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Nom du blog :
georgeslondiche
Description du blog :
Evocation des années de guerre 1954-62 Regards sur l'actualité des rapports entre les deux nations.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
03.03.2008
Dernière mise à jour :
07.11.2009

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APRES L' EMBUSCADE DE BORDJ-BOU-ARRERIDJ.

Publié le 20/06/2009 à 07:08 par georgeslondiche
Actualités : Pause-Café
Avoir 20 ans dans les Bibans

Aux héros, fils du peuple et défenseurs de la République, aux victimes de la barbarie intégriste, à ces martyrs que l’Algérie officielle oubliera d’honorer, à ces gendarmes qui seront enterrés dans l’anonymat des cimetières oubliés,
nous dédions ce modeste espace en signe de solidarité avec le corps de la gendarmerie et les familles éprouvées par cette lâche agression.
Farahmaamar@ymail.com

www.lesoirdalgerie.com



MA RENCONTRE AVEC DJOUDI ATTOUMI. (17 Juin 2009).

Publié le 19/06/2009 à 20:47 par georgeslondiche
Il a quelques mois, un lecteur du Sud-Ouest de la France m' avait commandé un deuxième exemplaire de "Guerre et "guerre" d' Algérie" pour, m' avait-il dit, "l' offrir à un ancien officier de l' ALN, proche compagnon d' AMIROUCHE".
Je fus très surpris par cette intention mais, bien évidemment, j' envoyais le livre. D' autant plus que son règlement était joint à la commande.
Quelques semaines passèrent; le souvenir de cette intention avait quitté ma mémoire quand m' arriva un message, de ce lecteur, m' annonçant que le livre avait été remis à l' ancien officier.
Ce message contenant tous les renseignements pour prendre contact avec cette personne, je m' empressais de lui envoyer un mail l' invitant, à visiter le blog "Cours ouverts France Algérie". Ainsi commença une nouvelle relation entre un Français et un Algérien.
Quelques temps après, ce nouveau lecteur me fit parvenir "AVOIR 20 ANS DANS LES MAQUIS" livre dont il était l' auteur et dans lequel, il raconte ce que fut sa vie et celle de ses compagnons de combat pendant la guerre d' Algérie.
Tant pis pour ma modestie, mais "Avoir 20 ans dans les maquis" et Guerre et "guerre" d' Algérie" ont plus d' un point commun avec, au premier rangs de tous, le récit que les deux livres font de l' affaire dite de la "bleuîte".
Quelques temps passèrent encore et mon nouvel ami m' annonça sa venue en France pour participer à une assemblée, d' auteurs littéraires, à Paris et son passage à Grenoble.
Et voilà comment ce jeudi 17 Juin 2009, j' eus la joie de rencontrer l' ancien officier de l' ALN, un ancien proche compagnon d' AMIROUCHE et de le recevoir à mon domicile.
A un mois d' écart près, nous sommes nés en l' an 1938 ce qui fait que nous avions tout juste un peu plus de vingt ans lors de la terrible opération "Jumelles", à laquelle nous avions, l' un et l' autre, participé, opération montée pour en finir avec l' ALN et qui, effectivement, fit beaucoup de pertes dans ses rangs mais n' empêcha pas la victoire du peuple algérien moins de trois ans plus tard,
Hier, cinquante ans plus tard donc, l' espace d' un instant, j' ai pensé à cette opération "Jumelles", à ce qu' il me serait arrivé si, le combattant algérien, qu' était, alors, mon invité, ou l' un de ses compagnons, avaient eu dans le viseur de leurs armes la base de l' antenne du poste de radio que je portais.
Mais, et c' est heureux, nous n' avons pas parlé que de nos souvenirs militaires; bien vite, et beaucoup plus longuement, nous avons parlé de l' Algérie d' aujourd' hui, de ses souffrances, des difficultés qu' elle rencontre mais, aussi, de sa confiance en son avenir.
Et parlé des relations entre nos deux pays et comment, à nos places respectives, nous pouvions y participerer.
J' ai voulu se faire rencontrer l' ancien officier et le maire de ma commune mais ce ne fut pas possible, par manque de temps de l' un et l' autre, de faire coïncider un moment de rendez-vous.
Ce sera, peut-être, pour une autre fois, en France ou, pourquoi pas, en Algérie.
Le moment arrivé de nous quitter, j' ai dit, à l' ancien officier, mon intention de rapporter notre rencontre sur mon blog mais que je ne le ferai pas sans son accord et pas avant qu' il ait lu le texte.
Les paroles de sa réponse termineront ce billet:
"Georges, je suis un homme libre, je t' ai fait confiance, tu peux écrire ce que tu veux".
C' est ce que je viens de faire.
Merci, Djoudi ATTOUMI, de me l' avoir permis. georges.


NON AUX PRISONS AMBULANTES QUE SONT LES BURQAS.

Publié le 18/06/2009 à 06:18 par georgeslondiche
Le député communiste et maire de Vénissieux (banlieue de Lyon), André Gerin, souhaite la création d'une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa.

Son texte est cosigné par 58 députés de tous bords politiques.

Dans ce débat qui s' annonce, et dont il était grand temps qu' il s' ouvre, il est, non seulement, souhaitable mais, aussi, indispensable que chaque citoyen se positionne clairement.

Faut-il rappeler que ce blog est ouvert à tout débat quel que soit le sujet sur lequel il porte?

georges responsable du blog.

QUOTIDIEN ALGERIEN "LIBERTE" DU 17 JUIN 2009.

Publié le 17/06/2009 à 06:32 par georgeslondiche


IRAN: L' ENJEU DEMOCRATIQUE.

C’est peut-être l’expérience de la République théocratique qui est en train de prendre fin en Iran. Si la revendication des manifestants porte sur les résultats — truqués — de l’élection présidentielle, ce n’est pas tant le choix entre Ahmedinejad et Moussavi qui constitue l’enjeu réel de la crise. C’est le véritable pouvoir personnel, à peine entravé par le contrôle des membres du Conseil des Experts qui l’élisent, qui caractérise le système de la République islamique.
Justement, le “réformisme” dont on qualifie certains courants, dont le candidat Moussavi est devenu, depuis vendredi dernier, le premier représentant, renferme l’idée de libérer la politique de l’entrave théocratique.
Depuis des années, les luttes démocratiques publiques ont été endurées par des intellectuels et des étudiants. On constate que les femmes sont nombreuses à prendre part aux actions d’opposition à l’élection forcée de Ahmedinejad et que d’une manière générale, le mouvement s’est largement popularisé. C’est véritablement le carcan inquisitoire du clergé qui est dénoncé. Un clergé inquisiteur qui étouffe les libertés sans éradiquer les fléaux de la prédation et de la corruption.
Moussavi ne représente pas, en définitive, les aspirations de la jeunesse, des femmes et de la société civile qui s’est mobilisée derrière lui. Les ambitions démocratiques des Iraniens, engagés dans la revendication démocratique, dépassent ce qu’un représentant du système théocratique peut leur offrir. Dans un régime qui fonctionne en vase clos, les progrès politiques sont forcément limités et ont la précarité des rapports de force internes au système.
Il n’est pas certain que Moussavi et Khamanei finissent par composer la sauvegarde de l’État théocratique étant d’un intérêt commun. Cette limite du leadership de Moussavi se vérifie à la lumière de deux faits : les concessions du Guide suprême pour un nouveau décompte, partiel, des voix, et les tentatives du candidat malheureux de contenir les manifestations qui, elles de leur côté, n’obéissent pas à ses appels au calme.
Après avoir été le candidat du moindre mal, il aura été le vainqueur réel de circonstance : à l’évidence les électeurs de Moussavi sont d’abord les opposants de Ahmedinejad et, surtout les opposants de Ahmedinejad représentant de l’ayatollah. Celui-ci l’avait d’ailleurs franchement soutenu.
Hormis un mouvement d’étudiants, il n’y a pas d’opposition structurée au système clérical. Seul l’immense potentiel informatique — l’Iran compte vingt et un millions, le troisième plus grand nombre par pays au monde, d’internautes — permet la coordination que l’on observe dans la protestation en cours.
Quelque chose d’historique se passe en Iran. Après les nombreuses exécutions commises par le régime depuis la révolution islamique, de nouveaux martyrs de la liberté sont en train de tomber en Iran. Leur sacrifice et le bilan qui sera fait de l’expérience théocratique, si elle venait à être clôturée, permettront l’économie de bien des souffrances et de bien de vies dans le monde musulman.
Parce que malgré la faillite iranienne, l’État islamique constitue encore une forte tentation pour les dictateurs, parvenus ou potentiels, dans cette zone géographique.
Mustapha Hammouche.



UN FAUCON SE MASQUE EN COLOMBE (L' EXPRESSION 17 JUIN 09

Publié le 16/06/2009 à 05:54 par georgeslondiche

D’un revers de main, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a balayé tous les plans de paix connus jusque-là. Il impose le sien. Dans un discours prononcé à Tel Aviv (il a choisi comme Obama une université) il dresse ses balises: «Je m’adresse à vous, Palestiniens...Entamons des négociations de paix immédiatement, sans conditions préalables.» Ceci pour le chaud. Pour le froid, il ne conçoit un Etat palestinien que sans armée, il exige qu’Israël soit reconnu en tant qu’Etat juif, Jérusalem restera la capitale unie d’Israël, pas de retour des réfugiés palestiniens, pas de démantèlement des colonies juives.
Ce qui revient à dire que ce sont les Palestiniens qui doivent négocier «sans conditions préalables». Ce n’est plus un appel à des négociations mais à une reddition pure et simple. A une soumission. Voilà un pays qui possède l’arme nucléaire et qui ne supporte ses voisins que désarmés. Il «cède» juste sur le drapeau et l’hymne national. Le comble du cynisme est atteint lorsque Netanyahu se dit «respectueux de la légalité internationale» alors qu’Israël n’a reconnu aucune des résolutions adoptées par les Nations unies depuis 60 ans. Alors que tout son arsenal nucléaire est hors la loi. Les Palestiniens ne sont pas dupes. Les Arabes non plus. Reste la communauté internationale car c’est à elle que le discours de Netanyahu s’adressait en réalité. Pour la simple raison qu’aucune négociation n’est concevable sans une participation active des puissances.
Dès lors que ces puissances reconnaîtraient les conditions préalables posées par Netanyahu, celui-ci aura gagné de facto la partie. Il veut instaurer un Etat théocratique, qui ne permettrait à aucun non-juif d’accéder un jour à la magistrature suprême. Pour ce faire, c’est l’aval des Etats-Unis et de l’Europe qu’il vise et non celui des Palestiniens ou des Arabes dont il dit implicitement (dans ses conditions) tout le poids qu’il leur accorde. C’est l’aval des Etats-Unis, de l’Europe et du Vatican qu’il vise lorsqu’il déclare que Jérusalem «restera unie». De même que quand il exige que son Etat doit être reconnu juif, en s’adressant aux Palestiniens, il sait qu’ils sont musulmans et chrétiens.
A voir la réaction d’Obama qui «considère de positif et de pas en avant» le discours de Netanyahu et celle de l’Union européenne «d’un pas dans la bonne direction», on a toutes les raisons de croire que les jeux sont faits de ce côté-là. Que s’est-il passé, en 60 ans, pour que ceux-là mêmes qui ont voté la résolution 181 au forceps (après un vote refait quatre fois et l’abstention remarquée de la France) puissent se dédire et accepter qu’Israël veuille effacer ce texte qui précisait le statut international de Jérusalem et ne comportait pas cette spécificité «juive»? Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis.
Et si par malheur le «plan» de Netanyahu venait à réussir, de l’eau coulera encore sous les ponts et d’autres exigences encore insoupçonnées surgiront du chapeau de l’Etat hébreu. Ainsi d’étape en étape, d’exigences en exigences et chaque chose en son temps, Israël mènera le monde vers son propre malheur. C’est en cela et en cela seulement que le discours de Netanyahu peut être qualifié d’historique.

Zouhir MEBARKI

"SAUVONS ROMAÏSSA" LE SOIR D' ALGERIE DU 15 JUIN 2009.

Publié le 14/06/2009 à 05:37 par georgeslondiche
Vox populi : Sauvons Romaïssa

Plusieurs sites sont en train de reprendre notre appel. Il en est ainsi de celui qui se consacre au thème de la santé en Algérie. Le Pr Abid nous signale que l'appel «Sauvons Romaïssa» est sur : www.sante-dz.com De très nombreux citoyens du pays et de l’étranger nous demandent davantage de renseignements sur la petite Romaïssa.
Nous leur rappelons qu’ils peuvent écrire : sauvonsromaissa@yahoo.fr pour les obtenir.
Notre Habbib Boucetta, un fidèle de «Vox Populi», écrit à ce propos : «J'aimerais contribuer à cet élan de solidarité et j'aimerais avoir le numéro de compte de la maman de cette fille malade, je m'engage aussi à héberger la maman et sa fille pour n'importe quelle durée si jamais ils décident de venir au Canada pour des soins, je connais des compatriotes qui sont capables d'aider et je vais essayer d'impliquer des associations d'ici.»
Quant à Aziz A., il souhaite «apporter sa petite contribution à Romaïssa, que le miséricordieux puisse lui apporter son réconfort, incha’Allah. Je veux mettre dans la cagnotte 10 000 DA en Algérie ou virer 50 euros sur un compte en France. Je vous remercie de me dire comment je dois procéder». Des détails sur la procédure à suivre lui ont été donnés. La maman de Nadia n’a pas de compte en France, par contre elle a deux comptes, l’un en dinar, l’autre en devises à BDL Chlef. Les numéros de compte seront communiqués sur demande à l’adresse e-mail donnée ci-dessus.
Le numéro de la maman de Romaïssa : 05 51 689525

www.lesoirsalgerie.com

QUAND SE CONFONDENT L' ASSASSIN ET LA VICTIME.

Publié le 11/06/2009 à 07:21 par georgeslondiche
Chronique de Mustapha Hammouche dans le quotidien algérien LIBERTE du Jeudi 11 Juin 2009.

Le Patriote, Mohamed Gharbi, est condamné à mort pour avoir tué un terroriste. En principe, on ne commente pas une décision de justice. Soit ! Cela nous économisera de rediscuter le fond de l’affaire. Mais on peut être choqué, indigné. Ce qui nous autorisera à en tirer les enseignements sur l’état de la justice et, partant, de la société et de sa république.
Car, ce qui est en cause, ce n’est pas que le procès ait eu lieu, c’est qu’il puisse avoir lieu. Ce qui n’est plus le problème de la justice.
L’événement permet, en effet et surtout, de mesurer le chemin parcouru par les valeurs. Même en courant à reculons, elle ne pouvait atteindre ce paradoxe ; dans l’histoire de l’humanité, le cas n’a jamais été “décrit”, comme disent les chercheurs en médecine : un état “républicain” qui juge et condamne un résistant pour avoir “assassiné” un terroriste. Il faudra s’en rappeler parce que ce sera peut-être le seul lieu et la seule époque où, grâce à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, on aura pu l’observer et l’écrire.
C’est vrai qu’il a été prescrit que dans l’esprit de la “réconciliation nationale”, on ne doit plus appeler par leur nom les tueurs des groupes terroristes qui ont été absouts de leurs crimes, même si aucun d’entre eux n’en a fait pénitence. Mais la dénomination est question de langue, pas de loi : le Littré désigne par terroriste “un partisan du système de la terreur” ; il n’y a donc pas de raison d’appeler autrement quelqu’un qui a adopté ce système, qui l’a physiquement servi et qui n’a jamais renié sa conviction.
Face à la totale absolution d’un terroriste devenu “victime”, le vieux Patriote devenu “assassin” n’aura même pas eu droit à des circonstances atténuantes. Il devait profondément croire que le contexte lui était favorable : moudjahid pour l’Indépendance, résistant au terrorisme, il aura été deux fois Patriote pour finir condamné à mort, non pas par les ennemis qu’il a successivement affrontés, mais par la République qu’il a défendue avant qu’elle n’existe puis après qu’elle fut menacée d’affaissement. Ni cet itinéraire, ni son âge, ni la “qualité” d’une “victime” qui, elle, n’a pas eu à répondre de ses crimes, n’ont contribué à alléger un verdict qui est allé en s’alourdissant, d’appel en cassation.
L’escalade en sévérité des peines prononcées est significative : comme dans une logique de guerre, soumise au principe de “montée aux extrêmes”, à chaque fois que le prévenu riposte en appel, le châtiment est aggravé.
Gharbi ne sera certainement pas exécuté. L’Algérie observe un mémorandum sur l’application de la peine capitale depuis 1993, au lendemain de l’exécution de trois des auteurs du premier attentat islamiste à la bombe qui a provoqué un carnage à l’aéroport d’Alger. Depuis, plus aucun terroriste n’a été exécuté, et les condamnés de droit commun bénéficient d’une espèce de grâce concomitante.
Plus tard, les quelque deux mille six cents terroristes emprisonnés ont été libérés et bénéficient d’une prévenance particulière, alors que leurs victimes n’ont pas eu droit à une justice, pas même pour le principe de vérité universellement admis.
L’affaire de Guelma montre la vanité de cette option contre-nature qui voudrait construire sur un déni de justice.

M. H.




DEPUIS une PRISON ISRAËLIENNE, LA LETTRE DE SALAH.

Publié le 09/06/2009 à 06:33 par georgeslondiche
Prison de Guilboa Guilboa, le 1er avril 2009


Chers amis,

Je vous écris ce message depuis ma cellule, en mon nom et au nom de mes camarades, combattants de la liberté qui ne renonceront jamais à leurs principes de liberté, de justice et d’humanité.

Nous sommes heureux, malgré les difficultés du monde d’aujourd’hui, de participer de notre prison israélienne à votre congrès qui se tient le 17 mai, une date qui nous rappelle « la catastrophe », l’expulsion du peuple palestinien de sa terre il y a 61 ans.

Malgré toutes les résolutions de l’ONU, l’Etat sioniste continue à perpétrer ses massacres dans l’indifférence et le silence complices de la communauté internationale. Le dernier ayant eu lieu à Gaza cet hiver. Pendant la guerre contre Gaza, les manifestations de solidarité avec la Palestine, en France où ailleurs, nous ont redonné du courage et de l’espoir.

Les événements de ces dernières années, les Accords d’Oslo finalement refusés par la majorité des Palestiniens car ils ne prenaient notamment pas en compte le droit au retour et n’ont pas ouverts de perspective, l’échec du processus de paix, l’expansion de la colonisation ont rendu impossible la réalisation des objectifs légitimes du peuple palestinien.

Devant ces obstacles, nous n’avons pas d’autre choix que celui de la résistance pour obtenir nos droits qui sont : la fin de l’occupation ; l’application du droit international, comme la résolution 194 par exemple qui reconnait le droit au retour des refugiés ; la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale ; la libération de tous les prisonniers politiques. Enfin, tout « simplement » le droit de vivre librement et dignement comme les peuples libres du monde.

Nous devons résister pour exister et les Français savent ce que cela veut dire.

L’histoire nous montre que l’occupation d’une terre, d’un peuple peut durer longtemps mais qu’elle n’est jamais éternelle. C’est en relisant l’histoire du monde que nous gardons espoir dans nos cellules, l’occupant ne cassera jamais nos volontés, mes camarades combattants et moi-même avons fait le choix de rester aux côtés de notre peuple.

Comme le disait le Che : « Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux ! »

Avec vous, ensemble en France et en Palestine, nous devons lutter pour les mêmes valeurs. La liberté, l’égalité et la fraternité sont un droit pour tous les peuples du monde.

Je remercie l’AFPS de m’avoir choisi comme invité d’honneur à ce congrès. J’espère que grâce à vous je pourrai y participer une prochaine fois, vous rencontrer et parler au nom de mes camarades.

Avec mes chaleureuses salutations

Salah Hamouri




RECU CE JOUR.

Publié le 09/06/2009 à 06:25 par georgeslondiche
Chères amies, chers amis.

Parmi vous, ceux qui lisent « L’Humanité » voient, chaque jour, dans un petit encadré, le plus souvent à la page 10 ou 11, la photo de Salah Hamouri et le nombre de jours qu’il a passé en détention. Condamné à sept ans de prison sans aucune preuve de culpabilité, ce jeune franco-palestinien de 24 ans, en a déjà accompli plus de quatre
Pour vous permettre de le connaître, au dos de cette lettre, j’ai imprimé la lettre qu’il a adressée le 1er avril 2009 au congrès de l’association France-Palestine Solidarité (AFPS).
Malgré de nombreuses demandes de sa famille, de personnalités diverses, de ses amis, des membres de son Comité de soutien, le Président de la république refuse de recevoir sa famille alors qu’il a reçu toutes les autres familles de Français incarcérés à l’étranger. Parmi celles-ci, il a reçu trois fois la famille du caporal franco-israélien Guilad Shalit, fait prisonnier à Gaza en juin 2006. En visite à Jérusalem, le 18 janvier dernier, Nicolas Sarkosy a déclaré : Prenons les risques pour la paix. Nous voulons que le caporal Shalit soit libéré pas simplement parce qu’il est à moitié Français, parce qu’il le faut. Et nous souhaitons qu’Israël soit prêt aussi à libérer des prisonniers. Pour que là aussi on en finisse avec la douleur de centaines de familles qui maintenant doivent aspirer à la paix.
La maman de Salah, Madame Denise Hamouri née Guidoux, originaire de Bourg en Bresse, est française. Donc son fils, comme Guilat Shalit, est à moitié français. Alors pourquoi ce refus de notre Président  de la recevoir ? Pourquoi deux poids, deux mesures ?
Madame Hamouri, invitée par l’association France-Palestine Solidarité vient à Paris le 25 juin. Pour faire pression sur Nicolas Sarkosy, écrivez-lui pour lui demander de la recevoir au même titre qu’il a reçu les autres familles de Français détenus à l’étranger. Plus il recevra de lettres, plus il sera contraint de lui fixer un rendez-vous et de s’engager à intervenir pour obtenir la libération de son fils. Je compte sur vous pour cet acte de solidarité et de justice. Ne pas timbrer la lettre et l’envoyer à : Monsieur Nicolas Sarkozy - Président de la République - Palais de l’Elysée - 55 Faubourg Saint-Honoré - 75008 Paris.
Vous pouvez aussi signer la pétition sur son site : salah-hamouri.fr et lui écrire à l’adresse suivante : Monsieur Salah Hamouri - Doar nah Guilboa - 10900 Bert Shean - Israël.
Dans ma dernière lettre, je lui ai dit : j’aimerais avoir un petit-fils comme toi alors je me considère un peu comme ta grand-mère.
Chaque jour, je découpe le petit encadré de « L’Humanité » où j’ajoute : INNOCENT en PRISON pour le coller dans les rues passantes. J’en ai mis aussi devant la cité scolaire de l’Edit. Certains sont arrachés par des racistes. Je vous suggère de faire comme moi ou de me les donner pour me permettre d’avoir un stock.
Transmettez cette lettre ou une à votre convenance à vos proches, amis, connaissances.
Je vous remercie de tout mon cœur de grand-mère de bien vouloir participer à ce geste humanitaire. Je compte sur vous et vous transmets mes amicales salutations.


PAUL BATA, ANCIEN CORRESPONDANT DU "MONDE" EN ALGERIE, AU "SOIR D' ALGERIE.

Publié le 08/06/2009 à 07:11 par georgeslondiche
Entretien : PAUL BALTA AU SOIR D’ALGÉRIE :
«L’Europe doit repenser sa politique avec le monde arabe»

Ancien correspondant du journal Le Monde en Algérie, Paul Balta est directeur honoraire du Centre d’études de l’Orient contemporain à la Sorbonne. Il vient de publier un livre Islam et Islamisme, gare aux amalgames, coécrit avec sa compagne Claudine Rulleau, écrivaine et journaliste. Ensemble, ils ont coécrit plusieurs ouvrages sur le monde arabe et la Méditerranée. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il nous livre son analyse sur les évolutions géopolitiques et la nouvelle menace d’Al- Qaïda qui trouve en Afrique une zone privilégiée pour se ramifier et se fortifier. Il estime s’agissant du conflit au Proche-Orient que les intérêts stratégiques de l’Europe sont menacés par ce conflit et qu’elle devrait exiger qu’Israël applique les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’évacuation des territoires occupées.


Entretien réalisé par Fatma Haouari

Le Soir d’Algérie : Dans votre dernier livre Islam et islamisme, gare aux amalgames coécrit avec Mme Claudine Rulleau, votre épouse, vous faites le distinguo entre la religion musulmane et son instrumentalisation à des fins politiques. Pourquoi une telle mise au point ?
Paul Balta : Sur environ 1,5 milliard de musulmans dans le monde, les intégristes, en particulier les partisans d’Oussama Ben Laden, ne sont qu’une infime minorité, mais par leurs clameurs et leurs violences, ils font du tort à la majorité. C’est pourquoi, nous parlons dans notre livre de l’islamisme contre l’islam. Ils déclarent la guerre aux juifs et aux croisés, mais très souvent, leurs principales victimes sont les musulmans. La plupart des non-musulmans ne connaissant pas cette religion font l’amalgame : pour eux les deux termes sont souvent synonymes. Ils rejettent donc en bloc tout ce qui concerne de près ou de loin l’islam, voire le monde arabe. Alors qu’il y a des Arabes chrétiens, beaucoup posent même l’équation : arabe = musulman = islamiste = terroriste. Les attentats du 11 septembre 2001 ont déclenché l’islamophobie dans de nombreux pays occidentaux et l’ont intensifiée là où elle se manifestait déjà. En outre, les islamistes affirment défendre le vrai Islam, or dans presque tous les domaines leurs actions sont contraires au Coran, comme nous le démontrons.
Vous évoquez tout au début de votre livre les attentats du 11 septembre 2001, qu’est-ce qui a réellement changé dans le monde après ce triste événement ?
Avant de répondre, je rappelle qu’en 2001 les Etats-Unis ont été victimes d’un tragique retournement de l’histoire mais qu’ils y ont contribué sans s’en rendre compte. En effet, au XXe siècle leurs gouvernements successifs ont soutenu les Frères musulmans, matrice des mouvements islamistes dans le monde. Ils l’ont fait pour des raisons politiques et économiques car ils reprochaient aux chefs d’Etat et aux dirigeants nationalistes arabes d’être laïcisants et de procéder à des nationalisations contraires aux intérêts du capitalisme américain. Leurs analyses erronées de la situation géopolitique du monde musulman se sont poursuivies. Les troupes soviétiques envahissent l’Afghanistan en 1979. Les Etats-Unis apportent un important soutien, y compris financier, à Ben Laden. L’islamisme leur paraissait moins dangereux que le communisme et l’URSS. Leurs services secrets l’ont même aidé à gagner l’Afghanistan. Ayant renforcé la formation des talibans puis créé Al-Qaïda en 1988, il a obligé l’Armée rouge à se retirer en 1989. Washington a alors suspendu ses subventions et Ben Laden s’est vengé. Les attentats du 11 septembre sont l’attaque la plus violente jamais subie par les Américains sur leur propre territoire (3 039 morts et des dégâts considérables).Ce qui a réellement changé, c’est que, hélas, islamisme et islamophobie se sont depuis répandus.
Vous distinguez entre l’Islam en Iran et celui du Maghreb, en quoi sont-ils différents ?
En Iran (1 648 200 km2) environ 90% des 70 millions d’habitants, en 2008, sont chiites de rite imamite. A ce titre, ils sont dénoncés par Ben Laden. La République islamique, malgré les excès de certains de ses dirigeants, est contre Al-Qaïda qui n’a pas réussi à y infiltrer des talibans ou des terroristes et elle lutte contre eux en Afghanistan et au Pakistan. Au Maghreb, les habitants sont sunnites et dans leur très grande majorité de rite malékite. Beaucoup de membres des mouvements islamistes maghrébins qui se sont développés dans les années 1980 sont allés se former et combattre en Afghanistan. Des négociations en 2006 entre compagnons de Ben Laden et ces mouvements ont abouti à la formation de l’AQMI, «Al Qaïda au Maghreb islamique».
Ne pensez-vous pas que l’islamophobie exacerbée par les attentats du 11 septembre n’est qu’un prétexte pour justifier les actions militaires comme l’invasion de l’Irak, qui est pourtant un pays laïque ?
C’est effectivement un prétexte. Il a servi aussi à masquer les graves erreurs stratégiques commises par le 46e président, George W. Bush, au cours de ses deux mandats de 2001 à 2009. C’est en particulier le cas pour l’Irak. Certes Saddam Hussein était un dictateur mais il avait fait de l’Irak, où dominait l’analphabétisme, le pays arabe le plus alphabétisé avec le plus d’universitaires. Il avait défendu la laïcité et les droits des femmes, protégé les chrétiens, développé l’agriculture et l’industrie, restauré des vestiges de la période babylonienne. Le 19 mars 2003, les Etats- Unis ont déclenché la guerre contre Saddam Hussein, accusé à tort de posséder «des armes de destruction massive» et d’être un partisan de Ben Laden alors qu’il en était l’ennemi. En 5 ans, ce conflit a favorisé l’introduction de groupes d’Al-Qaïda, a déstructuré le pays et fait plus d’un million de morts sur 26 millions d’Irakiens alors que 300 000 chiites et 170 000 Kurdes avaient été éliminés par Saddam en 20 ans. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, soutient que le coût de la guerre dépassait les 3 000 milliards de dollars à la fin 2007. Plus que la Seconde Guerre mondiale.
Votre connaissance du monde arabe vous donne une bonne longueur d’avance sur les hommes politiques occidentaux qui cultivent une méfiance due à leur méconnaissance de ce monde, faut-il repenser la politique extérieure de l’Europe et des Etats- Unis qui s’avère être une politique d’échec ?
J’ajoute les journalistes occidentaux qui, trop souvent, connaissant mal l’islam et ne contribuent guère à éviter les amalgames entre islam et islamisme. Pour l’Europe, la Méditerranée a une importance stratégique. Pour la France aussi dont la relation avec les Ottomans remonte à François I. C’est le général de Gaulle qui a défini la politique arabe de la France en 1967. A part Pompidou, ses successeurs n’y sont pas très fidèles. En 1995, le Processus de Barcelone avait posé les bases d’un dialogue, en particulier avec les Arabes, mais il a été en parti bloqué par le conflit israélo-arabe. Il est grand temps que l’UE repense sa politique avec le monde arabe si elle veut que l’UPM réussisse. La politique des Etats-Unis a été à l’évidence un échec depuis le milieu du XXe siècle. Toutefois, Barack Obama a déjà donné des preuves de sa volonté d’innover et d’établir de nouveaux rapports avec le monde arabe et les musulmans. Il a tendu une main à l’Iran et s’est montré plus ferme à l’égard d’Israël.
On parle souvent de terrorisme international mais on occulte le terrorisme d’Etat. On parle de celui exercé par Israël sur les civils palestiniens avec la bénédiction des Etats-Unis, les bombardements de Ghaza en sont la preuve irréfutable, ne pensez-vous pas que le paternalisme de l’Occident envers Israël conforte Ben Laden dans son entreprise meurtrière car il se positionne comme le sauveur des opprimés, ne faut-il pas rectifier le tir ?
Comme les Etats-Unis avec Al-Qaïda, Israël a connu un retournement de l’histoire avec le Hamas. Les services secrets israéliens l’avaient encouragé à se créer pour faire concurrence à l’Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat. Puis ils lui ont apporté leur soutien dans les années 1970-1980 pour affaiblir l’OLP. Ils n’avaient pas prévu que le Hamas s’implanterait aussi fortement à Ghaza et que, le 26 janvier 2006, il remporterait démocratiquement les élections législatives avec 56% des suffrages. Ces rudes revers ont conduit Israël à déclencher la terrible opération «Plomb durci» contre Ghaza. Vous avez raison, le paternalisme occidental à l’égard d’Israël conforte Ben Laden aux yeux de beaucoup d’Arabes et de musulmans, qui pourtant le critiquent sur d’autres points. Les intérêts stratégiques de l’Europe sont menacés par ce conflit et elle devrait exiger qu’Israël applique les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’évacuation des territoires occupés depuis 1948 en échange de la paix. Le président Barack Obama a une politique différente de celle de Bush : il a demandé à Netanyahu d’accepter un Etat palestinien et de ne pas attaquer l’Iran.
Vous faites un constat fort pertinent en disant qu’Al- Qaïda développe ses réseaux dans les pays musulmans qui sont déstabilisés et vous citez l’Irak ; la même chose pour l’Afghanistan, le Pakistan est confronté à la menace des talibans, l’Iran, eu égard aux manœuvres d’Israël dans la région, risque d’être attaqué, on imagine aisément un scénario catastrophe dans cette zone sensible où le nucléaire est un enjeu capital. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?
Effectivement, pour expliquer la stratégie et les objectifs d’Al- Qaïda, nous montrons dans notre livre quand et comment elle s’est implantée dans nombre de pays musulmans. Pour ce qui est de l’Iran, je signale que depuis près de trois siècles, il a été engagé dans plusieurs guerres, mais n’a jamais attaqué le premier. Personnellement, j’estime aussi qu’il a le droit de produire de l’énergie nucléaire pour prendre la relève du pétrole quand il sera épuisé. Quant à la possibilité qu’il se dote de l’arme nucléaire, cela mérite réflexion. N’oublions pas que trois de ses voisins la possèdent : l’Inde, le Pakistan et Israël, lequel n’a pas signé le Traité de non-prolifération. Comment réagirait l’ONU si l’Iran proposait, lui, de le signer ? Une attaque d’Israël contre l’Iran serait effectivement une catastrophe, mais il me paraît peu probable que Netanyahu prenne le risque de défier le président Obama. Autre sujet d’inquiétude : que les talibans s’emparent des armes nucléaires au Pakistan.
Le Sahel est devenu la plaque tournante du terrorisme international mais c’est l’Afrique entière qui est menacée de déstabilisation. On assiste même à l’émergence de la piraterie, quel est votre commentaire ?
Oui, l’Afrique entière est menacée ! Continent de plus de 30 millions de kilomètres carrés, aux 54 Etats, aux milliers de langues, aux frontières coupées au cordeau par les colonisateurs et tenant rarement compte des frontières humaines et géographiques naturelles, l’Afrique présente un intérêt stratégique pour Al-Qaïda. Quant au Sahel, appelé «Arc intégriste du Sahara», il sert de base arrière au réseau d’Al- Qaïda, dont 500 à 600 vétérans venus d'Afghanistan. Elle présente pour eux de multiples avantages. Aride, immense et peu peuplée, cette zone comprend, du Sénégal au Soudan, des régions de six pays : Mauritanie, Mali, Burkina, Bénin, Niger, Tchad. Les frontières n’étant ni matérialisées ni contrôlées, cela favorise les conflits locaux, les déplacements de populations et les trafics illicites (armes, cocaïne, cigarettes, réseaux de prostitution et d’adoption d’enfants) qui rapportent beaucoup d’argent aux groupes mafieux qui les contrôlent. Les terroristes islamistes se ravitaillent en coopérant avec les rebelles et les trafiquants. Ces comportements ne sont pas conformes au Coran, mais les islamistes bénéficient d’une certaine bienveillance auprès des populations pauvres du Sahel, grâce aux soins médicaux et aux aides alimentaires qu’ils leur donnent. C’est aussi avec le soutien d’Al-Qaïda que les islamistes radicaux de Somalie empêchent toute solution pacifique au détriment de la population. La misère a aussi favorisé la piraterie. Pour tenter de redresser la situation, il faudrait remédier à l’échec des programmes nationaux et internationaux de développement. L’Union africaine devrait être plus volontariste de même que les organisations internationales.
Trafic de drogue, blanchiment d’argent, racket, rançonnage sont les moyens de financement du terrorisme. Des experts pensent qu’il faut attaquer ces fléaux à la source pour affaiblir le terrorisme à commencer par bannir les paradis fiscaux. Qu’en pensez-vous ?
Tout à fait d’accord avec vous sur le bannissement des paradis fiscaux. Je tiens aussi à souligner que les pratiques dont vous parlez sont en totale contradiction avec l’enseignement du Saint Coran ! De même les talibans interdisent aux filles d’aller à l’école alors que de très nombreux versets recommandent au croyant et à la croyante «d’acquérir la connaissance et le savoir». En Afghanistan, les talibans ont encouragé la culture de la drogue et fait du pays son premier exportateur mondial, car ils bénéficient de ce trafic pour acquérir des armes. La lutte contre ces fléaux n’est pas aisée, mais elle doit se situer à plusieurs niveaux. Il faudrait tout d’abord que les grandes institutions religieuses musulmanes et les autorités théologiques les condamnent de façon plus vigoureuse et plus audible. De même l’Organisation de la Conférence islamique et la Ligue arabe devraient se doter des moyens de combattre ces fléaux pour affaiblir le terrorisme
Croyez-vous à la thèse du choc des civilisations ou pensez-vous, comme certains philosophes et penseurs, que cette thèse est pernicieuse et ne sert qu’à agrandir le fossé entre les différents peuples et qu’il n’y a en réalité qu’une lutte d’intérêts et de pouvoir puisqu’il arrive que des pays ayant la même religion et la même culture entrent en conflit armé ? Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Victimes du 11 septembre, les Etats-Unis ont alors dénoncé «l’axe du mal», souscrit à la thèse du «choc des civilisations » de Samuel Huntington et déclaré la guerre à Al-Qaïda. Je rappelle que la Méditerranée est le berceau des trois religions monothéistes révélées, judaïsme, christianisme, islam. Malgré les guerres, le flambeau de la civilisation a toujours circulé d’une rive à l’autre. Dans plusieurs de mes livres dont La Méditerranée, berceau de l’avenir(Éditions Milan), je critique la thèse pernicieuse du choc des civilisations et défends la pratique du dialogue des civilisations qui a généralement prévalu en Méditerranée. Les conflits entre des peuples qui ont la même religion relèvent, en effet, d’une lutte d’intérêts et de pouvoir La thèse d’Huntington a été utilisée par George W. Bush pour servir ses intérêts et justifier ses interventions en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et sa condamnation de l’Iran. C’est aussi la raison pour laquelle il affirmait que le Grand Moyen- Orient allait du Maroc à l’Afghanistan. C’est absurde et irréaliste.
Comment peut-on encourager l’ijtihad ou la recherche face au radicalisme religieux ?
Je voudrais d’abord rappeler une réalité historique occultée en Europe et trop souvent ignorée par les Arabes et les musulmans. Du VIIIe au XIIIe siècle et même au XVe si on pense à Ibn Khaldoun, la civilisation araboislamique a été à la pointe de la modernité. Ses savants ont exploré tous les domaines du savoir : mathématiques, astronomie, physique, chimie, médecine, philosophie, géographie, architecture, botanique, histoire. Sans leurs apports, la Renaissance européenne n’aurait pas été ce qu’elle fut. C’était la grande période de l’ijtihad. Puis il y eut le déclin et il s’est poursuivi malgré la Nahda (Renaissance) au XIXe siècle. Réalisé par des intellectuels arabes de haut niveau, le rapport du Programme des Nations-Unies pour le développement consacré au monde arabe (2002-2006) relève les nombreux retards et les graves défaillances qui vont du fort pourcentage de l’analphabétisme au statut des femmes. Il donne des directives pour assurer le redressement et conclut en soulignant que c’est en renouant avec leur âge d’or que les Arabes redeviendront innovants. Il conviendrait aussi de prendre en compte les propositions des «nouveaux penseurs de l’islam» qui souhaitent une mise à jour de la religion face au conservatisme, au fondamentalisme et au radicalisme. Comme je l’ai écrit dans plusieurs de mes livres, «l’islam a besoin de réaliser un renouveau comme les catholiques l’ont fait lors du concile Vatican II».
Vous dites dans votre livre que la piste qui conduirait à une véritable entente entre l’Orient et l’Occident est le dialogue mais que ce dernier a besoin d’un cadre organisé et de volonté politique de part et d’autre. L’Union pour la Méditerranée (UPM) peut-elle constituer une structure ou faut-il penser à un autre mécanisme qui impliquerait davantage l’élément humain ?
L’UPM lancée par Nicolas Sarkozy me paraît une bonne idée. Toutefois, elle comporte des lacunes qu’il convient de combler. La plus grave est l’absence d’un volet culture. Au départ, l’UPM estimait que ce secteur était celui de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures. Néanmoins, outre que son budget est insuffisant, elle n’a pas de lien avec l’UPM. Face aux critiques, un Conseil culturel vient d’être mis en place pour faire des propositions. L’UPM pourrait être un cadre favorisant le dialogue culturel et humain entre l’Orient et l’Occident, à condition de s’en donner les moyens.
Les médias doivent-ils jouer un rôle dans l’instauration de ce dialogue ?
Cela me paraît indispensable dans tous les pays riverains de la Méditerranée. De 1985 à 1998, j’avais animé le Séminaire Islam et monde arabe au Centre de formation des journalistes de la rue du Louvre à Paris. J’avais constaté que mes étudiants, bac + 4 ou 5, ignoraient tout de ces thèmes. Hélas, cela n’a guère changé depuis. Les dirigeants responsables de ce secteur ont le devoir de prendre des dispositions pour y remédier. Les journalistes des pays arabes devraient aussi faire un effort. La Copeam dont la présidence était assurée par l’Algérie en 2008, joue un rôle important en favorisant une meilleure connaissance réciproque des Méditerranéens. Télés, radios et presse écrite devraient s’impliquer plus pour favoriser ce dialogue.
Vous êtes revenu à Alger au mois de mars dernier, l’Algérie d’après vous est-elle sortie d’affaire après les affres du terrorisme qu’elle a vécues ou est-elle encore menacée ? Et qu’est-ce qu’elle a de particulier par rapport aux pays qui souffrent de l’avancée de l’islamisme ?
Vous le savez, mais je le rappelle. Voitures piégées, sabotages, bombes dans les lieux publics, attaques de domiciles, prises d’otages, viols de femmes, massacres collectifs, caractérisent la «décennie noire» qui a provoqué, selon les estimations, entre 150 000 et 200 000 morts, dont environ 90% de civils, et un million de victimes. L’Algérie est un des pays qui a été le plus atteint. Depuis neuf ans, la situation a bien évolué. L’armée a quasiment démantelé les réseaux. Des groupuscules se sont alors unifiés dans le GSPC. Abdelaziz Bouteflika a proposé une Charte de réconciliation nationale pour restaurer la paix civile par «l’extinction des poursuites à l’encontre de tous les individus qui mettent fin à leur activité armée et remettent les armes en leur possession». Elle ne s’applique pas aux individus impliqués dans des crimes de sang, viols, etc. Depuis son adoption par référendum en septembre 2005, 6 000 hommes environ se sont rendus, les «repentis». Je sais que cette charte a donné lieu à des contestations mais elle me paraît positive par rapport à la situation qui prévaut dans d’autres pays. A titre d’exemple, je signale dans le livre que le Canadien Eric Margolis, un des meilleurs experts de l’Asie, écrit à propos de l’Afghanistan et du Pakistan : «Il ne peut y avoir de solution militaire […]. Il faut donc sortir du piège en donnant une représentation politique et même en ouvrant une négociation avec les ennemis, les talibans.» D’autres spécialistes occidentaux estiment aussi qu’il faudrait tenter de négocier avec les talibans modérés pour isoler les chefs d’Al- Qaïda. Certains affirment qu’il n’y a pas de talibans modérés, mais ils sont très minoritaires.
Quand vous revenez à Alger, quels sont les endroits que vous aimez visiter ?
J’aime plusieurs quartiers. La Casbah, évidemment, d’autant plus que j’avais rédigé nombre d’articles pour rendre compte des problèmes concernant sa restauration que j’ai suivie de près. La Corniche aussi est superbe de même que l’Amirauté. C’est aussi un plaisir de partir de la Grande-Poste pour remonter vers la Tour Diar-el-Kef où nous habitions. Correspondant du Monde, j’ai sillonné l’Algérie en tous sens. J’avais, au cours de ma carrière, parcouru tous les déserts de la Mauritanie à l’Arabie saoudite. Le désert algérien est le plus beau par la diversité de ses sables, de ses roches et de leurs couleurs. Sans oublier ses superbes fresques préhistoriques !
F. H.
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