à son fils”…
Le propos n’est pas de gâcher la fête, mais entre deux nuits de jubilation pour les “Verts” de la balle ronde, les “verts” qui affrontent les balles réelles méritent bien une minute de silence. Jusqu’à quand vivra-t-on de réalisations factices et de réelles impostures ? Jusqu’à quand l’oubli compensera l’aveuglement ?
Jusqu’à quand ce train-train à deux balles, alternant le temps des balles réelles et le temps des balles de caoutchouc, avec comme seule espérance les pauses joyeuses que procure, une fois tous les vingt ans, la balle de cuir ? MH.
Publié le 21/06/2009 à 05:16 par georgeslondiche
Les combats de Mohamed Gharbi
Suite à la condamnation à mort par la cour de Guelma du patriote et ancien moudjahid Mohamed Gharbi, El Watan Vendredi est allé voir ses proches ainsi que ses collègues à travers le pays pour revenir sur la situation de ceux que les autorités présentaient comme les « hommes debout ». Aujourd’hui, les patriotes se sentent abandonnés par ces mêmes autorités. Avant même l’énoncé du verdict qu’il savait déjà en faveur de l’autre partie, l’homme assis au banc des accusés lance avec fierté : « Tahia el-djazayer, yahia echaâb el-djazaïri » (vive l’Algérie, vive le peuple algérien).
Son fils Yazid, un garde communal âgé de 37 ans, nous a parlé pendant plus d’une heure des valeurs intrinsèques de son père, le patriote Mohamed Gharbi, et de ses convictions inébranlables par rapport aux constantes de Novembre. « En 1993, alors que le pays frôlait le chaos, mon père mobilisait moudjahidine, enfants de chouhada et des citoyens acquis à la cause nationale pour défendre la région contre les incursions terroristes en zone rurale », nous a-t-il confié avant de nous exprimer, les larmes aux yeux, son indignation : « Est-il possible de présenter au parloir de la prison de Guelma un septuagénaire, les mains menottées, malade de surcroît, après tant de sacrifices pour la patrie ? » Mourad, l’aîné des sept frères et sœurs, se demande, quant à lui, si la réconciliation peut inclure ceux qui bravèrent le colonialisme et ensuite les forces du mal et si des circonstances atténuantes à l’égard de son père seraient possibles, vu son âge et son état de santé. Il raconte, avec force détails, les péripéties ayant précédé l’acte de son père qui « était réellement menacé », estime-t-il, et cite des noms de témoins à décharge que la cour de Guelma n’a pas jugé utile de convoquer. Il raconte la présence, lors du procès, de dizaines de repentis, venus faire pression sur le juge. « A maintes reprises, mon père a été interrompu et sommé de changer ses propos, de quoi vous donner l’impression que la partie est déjà jouée dans les coulisses. Pis encore, des avocats, tous issus de la nébuleuse intégriste, sont tout de suite passés à l’invective et ont proféré des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre de mon père sans que le magistrat responsable daigne les rappeler à l’ordre », a-t-il ajouté, la voix étouffée par l’émotion.
Le plus jeune des enfants de ammi Mohamed bouclera bientôt ses dix-neuf ans. Après une scolarité perturbée par l’incarcération de son père le 11 février 2001 alors qu’il avait à peine onze ans, il sombre dans une déprime totale et n’aspire ni aux études ni au travail. Tout comme sa mère et sa sœur qui vivent depuis huit ans au rythme des procès et de l’arrogance manifeste des partisans du parti dissous. Les membres de la famille regrettent à l’unisson l’absence de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) et des autres organisations dites « de la famille révolutionnaire » qui, faut-il le rappeler, n’ont manifesté aucun signe de solidarité, même devant le doute semé autour du passé révolutionnaire de Mohamed Gharbi. Ammi Mohamed, moudjahid à l’âge de quatorze ans, ex-officier de l’ANP, sorti avec les honneurs et un dossier étoffé de reconnaissances de la part de ses responsables militaires, reprend en 1994 le chemin du maquis pour défendre les idéaux d’une révolution qu’il a refusé de trahir même pendant les moments les plus difficiles. A qui le tour après Mohamed Gharbi ?
Par A. Djafri
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Edition du 18 avril 2005Cri de cœur d’une mère éplorée