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georgeslondiche
Description du blog :
Evocation des années de guerre 1954-62 Regards sur l'actualité des rapports entre les deux nations.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
03.03.2008
Dernière mise à jour :
07.11.2009

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bonjour georges !et c'est une langue dont il faut faire un bel usage.amicalemen thttp://entre-al pes-et-aures....
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SAUVONS ROMAÏSSA.

Publié le 07/06/2009 à 07:20 par georgeslondiche
Romaïssa, de Chlef, et sa maman vous remercie pour vos premiers appels. Pour tout renseignement, écrire à : sauvonsromaissa@yahoo.fr

PS: Cette information est extraite de la rubrique "Pause café" du Quotidien "Le Soir d' Algérie" de ce jour.


LE SOIR D' ALGERIE du 7 JUIN 2009.

Publié le 07/06/2009 à 07:13 par georgeslondiche
Pause-Café
VOX POPULI : Sakiet-Sidi-Youcef vous dit merci !

Certains walis semblent plus aux ordres du MSP que des lois de la République. Ce parti, n’ayant pas réussi à faire passer son projet de loi — «interdiction de la vente de boissons alcoolisées» — à l'autorité souveraine, L'ASSEMBLEE NATIONALE, a, par dépit, infusé son venin par l'intermédiaire de son quota de walis : un diabolique transfert de pouvoir judiciaire à l'exécutif... La rotation de ces walis à travers les différentes wilayas fera le reste, de sorte qu'en fin de cycle, la plupart des établissements en Algérie seront de facto interdits d'exercice... Rajoutez la morosité à l'obscurantisme béat : qu’en pense le ministre du Tourisme ?

Bon, c'est pas tout... moi j'ai soif, je vais de ce pas me lubrifier le gosier — il y a tellement de nouvelles marques produites en Algérie ! Et nous, à Souk-Ahras, on peut dire aux précédents walis : Sakiet-Sidi-Youcef vous dit merci !
MCM
Romaïssa de Chlef et sa maman me chargent de vous remercier pour vos premiers appels. Pour tout renseignement, écrire à : sauvonsromaissa@yahoo.fr
farahmaamar@ymail.com
www.lesoirdalgerie.com

"SAUVONS ROMAÏSSA" (LE SOIR D' ALGERIE 6 JUIN 2009).

Publié le 06/06/2009 à 09:29 par georgeslondiche
Pause-Café :
Sauvons Romaïssa !

Romaïssa a 9 printemps. Il y a 4 ans, cette petite Chélifienne a été foudroyée par une grave maladie du cerveau dite «syndrome de Rasmussen». Elle a des convulsions et souffre de crises difficiles à maîtriser. Sa maman a tout fait pour alléger la douleur de sa fille. Tunisie, Canada, Suisse et une seule certitude : il faut une opération chirurgicale «hémisphérique» en France (coupure des liens entre les deux moitiés du cerveau). Coût approximatif : 50 000 euros. Depuis la paralysie partielle de Romaïssa, sa maman désespère : le jour du rendez-vous approche — 29 juin — et toujours pas de prise en charge !

Alors, au diable la «Pause-café» traditionnelle. Cet espace est dédié à Romaïssa. Je sais que vous pouvez la sauver. Voici le portable de sa maman qui saura vous écouter entre deux crises de pleurs : 05 51 68 95 25. Elle est suspendue à vos élans du cœur. Je vous connais. Je sais que vous pouvez sauver Romaïssa avant que la paralysie n’atteigne tout son corps !
50 000 euros, c’est une broutille si nous mettons tous la main à la poche, pour que la petite Chélifienne retrouve le sourire. Yes, we can ! Vous verrez !

farahmaamar@ymail.com

P. S. : Avant la parution de ce billet, il y a déjà 100 000 dinars dans la caisse. C’est un début…

www.lesoirdalgerie.com


DISCOURS DE BARACK HUSSEIN OBAMA AU CAIRE DU 4 JUIN 2009.

Publié le 05/06/2009 à 13:32 par georgeslondiche
Salem Alikoum,

Je suis honoré de me trouver dans la ville éternelle du Caire, et d’être accueilli par deux remarquables institutions. Depuis plus de mille ans, al-Azhar joue le rôle de phare de l’érudition musulmane, et depuis plus d’un siècle, l’Université du Caire est l’une des sources du progrès de l’Egypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie entre tradition et progrès. Je vous suis reconnaissant pour votre hospitalité, et pour l’hospitalité du peuple égyptien. Je suis également fier d’apporter avec moi la bonne volonté du peuple américain et un salut de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : assalaamou aleikoum.

Nous nous rencontrons en une période de tension entre les Etats-Unis et les musulmans partout dans le monde, une tension inscrite dans des forces historiques qui dépassent tout débat politique en cours. Dans la relation entre l’islam et l’Occident, il y a eu des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi un conflit et des guerres religieuses. Plus récemment, cette tension a été nourrie par le colonialisme qui a privé de nombreux musulmans de leurs droits et de leurs chances, et par une guerre froide où des pays à majorité musulmane ont été trop souvent considérés comme des sous-traitants, sans égard pour leurs propres aspirations. De plus, les changements énormes provoqués par la modernisation et la mondialisation ont conduit d nombreux musulmans à considérer l’Occident comme hostile aux traditions de l’islam.

De violents extrémistes ont exploité ces tensions chez une minorité réduite mais puissante de musulmans. Les attentats du 11 septembre 2001 et les violences continuelles de ces extrémistes contre des civils ont conduit certains, dans mon pays, à percevoir l’islam comme irrémédiablement hostile, non seulement à l’Amérique et aux pays de l’Occident, mais aussi aux droits de l’homme. Cela a renforcé encore la peur et la méfiance.

Tant que notre relation sera définie par nos différences, nous renforcerons ceux qui sèment la haine et non la paix, et qui promeuvent le conflit plutôt qu’une coopération qui peut aider nos peuples à parvenir à la justice et à la prospérité. Ce cycle du soupçon et de la discorde doit cesser.

Je suis venu chercher un nouveau oommencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains.

Je fais cela en ayant conscience que le changement ne peut pas s’effectuer en un jour. Un discours seul ne peut éradiquer des années de méfiance. Et je n’ai pas non plus de réponse immédiate à toutes les questions complexes qui nous ont amenés au point où nous sommes. Mais je suis convaincu que pour avancer, nous devons dire ouvertement ce que nous avons sur le cœur et que, trop souvent, nous ne disons que derrière des portes fermées. Il doit y avoir un effort soutenu pour s’écouter, apprendre l’un de l’autre et chercher des terrains d’entente. Comme le dit le sait Coran ; « Sois conscient de Dieu et dis toujours la vérité. » C’est ce que je me propose de faire : dire la vérité du mieux que je peux, humble devant la tâche qui nous attend, et ferme dans ma croyance que les intérêts que nous partageons en tant qu’êtres humains sont beaucoup plus forts que les forces qui nous séparent.

Cette conviction est en partie liée à ma propre expérience. Je suis chrétien, mais mon père venait d’une famille kenyane qui comprend plusieurs générations de musulmans. Enfant, j’ai vécu plusieurs années en Indonésie et j’entendais l’appel du muezzin à l’aube et à la tombée du jour. Jeune homme, j’ai travaillé dans des communautés de Chicago où beaucoup ont trouvé dignité et paix dans leur foi musulmane.

Instruit en histoire, je connais aussi la dette de la civilisation envers l’islam. Ce fut l’islam - dans des endroits comme l’Université al-Azhar - qui a porté la flamme de l’étude pendant plusieurs siècles, montrant la voie en Europe à la Renaissance et aux Lumières. Ce fut l’esprit d’innovation qui soufflait sur les communautés musulmanes qui a produit l’algèbre, nos compas et outils de navigation, notre maîtrise de l’imprimerie, notre compréhension de la transmission des maladies et des moyens de la soigner. La culture musulmane nous a donné des arches majestueuses et des spirales élancées, une poésie éternelle et une musique magnifique ; une calligraphie élégante et des endroits de paisible contemplation. Dans son histoire, l’islam a fait la preuve, par les paroles comme par les actes, que la tolérance religieuse et l’égalité raciale étaient possibles.

Je sais aussi que l’islam a toujours fait partie de l’histoire américaine. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître notre nation. En signant le Traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, avait écrit : « Les Etats-Unis n’ont aucune trace d’hostilité envers les lois, la religion et la tranquillité des musulmans. » Et depuis notre fondation, les musulmans américains ont enrichi les Etats-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi au gouvernement, lutté pour les droits civiques, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, excellé dans nos sports, été lauréats de prix Nobel, construit nos immeubles les plus hauts et allumé la torche olympique. Et lorsque le premier musulman américain a été élu au Congrès, il a fait le serment de défendre notre constitution sur le même Coran que l’un de nos pères fondateurs, Thomas Jefferson, avait conservé dans da bibliothèque personnelle.

Ainsi, j’ai connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé. Cette expérience guide ma conviction qu’un partenariat entre l’Amérique et l’Islam doit être fondé sur ce qu’est l’Islam et non sur ce qu’il n’est pas. En tant que président des Etats-Unis, je considère qu’il est de ma responsabilité de lutter contre les stéréotypes sur l’Islam, où qu’ils apparaissent.

Mais ce même principe doit s’appliquer à la manière dont les musulmans perçoivent l’Amérique. De même que les musulmans ne correspondent pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier de l’empire mû par ses seuls intérêts. Les Etats-Unis ont été l’une des plus grandes sources de progrès que le monde ait jamais connues. Nous sommes nés d’une révolution contre un empire. Nous avons été fondés sur un idéal selon lequel tous sont créés égaux, et nous avons versé du sang et lutté pendant des siècles pour donner un ses à ces mots - à l’intérieur de nos frontières et partout dans le monde. Nous sommes formés de toutes les cultures, attirés vers tous les bouts de la Terre et dévoués à une idée simple : « E pluribus unum. »

On a beaucoup parlé du fait qu’un Afro-américain du nom de Barack Hussein Obama pouvait être élu président. Mais mon histoire personnelle n’est pas si exceptionnelle. Le rêve des occasions pour chacun ne s’est pas réalisé pour tous en Amérique, mais cette promesse existe pour tous ceux qui viennent chez nous - et cela comprend les presque 7 millions d’Américains musulmans de notre pays qui bénéficient d’un revenu et d’une éducation qui sont au-dessus de la moyenne.

En outre, la liberté en Amérique ne peut être séparée de la liberté de pratiquer sa religion. C’est la raison pour laquelle il y a une mosquée dans chaque Etat de l’Union, et plus de 1 200 mosquées à l’intérieur de nos frontières. C’est la raison pour laquelle le gouvernement des Etats-Unis a été au tribunal défendre le droit des femmes et des filles de porter le hijab, et punir ceux qui le leur refusent.

Alors, qu’il n’y ait aucun doute : l’islam est une partie de l’Amérique. Et je crois que l’Amérique recèle la vérité qui dit que, sans égard à la race, la religion où la position sociale, nous tous partageons les mêmes aspirations : vivre en paix et en sécurité, bénéficier d’une éducation et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. Ce sont des choses que nous partageons. C’est l’espoir de toute l’humanité.

Bien sûr, le fait de reconnaître notre humanité commune n’est que le commencement de notre tâche. Les mots seuls ne peuvent répondre aux besoins de nos peuples. Ces besoins ne seront satisfaits que si nous agissons avec audace dans les années à venir, et si nous comprenons que les défis auxquels nous faisons face sont partagés et que nous ne les surmontons pas, nous en serons tous affectés.

Car l’expérience récente nous a appris que lorsqu’un système financier s’affaiblit dans un pays, la prospérité est affectée partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, tous sont en danger. Quand une nation cherche à obtenir l’arme nucléaire, le risque d’une attaque nucléaire augmente pour toutes les nations. Quand des extrémistes violents opèrent dans une chaîne de montagnes, des gens sont en danger de l’autre côté de l’océan. Et quand des innocents en Bosnie ou au Darfour sont massacrés, c’est une tache sur notre conscience collective. Voilà ce que signifie partager dans ce monde du XXIe siècle. Là est la responsabilité que nous avons l’un envers l’autre en tant qu’êtres humains.

C’est une responsabilité difficile à comprendre. Car l’histoire humaine a souvent été une suite de nations et de tribus s’assujettissant les unes les autres pour servir leurs intérêts propres. Or, dans cette ère nouvelle, pareilles attitudes iraient à l’encontre du but recherché. Compte tenu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élèverait une nation ou un groupe au-dessus des autres échouera inévitablement. Alors, quoi que nous pension du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nos problèmes doivent être résolus par le partenariat, le progrès doit être partagé.

Cela ne veut pas dire qu’il faille ignorer les sources de tension. En fait, cela signifie le contraire : il faut regarder ces tensions en face. Et c’est dans cet esprit que je vais maintenant parler, aussi clairement et simplement que possible, de certaines questions dont je pense qu’il nous faudra les affronter ensemble. La première question que nous devons affronter est celle de la violence extrémiste sous toutes ses formes. A Ankara, j’ai dit clairement que l’Amérique n’est pas et ne sera jamais en guerre contre l’Islam. Néanmoins, nous affronterons sans relâche la violence extrémiste qui menace gravement notre sécurité. Car nous rejetons ce que les hommes de toutes les fois rejettent : le meurtre d’innocents, hommes, femmes et enfants. Et mon premier devoir de président est de protéger le peuple américain.

La situation en Afghanistan met en lumière les objectifs de l’Amérique et notre besoin de coopérer. Il y a plus de sept ans, les Etats-Unis ont pourchassé al-Qaida et les taliban avec un large soutien international. Nous n’y sommes pas allés par choix mais par nécessité. Je sais que certains mettent en doute ou justifient les événements du 11 septembre. Mais soyons clairs : ce jour-là, al-Qaida a tué près de 3 000 personnes. Les victimes étaient des innocents, hommes, femmes enfants, d’Amérique ou d’autres nations, qui n’avaient fait de mal à personne. Et al-Qaida a choisi de les assassiner sans pitié, a revendiqué ces crimes et déclare même sa détermination à tuer sur une grande échelle. Il a des alliés dans de nombreux pays et tente d’augmenter son influence. Il ne s’agit pas là d’opinions dont on peut débattre, mais d’actes qu’il faut traiter.

Ne vous y trompez pas : nous ne souhaitons pas que nos troupes restent en Afghanistan. Nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il est très douloureux pour l’Amérique de perdre nos jeunes femmes et nos jeunes hommes. Il est coûteux et difficile politiquement de poursuivre ce conflit. Nous ramènerions avec plaisir chacun de nos soldats à la maison si nous pouvions avoir la certitude qu’il n’y aura pas d’extrémistes violents en Afghanistan et au Pakistan, déterminés à tuer le plus d’Américains possible. Mais ce n’est pas encore le cas.

C’est la raison pour laquelle nous sommes membres d’une coalition de 46 pays. Et malgré les coûts, l’engagement américain ne faiblira pas. Réellement, aucun d’entre nous ne doit tolérer ces extrémistes. Ils ont tué dans de nombreux pays. Ils ont tué des gens de différentes fois. Ils ont tué des musulmans plus que d’autres. Leurs actes sont inconciliables avec les droits des êtres humains, le progrès des nations, et avec l’islam. Le Coran enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, et que quiconque sauve une vie sauve toute l’humanité. La foi tenace de plus d’un milliard de gens est bien plus forte que la haine étroite de quelques-uns. L’islam ne fait pas partie du problème dans le combat contre la violence extrémiste, il a au contraire un rôle important à jouer dans la promotion de la paix.

Nous savons aussi que la force militaire ne va pas résoudre les problèmes en Afghanistan et au Pakistan. C’est pourquoi nous comptons investir chaque année pendant cinq ans 1,5 milliard de $ pour construire avec les Pakistanais des écoles, des hôpitaux, des routes et des entreprises, et des centaines de millions pour aider les personnes déplacées. Et c’est pourquoi nous dépensons plus de 2,8 milliards de $ pour aider les Afghans à développer leur économie et les services dont les gens dépendent. Parlons de l’Irak. A la différence de l’Afghanistan, l’Irak a été une guerre par choix qui a suscité de fortes oppositions dans mon pays et dans le monde. Bien que je pense que le peuple irakien se trouve en définitive bien mieux sans la tyrannie de Sassam Hussein, je pense aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de la démocratie et du consensus international pour résoudre nos problèmes, chaque fois que cela est possible. Souvenons-nous des paroles de Thomas Jefferson qui a dit : « J’espère que notre sagesse grandira comme notre puissance et nous apprendra que moins nous utilisons notre force, plus grande elle sera. »

Aujourd’hui, l’Amérique a une double responsabilité : aider les Irakiens à bâtir un avenir meilleur - et laisser l’Irak aux Irakiens. J’ai dit clairement au peuple irakien que nous ne voulions aucune base, ne revendiquons aucun territoire ou ressource. La souveraineté de l’Irak lui appartient. C’est pourquoi j’ai ordonné le départ de nos brigades combattantes en août prochain. C’est pourquoi nous respecterons notre engagement auprès du gouvernement irakien démocratiquement élu et retirerons les troupes de combat des villes irakiennes dès juillet, et toutes nos troupes d’Irak en 2012. Nous aiderons l’Irak à entraîner ses forces de sécurité et à développer son économie ; mais nous soutiendrons un Irak sûr et uni en tant que partenaire, et jamais en tant que patron.

Enfin, de même que jamais l’Amérique ne pourra tolérer la violence d’extrémistes, nous ne devons jamais dévier de nos principes. Le 11 septembre a été un immense traumatisme pour notre pays. La peur et la colère qu’il a provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas, il nous a conduits à agir en contradiction avec nos idéaux. Nous sommes en train d’agir pour changer de direction. J’ai interdit sans équivoque l’usage de la torture par les Etats-Unis, et j’ai ordonné la fermeture de la prison de Guantanamo Bay au début de l’année prochaine.

Ainsi, l’Amérique se défendra dans le respect de la souveraineté des nations et de l’Etat de droit. Et nous le ferons en partenariat avec des communautés musulmanes, menacées elles aussi. Plus tôt les extrémistes seront isolés et mal vus dans les communautés musulmanes et plus tôt nous serons en sécurité.

La deuxième source de tension dont il nous faut parler est la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.

Les liens solides entre l’Amérique et Israël sont bien connus. Cette relation est indestructible. Elle est fondée sur des liens culturels et historiques, et sur la conscience que l’aspiration à une patrie juive est enracinée dans une histoire tragique qui ne peut pas être niée.

Partout dans le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles, et l’antisémitisme en Europe a culminé avec une catastrophe sans précédent. Demain, je vais visiter Buchenwald, qui faisait partie d’un réseau de camps où les Juifs étaient réduits à l’état d’esclaves, torturés, tués par balles et gazés à mort par le IIIe Reich. Six millions de juifs ont été tués, plus que la totalité de la population juive d’Israël aujourd’hui. Nier ce fait est sans fondement, c’est de l’ignorance et de la haine. Menacer Israël de destruction ou répéter des stéréotypes ignobles sur les juifs est profondément mal et ne sert qu’à rappeler aux Israéliens les plus douloureux des souvenirs tout en empêchant la paix que les gens de cette région méritent.

D’un autre côté, il est aussi indéniable que le peuple palestinien - musulmans et chrétiens - a souffert dans sa quête d’une patrie. Pendant plus de 60 ans, il a enduré les douleurs du déracinement. Beaucoup attendent, dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et aux alentours, une vie de paix et de sécurité qu’ils n’ont jamais pu mener. Ils subissent les humiliations quotidiennes - grandes et petites - qui accompagnent l’occupation. Alors, qu’il n’y ait aucun doute : la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à un Etat à eux.

Pendant des dizaines années, il y a eu une impasse : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun avec son histoire douloureuse qui fait fuir tout compromis. Il est facile de pointer du doigt les responsabilités - pour les Palestiniens, pointer les migrations provoquées par la fondation d’Israël, pour les Israéliens de pointer la constante hostilité et les attaques qu’ils ont subies dans leur histoire, depuis l’intérieur de leurs frontières aussi bien que du dehors. Mais si nous ne considérons ce conflit que d’un côté, noue ne verrons pas la vérité : la seule solution pour répondre aux aspirations des deux côtés passe par deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun en paix et en sécurité. Il y va de l’intérêt d’Israël, de la Palestine, de l’Amérique et du monde. C’est pourquoi j’ai l’intention de rechercher personnellement cette solution, avec toute la patience que la tâche requiert. Les obligations que les parties ont contractées dans le cadre de la feuille de route sont claires. Pour que la paix advienne, il est temps pour elles - et pour nous tous - de prendre nos responsabilités.

Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance par la violence et le meurtre est mauvaise et ne marche pas. Pendant des siècles, les Noirs d’Amérique ont subi le fouet pour les esclaves et l’humiliation de la ségrégation. Mais ce n’est pas la violence qui a conquis l’égalité et la plénitude de leurs droits. C’est par une insistance pacifique et déterminée sur les principes au centre de la fondation de l’Amérique. La même histoire peut être dite par des peuples d’Afrique du Sud et d’Asie du Sud-Est, d’Europe de l’Est ou d’Indonésie. Cette histoire a une vérité toute simple : la violence est une impasse. Ce n’est ni un signe de courage ni un signe de force que de tirer des roquettes sur des enfants endormis ou de faire sauter de vieilles femmes dans un autobus. Ce n’est pas ainsi qu’on revendique une autorité morale, c’est ainsi qu’on se dépouille de cette autorité morale.

Il est maintenant temps pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent construire. L’Autorité palestinienne doit développer sa capacité à gouverner, avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Le Hamas a du soutien chez certains Palestiniens, mais il a lui aussi des responsabilités. Pour jouer un rôle et répondre aux aspirations des Palestiniens, et unifier le peuple palestinien, le Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit d’Israël à l’existence.

Dans le même temps, les Israéliens doivent reconnaître que, tout comme le droit d’Israël à exister ne peut pas être nié, celui de la Palestine ne peut pas l’être non plus. Les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent.

Israël doit aussi respecter ses engagements et assurer aux Palestiniens la possibilité de vivre, travailler et développer leur société. Et, tout comme elle dévaste les familles palestiniennes, la crise humanitaire qui continue à Gaza ne sert pas la sécurité d’Israël, pas plus que l’absence continue de perspectives en Cisjordanie. Le progrès de la vie quotidienne des Palestiniens doit faire partie du chemin vers la paix ; et Israël doit prendre des mesures concrètes pour permettre ce progrès.

Enfin, les pays arabes doivent reconnaître que l’Initiative de paix arabe a constitué un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne doit plus être utilisé pour détourner les peuples des nations arabes d’autres problèmes. Au lieu de cela, il doit être un moteur pour agir et aider le peuple palestinien à développer les institutions qui feront vivre leur Etat ; reconnaître la légitimité d’Israël ; et choisir le progrès plutôt qu’une obsession mortifère du passé.

L’Amérique accordera sa politique avec ceux qui recherchent la pais, et dira en public ce qu’elle dit en privé, aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux musulmans reconnaissent qu’Israël ne disparaîtra pas. De même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d’un Etat palestinien. Il est temps pour nous d’agir sur ce que tout le monde sait être vrai. Trop de larmes et de sang ont été versés. Nous avons tous une responsabilité : celle d’œuvrer au jour où les mères israéliennes et palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte des trois grandes religions sera l’endroit de paix que Dieu avait pensé ; où Jérusalem verra cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens et sera un endroit où tous les enfants d’Abraham se mêleront pacifiquement, comme dans l’histoire d’Isra, quand Moïse, Jésus et Mahomet (la paix soir eux) se sont joints pour prier ensemble.

La troisième source de tension relève de notre intérêt commun dans les droits et les devoirs des nations au sujet des armes nucléaires. Cette question est une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Pendant des années, l’Iran s’est défini en partie par son opposition à mon pays, et il est vrai qu’il y a entre nous une histoire tumultueuse. Au milieu de la Guerre Froide, les Etats-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences contre des Américains, militaires et civils. L’histoire est connue. Plutôt que de demeurer piégé dans le passé, j’ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l’avant. La question, aujourd’hui, n’est pas de savoir contre quoi est l’Iran, mais quel avenir il veut bâtir.

Il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous agirons avec courage, rectitude et résolution. Il y aura de nombreuses questions à discuter entre nos deux pays, et nous sommes prêts à aller de l’avant sans conditions préalables, sur la base d’un respect mutuel. Mais il est clair pour tout le monde que lorsqu’il s’agit d’armes nucléaires, nous atteignons un point décisif. Il ne s’agit plus simplement des intérêts américains, mais d’empêcher une course à l’arme nucléaire au Moyen-Orient qui pourrait mener cette région et le monde sur une voie extraordinairement dangereuse.

Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays disposent d’armes que d’autres n’ont pas. Aucune nation ne doit choisir quelles nations possèdent l’arme nucléaire. C’est pourquoi j’ai réaffirmé fortement l’engagement des Etats-Unis dans la recherche d’un monde sans armes nucléaires. Et toute nation - y compris l’Iran - doit avoir le droit d’accéder à la puissance nucléaire pacifique si elle respecte ses obligations dans le cadre du traité de non-prolifération. Cet engagement est au cœur du traité. Seuls ceux qui le respectent doivent y avoir droit. Et j’espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.

Quatrième question que j’aborderai : la démocratie.

Je sais qu’il y a eu des controverses sur la promotion de la démocratie, pour une grande part en relation avec la guerre en Irak. Mais je serai très clair : aucune nation ne peut imposer à une autre un système de gouvernement. Mais cela ne minore pas mon engagement envers les gouvernements qui reflètent la volonté de leur peuple. Chaque nation fait vivre ce principe à sa manière, enracinée dans ses traditions. L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est bon pour tout le monde. Mais je pense, sans aucune concession possible, que les gens souhaitent certaines choses : la possibilité de donner son avis sur la façon dont on est gouverné ; la confiance en l’Etat de droit et une administration de la justice égale pour tous ; un gouvernement transparent qui ne vole pas son peuple ; la liberté de choisir son style de vie. Ce ne sont pas seulement des idées américaines mais des droits de l’homme, et c’est pourquoi nous les soutiendrons partout.

Il n’existe pas de ligne droite pour réaliser cette promesse. Mais cela au moins est certain : les gouvernements qui protègent ces droits sont finalement plus stables, plus sûrs et réussissent mieux. La répression des idées ne réussit jamais à les faire disparaître. L’Amérique respecte le droit de toutes les voix pacifiques et respectueuses de la loi à se faire entendre partout dans le monde, même si nous sommes en désaccord avec elles. Et nous ferons bon accueil à tout gouvernement élu et pacifique, s’il gouverne en respectant son peuple.

Ce dernier point est important car certains ne défendent la démocratie que lorsqu’ils n’ont pas le pouvoir. Une fois au pouvoir, ils répriment impitoyablement les droits des autres. Quel que soit l’endroit du monde, le gouvernement du peuple et par le peuple implique des règles simples pour ceux qui exercent le pouvoir : il faut l’exercer par le consentement et non par la coercition, respecter les droits des minorités, placer les intérêts du peuple et les processus légitimes du processus politique au-dessus de votre parti. Sans ces ingrédients, les seules élections ne font pas une vraie démocratie.

Cinquième question dont je parlerai : la liberté religieuse.

L’islam a une tradition de tolérance fière d’elle-même. Nous le voyons dans l’histoire de l’Andalousie et de Cordoue. Je l’ai vu moi-même enfant en Indonésie, où des prêtres chrétiens pratiquaient leur religion librement dans un pays dont l’immense majorité est musulmane. C’est l’esprit dont nous avons besoin aujourd’hui. Dans tous les pays, les gens doivent être libres de choisir et de vivre leur foi sur la base de la persuasion de l’esprit, du cœur et de l’âme. Cette tolérance est essentielle pour la religion, mais elle est menacée de différentes manières.

Chez certains musulmans, il existe une tendance inquiétante à mesurer sa foi par le rejet de celle d’autrui. La richesse de la diversité religieuse doit être préservée, que ce soit pour les maronites au Liban ou pour les coptes en Egypte. Les lignes de fracture doivent être fermées aussi chez les musulmans, car les divisions entre sunnites et chiites ont provoqué des violences tragiques, en particulier en Irak.

La liberté religieuse est capitale pour permettre aux peuples de vivre ensemble. Il nous faut toujours examiner les façons de la protéger. Pas exemple, aux Etats-Unis, les règles qui régissent les dons caritatifs ont rendu plus difficile pour les musulmans la pratique de leurs obligations religieuses. C’est pourquoi je me suis engagé à travailler avec les musulmans américains pour garantir qu’ils puissent exercer la zakat.

De même, il est important que les pays occidentaux évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils l’entendent - par exemple en dictant la manière dont une musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard d’une religion sous le couvert du libéralisme.

La foi doit nous réunir. C’est pourquoi nous avons mis en route des projets d’offices communs qui réunissent chrétiens, musulmans et juifs. C’est pourquoi nous saluons des efforts comme ceux du roi Abdallah d’Arabie saoudite pour le dialogue interreligieux ou des dirigeants turcs pour l’Alliance des civilisations. Partout dans le monde, nous pouvons transformer le dialogue en offices communs, de façon que les ponts entre les peuples mènent à l’action, que ce soit pour combattre la malaria en Afrique ou pour apporter du secours après une catastrophe naturel.

Sixième question : les droits des femmes.

Je sais qu’il y a un débat sur cette question. Je rejette l’opinion de certains occidentaux pour qui une femme qui choisit de couvrir sa chevelure est d’une certaine façon moins égale, mais je crois aussi qu’une femme à qui l’on refuse l’éducation se voit dénier ses droits. Et ce n’est pas par hasard si les pays où les femmes ont accès à une éducation de haut niveau ont de bien plus grandes chances de prospérer.

Je serai clair sur ce point : la question de l’égalité des femmes n’a pas à être un problème pour l’Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire des femmes à leur tête. Dans le même temps, la lutte pour l’égalité des femmes continue dans de nombreux aspects de la société américaine, et un peu partout dans le monde.

Nos filles peuvent contribuer à la société autant que nos fils, et notre prospérité commune progressera et permettant à toute l’humanité - hommes et femmes - d’atteindre leur potentiel. Je ne pense pas que les femmes doivent nécessairement faire les mêmes choix que les hommes pour être leurs égales, et je respecte ces femmes qui choisissent de mener leur vie dans des rôles traditionnels. Mais cela doit être leur choix. C’est pourquoi les Etats-Unis coopéreront avec tout pays à majorité musulmane pour soutenir l’alphabétisation des filles et aider les jeunes femmes à chercher un emploi par le micro-crédit qui aide les gens à réaliser leurs rêves.

Enfin, je parlerai de développement économique et de perspectives.

Je sais que pour beaucoup, la mondialisation a deux visages. L’Internet et la télévision peuvent convoyer connaissances et information, mais sexualité offensante et violence illimitée. Le commerce peut apporter de nouvelles richesses et de nouvelles perspectives, mais aussi d’énormes bouleversements. Dans toutes les nations, y compris la mienne, ce changement peut s’accompagner de craintes. Crainte qu’à cause de la modernité, nous perdions le contrôle sur nos choix économiques, notre politique et, plus important encore, notre identité - les choses auxquelles nous tenons le plus, nos familles, notre tradition, notre foi.

Mais je sais aussi que le progrès humain ne se refuse pas. Il n’y a pas nécessairement de contradiction entre développement et tradition. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont développé leur économie tout en maintenant une culture bien distincte. Cela est également vrai pour les progrès étonnants accomplis dans des pays à majorité musulmane, de Dubaï à Kuala Lumpur. Dans les temps anciens comme à notre époque, des communautés musulmanes ont été à l’avant-garde de l’innovation et du développement.

Cela est important parce qu’aucune stratégie de développement ne peut reposer uniquement sur ce qui vient de soi-même, et ne peut pas non plus se poursuivre quand de jeunes gens sont au chômage. De nombreux pays du Golfe ont bénéficié d’importantes richesses grâce au pétrole, et certains se concentrent aujourd’hui sur un développement plus large. Mais nous devons tous reconnaître que l’éducation et l’innovation seront la monnaie du XXIe siècle. Or, dans trop de communautés musulmanes, il y a eu sous-investissement dans ces secteurs. Je donne beaucoup d’importance à ces investissements dans mon pays. Alors que, dans le passé, l’Amérique s’est beaucoup souciée du pétrole et du gaz provenant de cette partie du monde, nous recherchons aujourd’hui un engagement plus large.

Sur l’éducation, nous développerons des programmes d’échanges et augmenterons les bourses, comme celle qui a fait venir mon père en Amérique, tout en encourageant davantage d’Américains à aller étudier dans des pays musulmans. Nous accueillerons les étudiants musulmans prometteurs dans des internats américains, investirons dans l’enseignement en ligne pour les enseignants et les enfants partout dans le monde, et créerons un nouveau réseau en ligne, de sorte qu’un adolescent du Kansas pourra communiquer instantanément avec un adolescent du Caire.

Sur le développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires entrepreneurs pour monter des partenariats avec leurs homologues de pays à majorité musulmane. Et nous accueillerons cette année un sommet sur l’entreprenariat pour identifier les moyens d’approfondir les liens entre chefs d’entreprise, fondations et entrepreneurs sociaux aux Etats-Unis et dans les pays musulmans.

Sur la science et la technologie, nous lancerons un nouveau fonds de soutien au développement technologique dans les pays à majorité musulmane, et aiderons à diffuser les idées sur les marchés afin qu’elles puissent créer des emplois. Nous ouvrirons des pôles d’excellence en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Nous nommerons de nouveaux émissaires de la science qui collaboreront à des programmes destinés à développer de nouvelles sources d’énergie, créer des emplois écologiques, numériser des enregistrements, purifier l’eau et faire pousser de nouvelles récoltes. Et aujourd’hui, j’annonce un nouvel effort mondial avec l’Organisation de la Conférence islamique pour éradiquer la polio. Nous développerons également des partenariats avec des pays musulmans pour promouvoir la santé des enfants et des mères.

Tout cela doit s’effectuer en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux civils et aux gouvernements, aux organisations communautaires et aux leaders religieux dans les pays du monde entier pour aider nos peuples à bâtir une vie meilleure. Les choses que j’ai décrites ne seront pas faciles à, réaliser. Mais il est de notre responsabilité de joindre nos efforts au nom du monde que nous voulons - un monde où les extrémistes ne menacent plus nos peuples, où les soldats américains sont rentrés chez eux ; un monde où Israéliens et Palestiniens sont chacun en sécurité dans leur Etat, où l’énergie nucléaire n’est utilisée qu’à des fins pacifiques ; un monde où les gouvernements sont au service de leurs citoyens et où tous les droits des enfants de Dieu sont respectés. Ce sont des intérêts qui nous sont communs. C’est le monde que nous voulons. Mais nous ne pourrons y arriver qu’ensemble.

Je sais que beaucoup - musulmans ou non - doutent de notre capacité à mettre en œuvre ce niveau commencement. Certains veulent attiser les flammes de la division et se mettre en travers de la voie du progrès. Certains disent que l’effort n’en vaut pas la peine, que nous sommes condamnés au désaccord et que les civilisations sont condamnées à s’entrechoquer. Bien plus encore sont tout simplement sceptiques sur le fait qu’un réel changement puisse avoir lieu. Il y a tant de peur, tant de méfiance. Mais si nous choisissons d’être prisonniers du passé, nous n’avancerons jamais. Je souhaite particulièrement dire ceci aux jeunes gens de toutes les fois, dans tous les pays : vous, plus que quiconque, avez la capacité de refaire ce monde.

Chacun d’entre nous partage ce monde pour une brève période. La question est de savoir si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous divise, ou si nous nous engageons à faire un effort - un effort soutenu - pour trouver des points de convergence, pour se concentrer sur l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.

Il est plus facile de commencer des guerres que d’y mettre fin. Il est plus facile de blâmer les autres plutôt que de regarder à l’intérieur de soi, de voir ce qu’il y a de différent chez quelqu’un plutôt que de trouver ce que nous avons en commun. Mais nous devons choisir la voie juste et non la voie facile. Il y aussi au cœur de chaque religion une règle : nous agissons envers autrui comme nous souhaitons qu’il agisse envers nous. Cette vérité transcende les nations et les peuple et elle n’est pas nouvelle. Elle n’est ni noire, ni blanche ni brune, elle n’est ni chrétienne, ni musulmane ni juive. C’est une idée qui a battu au berceau de la civilisation, et qui bat toujours dans le cœur de milliards de gens. C’est la foi en l’autre, et c’est ce qui m’amène ici aujourd’hui.

Nous avons le pouvoir de faire le monde que nus voulons, mais seulement si nous avons le courage d’un nouveau commencement, en gardant à l‘esprit ce qui a été écrit.

Le Coran nous dit : « Oh, humanité ! Nous t’avons créée mâle et femelle, et nous t’avons dispersée en nations et tribus afin que vous puissiez vous connaître. »

Le Talmud nous dit : « Toute la Torah n’a pour but que de promouvoir la paix. »

La Bible nous dit : « Bénis soient les bâtisseurs de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Les peuples du monde peuvent vivre ensemble en paix. Nous savons que c’est la vision de Dieu. Maintenant, cela doit être notre travail, ici sur terre. Merci. Et que la paix soit sur vous.



















QUOTIDIEN ALGERIEN "LIBERTE". EDITORIAL DU 2 JUIN 2009.

Publié le 03/06/2009 à 16:51 par georgeslondiche
REPENTANCE ET PREDICATION

Contradictoires en apparence, les deux mouvements — la repentance des maquis et l’activisme “pacifique” dans les mosquées — sont pourtant deux faces d’une même médaille, car ils obéissent, dans le fond, à une seule et même logique.

Faut-il s’étonner de voir les salafistes qui représentent actuellement, en Algérie comme ailleurs, la frange la plus active de la mouvance islamiste, tenter de réinvestir les lieux de culte pour s’en servir comme instrument à leur propagande ? Oui, ceux qui croyaient que la période est plutôt propice à la repentance vont trouver paradoxal que des activistes s’ingénient encore à faire de la “daâwa” à coups de fetwas et autres imprécations. Contradictoires en apparence, les deux mouvements — la repentance des maquis et l’activisme “pacifique” dans les mosquées — sont pourtant deux faces d’une même médaille, car ils obéissent, dans le fond, à une seule et même logique : abandonner une voie, celle de l’action terroriste, qui s’est finalement révélée sans issue, pour s’engouffrer dans une autre, le travail de “sensibilisation de la société”, qui ouvre, quant à elle, de réelles perspectives d’avenir à l’islamisme.
À ce rythme, il y a de quoi craindre que les islamistes, peut-être plus tôt qu’ils ne l’espèrent eux-mêmes, reprennent leur statut de maîtres de la cité. Un statut qui, naturellement, va les requalifier à régenter la rue, la vie publique, voire même la société. Et donc nos vies privées. Mais surtout un statut qui va les autoriser, de nouveau, à renouer avec leurs ambitions politiques : régenter les institutions de l’État. Comme dans un passé pas trop lointain.
C’est à se demander si ceux qui jurent que l’Algérie ne reviendra pas aux années 1990 savent réellement de quoi ils parlent ! Ou s’ils font mine de ne rien voir. On les croirait peut-être si les pouvoirs publics, à défaut d’une vraie riposte politique, avaient mis en place quelques remparts médiatiques ou culturels devant l’offensive souterraine du salafisme. Ce n’est pas le cas et c’est quelquefois à l’inverse qu’il nous est donné d’assister : les appels officiels à la repentance vont souvent puiser leur argumentaire dans le lexique islamiste pur et dur, le même lexique dont userait un bon “émir” du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) pour ramener un terroriste du maquis où il a accompli son “combat”... à la mosquée où il fera de la “prédication”.

SAID CHEKRI.

CHRONIQUE DE M.HAMMOUCHE DANS "LIBERTE" DU 24/5/2009.

Publié le 24/05/2009 à 06:28 par georgeslondiche
Il y a des jours sans…
Par :Mustapha Hammouche


La radio, qui a programmé “une journée sans voiture” à Alger, a fait ce qu’elle a pu. Il n’est pas constructif de faire la fine bouche, sous prétexte qu’une journée sans voiture, ce devrait être plus que cela.
D’ailleurs, c’est un peu vrai, mais “la journée” aura tout de même permis à ceux qui l’ont vu passer de s’interroger sur sa finalité. Une finalité essentiellement écologique. Mais on voit bien que ce n’est qu’une radio publique,
mais une radio quand même qui a initié l’évènement : pas de hauts responsables, pas de hauts fonctionnaires, pas de pontes pour “rehausser” l’évènement en y participant. Il n’y avait personne de plus haut gradé pour enregistrer cette présence ; là-haut, ce n’est pas à l’attention d’un animateur radio qu’on a l’habitude de se signaler, son initiative fut-elle lumineuse !
Journée sans voiture, donc. Pour quelques segments de rue du centre d’Alger, sur trois à quatre kilomètres. Sans voiture seulement. Les poubelles étaient là, vides mais crasseuses, vides parce que les agents de l’entreprise de la voirie étaient mobilisés pour le nettoyage militant, vigilant, continu du périmètre “sans”…
On aurait imaginé des parents qui veillent à ce que
leurs enfants ne lâchent pas leurs bouteilles vides sur la chaussée même libérée des véhicules. On aurait imaginé une journée sans gobelet, ces affreux godets en plastique qui, désormais, jonchent les trottoirs et chaussées et ornent les seuils d’immeuble, les rebords de fenêtres des rez-de-chaussée, les capots et toits de voitures en stationnement, les sièges d’arrêt de bus et même les dessus des cabines téléphoniques !
Et puis vraiment, elles ont une dégaine, ces personnes, jeunes et moins jeunes, tenant la clope dans une main, et le gobelet de thé ou de café en Tétra Pack ou en plastique, coincé entre l’index et le pouce de l’autre, à la manière du godet western d’un justicier prêt à s’envoyer la rasade pour se donner…une contenance.
On aurait imaginé des policiers sans fourgon, sans 4X4, voire sans cigarette, pour quadriller le périmètre, avec juste des vélos ou même à pied. Mais non ! La Sûreté nationale a mobilisé les grands moyens — comme on sait le faire dans notre système — pour assurer la sécurité autour de l’évènement, parce que la sécurité, c’est d’abord des fourgons et des 4x4 diesel.Mais le spectacle de jeunes cyclistes qui tournaient autour du quartier de la wilaya valait la peine de sacrifier la circulation pour une journée. La vue d’enfants ravis de trouver enfin un espace où, pour un jour, ils pouvaient jouer librement aussi. Les enfants de nos villes n’ont pas de terrains de jeu ; les adultes, non plus d’ailleurs. Mais eux jouent au chantier, au bureau et à l’usine, s’il en reste.
Journée sans voiture. Pour un vendredi, ce n’est pas un exploit. Si l’on excepte les enfants du quartier, c’était presque une journée sans piéton.
On avait oublié que le vendredi était une journée sans rien. Une journée qui a sa tenue, son allure et son silence ; une journée où même les enfants n’ont pas le droit de rire trop fort. Surtout sans joie, ni convivialité.
À quoi sert une journée sans voiture, si elle n’est pas doublée par une journée sans kamis ?

M. H.

GRAVES DERIVES VERBALES DE MENASRA. L' EXPRESSION 19/6/09

Publié le 19/05/2009 à 05:52 par georgeslondiche


GRAVES DÉRIVES VERBALES DE MENASRA
«Les laïcs sont des traîtres»
19 Mai 2009

Il n’est pas pour nous rappeler les discours enflammés de l’ex-FIS qui vouait à la géhenne tous ceux qui ne se conformaient pas à la chari’a islamique.

A quoi joue le leader du nouveau parti le MPC, non encore agréé, Abdelmadjid Menasra? Après avoir souhaité une «République islamique» lors d’un rassemblement de ses militants vendredi dernier à Boumerdès, il récidive cette fois-ci en montrant du doigt les laïcs qu’il qualifie de «traîtres».
C’est une véritable fetwa politique que ce transfuge du MSP vient de lancer indirectement à l’encontre des partis de la mouvance démocratique dans un quotidien francophone en les accusant directement de «traîtres par rapport à nos martyrs qui se sont sacrifiés pour l’Islam et pour la Nation». Cette grave dérive idéologique n’est pas pour nous rappeler les discours enflammés des anciens leaders de l’ex-FIS qui vouaient à la géhenne tous ceux qui ne se conformaient pas à la chari’a islamique ou aux précepts de l’islam rigoriste. Ce discours de 20 ans en arrière rappelle ceux prônés par les dirigeants de l’ex-FIS qui excluaient tout le monde et où la démocratie était considérée comme kofr.
A l’écouter, on croirait entendre les imprécations des anciens leaders islamistes de l’ex-FIS dont les dérives verbales ont plongé le pays dans des épisodes sanglants. Et on a vu depuis où cela a mené le pays. Une dérive terroriste qui a fait plus de 200.000 morts, des pertes financières estimées à des milliards de dollars et un retard considérable dans le développement du pays.
La Nation algérienne continue aujourd’hui à payer ce lourd tribut. Les Algériens assistent depuis quelque temps à des gesticulations théâtrales autour des thèmes d’actualité comme le projet de loi portant abolition de la peine de mort et celui portant Code de la famille. La comédie ne fait guère rire.
Ces nouveaux hommes politiques ayant fait irruption sur la scène politique n’ont qu’une seule obsession: exister tout simplement! Et pour cela, ils sortent de leurs vieux cartons les sempiternelles «revendications» d’un autre âge. Cela va de soi pour toute personne ordinaire. Mais c’est loin d’être évident quand il s’agit d’un homme politique ayant occupé le poste de ministre de la République.
Et ce qui est déplorable, voire inquiétant dans cette situation de «surenchère verbale» autour de ces projets de textes de loi, c’est la propension de certains acteurs politiques à prêcher l’extrémisme le plus violent et le plus sectaire. Traiter des gens de «traîtres» sans connaître la vraie signification du mot «laïc» équivaut à faire un procès à sens unique contre une personne sans défense ou à prononcer un jugement sans appel sur un condamné sans que celui-ci bénéficie des droits les plus élémentaires comme celui de s’assurer par exemple la présence d’un avocat. Il est grand temps que cette situation change. Les déclarations tout à fait fallacieuses et totalement tendancieuses, proférées à l’emporte-pièce par des personnes peu crédibles, ne sauraient tromper, encore moins mobiliser les Algériens qui aspirent aujourd’hui à vivre en paix et profiter des bienfaits d’une stabilité chèrement acquise. Les autorités du pays doivent à l’avenir prendre des mesures radicales pour «éradiquer» du discours politique les anathèmes et autres procès en sorcellerie proférés par des leaders en mal de reconnaissance. Et parmi les mesures d’abord le refus de toute autorisation administrative pour tenir des réunions ou des meetings avant d’avoir le fameux récépissé du ministère de l’Intérieur. Car il s’agit bien d’une violation de l’article de la Constitution qui énonce que le pays est un Etat démocratique et républicain. Les plus hautes autorités du pays sont censées y mettre le holà sachant que ce parti n’est pas encore agréé. Des autorisations administratives lui sont octroyées au moment où d’autres formations politiques en attente d’agrément sont interdites de toute manifestation publique. La loi devrait s’appliquer à tous, sans exception. H A



EDITORIAL DU QUOTIDIEN "L' EXPRESSION" (9 Mai 2009).

Publié le 09/05/2009 à 12:00 par georgeslondiche
Demain, la France et l’Algérie.

09 Mai 2009

Il ne faut surtout pas croire, au moment où nous nous recueillons à la mémoire de nos martyrs, que les Algériens sont habités par un quelconque sentiment de haine ou de vengeance. Leur capacité de discernement n’est nullement altérée malgré toutes les souffrances. S’il est vrai que l’Etat français ne peut se soustraire et assumer toute la responsabilité des crimes commis en son nom en Algérie depuis 1830, ceci n’implique pas forcément celle de tout le peuple français. L’histoire nous enseigne que 75% d’entre eux étaient pour l’autodétermination des Algériens lors du référendum du 8 janvier 1961. Ils étaient encore plus nombreux en avril 1962, près de 91%, à approuver les Accords d’Evian qui devaient déboucher sur l’indépendance en juillet de la même année. Personne ne peut nier cette majorité de Français qui, par ses deux votes, se démarquait des partisans de l’Algérie française qui n’étaient qu’une minorité de Français de fraîche date. En réalité, cette démarcation a toujours existé dans les faits depuis 1830.
Depuis le baron Victor Duperré qui était hostile à l’expédition militaire contre Alger mais qui dut, en bon soldat, accepter sa nomination de commandant de la flotte sous les ordres du comte de Bourmont, le chef du corps expéditionnaire. Ce dernier eut à se plaindre de Duperré à plusieurs reprises l’accusant de vouloir faire échouer l’invasion. De Duperré donc jusqu’au cardinal Duval (que les pieds-noirs surnommaient «Mohamed Duval») qui mourut en citoyen algérien le 30 mai 1996, en passant par Francis Jeanson et son réseau (surnommé les porteurs de valises) qui a activement aidé le FLN durant la guerre de Libération. On ne peut non plus oublier le collectif d’avocats (Jacques Vergès, Gisèle Halimi, et bien d’autres) français qui ont défendu les moudjahidine que les tribunaux français ont «jugés». La liste est encore longue. Oui, les Algériens gardent intacte leur capacité de discernement. De ce discernement que le Président de la République Abdelaziz Bouteflika n’a pas manqué de rappeler, jeudi dernier dans son discours, en précisant que «nous savons bien que nous ne pouvons pas faire porter au peuple français tout entier la responsabilité des malheurs et des souffrances qu’en son nom le colonialisme français nous a imposés». De ce discernement qui permet de garder l’espoir d’une réconciliation entre les peuples algérien et français. Bien sûr que cela exige du courage, de l’imagination, une volonté certaine et la forte conviction d’agir dans l’intérêt bien compris des deux pays. Nous n’étions pas si loin avec le projet de traité d’amitié que des nostalgiques de la colonisation (encore très actifs dans l’Hexagone) ont récemment fait capoter avec leur loi du 23 février 2005. Ce n’est qu’une bataille de perdue. Encore une direz-vous! Oui, mais l’essentiel est de ne jamais baisser les bras. Avec des hommes et des femmes épris de justice et de paix qui, s’ils se donnent la main avec sincérité et respect, la France et l’Algérie, finiront par vivre en bon voisinage. Comme cela a été le cas entre la France et l’Allemagne après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. De ce côté-ci de la Méditerranée, nous y croyons dur comme fer.

Zouhir MEBARKI

LE SOIR D' ALGERIE du 7 Mai 2009.

Publié le 07/05/2009 à 12:00 par georgeslondiche
UN FAIT HISTORIQUE PEU CONNU DE LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE (1936-1939):

500 Algériens ont combattu au sein des Brigades internationales

Dans son livre Islam y guerra civil española , paru en 2004 à Madrid, l’historien espagnol Francisco Sánchez Ruano nous apprend, à travers une recherche minutieuse et un luxe de détails, que le mythe qui place les «moros» (les Arabes) du côté de Franco seulement, doit être nuancé, car plus de 1000 volontaires des Brigades internationales du camp républicain provenaient de pays arabes. Le plus fort contingent de ces combattants arabes venus défendre la République espagnole était constitué de 500 Algériens.
Le contexte de l’époque
Avant de traiter plus précisément l’apport de ces derniers, il convient de reprendre brièvement le contexte de l’époque. Le mois d’avril 1931 voit l’avènement de la 2e République espagnole (la 1re République eut une existence éphémère, à la fin du 19e siècle), laquelle connaît une période marquée par un gouvernement de droite, à partir de 1933. Cependant, les élections de 1936 donnent la victoire à la gauche, unie dans le Front populaire (Frente Popular). Au niveau international, Hitler et Mussolini sont au pouvoir, et Staline est à la tête de l’Union soviétique de l’époque. L’armée espagnole est formée de troupes stationnées en Espagne même, mais aussi au nord du Maroc, placé sous protectorat espagnol. A l’annonce de la victoire des forces de gauche, la Phalange espagnole (organisation de type fasciste, calquée sur les Chemises noires de Mussolini) regroupe les opposants au nouveau gouvernement républicain et déclenche le soulèvement des troupes espagnoles du Maroc, sous le commandement de Franco.
La guerre civile en Espagne (1936-1939) et les Brigades internationales
Le débarquement des troupes rebelles sur le sol ibérique signifie le début de la guerre civile espagnole qui durera jusqu’en 1939, se terminera par la victoire militaire de Franco, mais fera des dizaines de milliers de victimes. Les deux forces en présence, le camp républicain et le camp franquiste reflètent deux conceptions du monde irréconciliables. Le premier représente les aspirations portées par les organisations syndicales et ouvrières, les socialistes, les communistes, les anarchistes… Le deuxième défend les intérêts des grosses puissances et les valeurs fascistes… De fait, l’Allemagne nazie appuiera les troupes de Franco, tandis que les républicains seront soutenus par l’Union soviétique. Pour leur part, Londres et Paris suivront une politique de non-intervention dans le conflit espagnol. Le mouvement de sympathie qu’avait engendré le régime républicain espagnol dans le monde se concrétisera par la constitution des Brigades internationales qui, comme leur nom l’indique, mobilisèrent quelque 12 000 volontaires venus de plusieurs parties du monde soutenir les troupes régulières, fidèles à la 2e République. Selon Francisco Sánchez Ruano, on dénombrait jusqu’à 53 pays d’origine des miliciens qui combattaient au sein des Brigades internationales. Cités par ordre d’importance numérique, pour les chiffres inférieurs à 1000 volontaires l’Algérie se situe à la 13e place sur 41 pays.
Les Algériens dans le camp républicain
Les 500 volontaires algériens provenaient d’Algérie, encore sous colonisation française, mais aussi de la communauté algérienne émigrée en France, notamment à partir de Paris, Lyon, Toulouse, Marseille, Bordeaux… La grande majorité des Algériens enrôlés dans les Brigades internationales étaient des militants syndicaux, des socialistes, des communistes, des anarchistes, qui se sont retrouvés aux côtés des Anglais, des Espagnols, des Yougoslaves, des Américains, des Marocains, des Français, des Russes, des Polonais, etc. de mêmes tendances idéologiques. En face, Franco disposait des troupes rebelles constituées de soldats espagnols et de soldats de carrière marocains engagés, les «moros», dont le nombre augmentera au fur et à mesure du déroulement de la guerre, suite à leur enrôlement, parfois de force, entrepris par le bord franquiste au Maroc. Le terme de «moro» restera ainsi lié jusqu’à l’heure actuelle, dans l’inconscient collectif espagnol, à ces soldats marocains de l’armée franquiste, tout en désignant l’Arabe en général et notamment le Maghrébin, pour l’Espagnol moyen. D’autre part, le terme prend ses racines plus loin dans l’Histoire puisqu’il désigne à l’origine les musulmans (Maures) chassés par la reconquête espagnole au 15e siècle… Dans le cas concret de la guerre civile de 1936-1939, ceci a abouti à une vision réductrice de l’Histoire, construite sur le mythe du «moro» aux côtés de Franco, un «moro» coupable de tous types d’atrocités : pillage, viols, assassinats… Sànchez Ruano tente donc, à bon escient, de démanteler ce mythe et détruire les stéréotypes montés autour, en dévoilant «l’autre face» du «moro» dans la guerre civile espagnole, avec les preuves qu’il apporte sur la participation des Arabes à la défense de la 2e République espagnole, à travers leur engagement dans les Brigades internationales.
Oussidhoum, Belaïdi, Balek, figures algériennes des Brigades internationales
Pour illustrer son propos, le premier exemple qu’il donne est celui de Mohamed Belaïdi, un mécanicien algérien qui tenait le poste de mitrailleur dans les bombardiers de l’escadrille d’avions que dirigeait André Malraux, l’écrivain et homme politique français, au sein des forces républicaines. M. Belaïdi perdit la vie l’hiver 1937, dans le ciel de Teruel (nord de l’Espagne), quand son avion fut abattu par 7 avions de chasse allemands. Dans le film réalisé par A. Malraux sur la guerre d’Espagne, projeté à Paris pour la première fois en 1937, on peut voir le cercueil du milicien algérien recouvert d’un drapeau frappé du croissant musulman. Une mitrailleuse apparaît aussi posée sur le cercueil. Selon Sánchez Ruano, ce fut là l’unique film produit par le camp républicain où apparaît un volontaire arabe ou berbère musulman, membre des Brigades internationales. S’il y a peu d’Espagnols et d’Algériens qui savent que 500 Algériens ont servi dans ces brigades, beaucoup s’interrogeront sur leur présence dans la guerre civile espagnole. Quand on le lui a demandé, Belaïdi répondit : «Quand j’ai su que des Arabes combattaient pour Franco, j’ai dit à ma section socialiste qu’on devait faire quelque chose, sinon que diraient les camarades ouvriers des Arabes…?» D’autres cas peuvent être rapportés, comme celui de Rabah Oussidhoum, lequel s’est distingué par sa bravoure dans de nombreuses batailles, notamment la bataille de Lopera (région de Cordoue), et surtout celle de Segovia (région de Madrid) où il commandait le 12e bataillon, nommé «Ralph Fox» en l’honneur de l’écrivain anglais mort à Lopera. Comme Belaïdi, on interrogeait aussi Oussidhoum sur sa présence dans les Brigades internationales et il répondait : «Parce que tous les journaux parlent des «moros» qui luttent avec les rebelles (de Franco). Je suis venu démontrer que tous les Arabes ne sont pas fascistes. » Oussidhoum tomba au champ d’honneur en mars 1938 dans son ultime bataille, à Miraflores (région de Saragosse). Pour ses chefs et ses compagnons, il laissera l’image d’un véritable héro dans les batailles où il s’est engagé, en Andalousie, dans la région d’Aragon et dans la région de Madrid. Citons encore le cas d’autres Algériens comme Mechenet Essaïd Ben Amar ou Améziane Ben Améziane, deux militants anarchistes dont le deuxième, mécanicien de profession, combattait sous les ordres de Durruti (leader anarchiste espagnol de l’époque). Dans un «Appel aux travailleurs algériens», Améziane écrit : «Nous sommes 12 de la CGT dans le groupe international… face à la canaille fasciste. Miliciens si, soldats jamais ! Durruti n’est ni général ni caïd mais un milicien digne de notre amitié.» Ces quelques exemples montrent que la majorité des volontaires algériens provenaient des organisations syndicales, des partis socialistes ou communistes ou du mouvement anarchiste, mais on connaît d’autres cas de militants du Parti du Peuple Algérien (PPA) engagés aux côtés des républicains, comme ceux de Aïci Mohand ou S. Zenad, que cite Sánchez Ruano, en précisant que leur décision fut individuelle. En effet, les dirigeants nationalistes algériens montraient leur appui au Front populaire espagnol surtout en matière de propagande antifranquiste sans être pour autant partisans décidés de l’envoi de volontaires au front. Mais le président de la République espagnole, Manuel Azaña, enverra une lettre de remerciements à Messali Hadj pour une contribution matérielle reçue du PPA. Les Algériens enrôlés dans les rangs des Brigades internationales montraient, à travers leur position internationaliste, une détermination aiguisée par la conviction politique que la victoire du camp républicain impulserait l’émancipation des peuples maghrébins et du peuple algérien en particulier, comme l’exprimait clairement un autre Algérien, L. Balek, commandant d’une compagnie républicaine, qui disait dans un meeting : «Le peuple de mon pays est aussi opprimé que l’est aujourd’hui le peuple espagnol par le Grand Colon qui le ruine. Je donnerai jusqu’à l’ultime goutte de mon sang pour que les Algériens, les Tunisiens et les Marocains puissent arriver un jour à secouer leur joug et recouvrer la liberté.» L’erreur de la majorité des dirigeants républicains fut de sous-estimer cette soif d’émancipation des volontaires arabes venus combattre à leurs côtés. Sánchez Ruano revient sur cette idée en avançant que les volontaires musulmans des Brigades internationales furent des «soldats de l’ombre» occultés par le nombre de «moros» de Franco, accusés (dans beaucoup de cas à tort) d’exactions de toute sorte. Selon lui, beaucoup d’hommes politiques républicains, de partis et d’organisations républicaines sont tombés dans l’erreur de mettre sur le même plan les arabes combattant dans les files franquistes et ceux des Brigades internationales, sans penser que ces derniers étaient là pour des libertés qu’on leur refusait dans leur pays : Maroc, Algérie Tunisie, Syrie… Quoi qu’il en fût, comme tous les volontaires des Brigades internationales, ces Arabes et musulmans, parmi eux les 500 Algériens, signèrent une déclaration avant de monter au front, qui se terminait ainsi : «Je suis ici parce que je suis volontaire et je donnerai, s’il le faut, jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour sauver la liberté de l’Espagne et la liberté du monde entier.» Des hommes comme Rabah Oussidhoum et Mohamed Belaïdi n’ont pas failli à cet engagement, au prix de leur vie.
M’hamed Elmansouri

QUOTIDIEN ALGERIEN "LIBERTE" 6 MAI 2009.

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par georgeslondiche
La mort d’une (autre) librairie
Par :Mustapha Hammouche

Partout où l’on regarde, le pays offre le spectacle d’un inexorable mouvement de régression nationale. Sous prétexte d’assainissement, l’espace national est nettoyé de tout ce qui ressemble à un coin de liberté, de convivialité, de raison, de science ou de culture. Méthodiquement. Dans cette œuvre de désertification intellectuelle, morale et esthétique, il y a des étapes à marquer d’une pierre blanche. Noire, plutôt.
Il doit en être ainsi de la fermeture prochaine de la librairie des Beaux-Arts. La dérive, soutenue par une étrange ambiance de régression, s’attaque, depuis longtemps, à tout ce qui exprime l’intelligence ou le goût. De la dégradation du bâti à la détérioration des jardins publics, en passant par l’abandon des lieux de culture, un long processus national d’enlaidissement a fini par bidonvilliser notre cadre de vie.
Ce travail d’anéantissement ne concerne pas que le patrimoine matériel. Une arabisation d’exclusion a progressivement marginalisé le capital intellectuel de la génération d’après-guerre avant de former des enfants et des jeunes qui ne peuvent accéder qu’à l’indigent fonds de connaissances et de méthodes que véhicule une langue arabe, aujourd’hui prioritairement consacrée à l’incantation et au fanatisme. Le programme scolaire achève de parfaire l’effet objectif de la langue.
On l’observe, on apprend à nos enfants à ne pas lire. La lecture, phénomène résiduel, est ainsi plus facilement combattue. La “pédagogie” du sevrage littéraire des élèves et des étudiants peut être bien efficace plus que la censure du ministère de la “Culture”.
Ce travail d’assèchement culturel se fait au nom du recouvrement identitaire et de l’assainissement moral de la société. Ici, il faut nous conformer linguistiquement à notre personnalité arabe, à l’exclusion de toute souillure étrangère ; là, il s’agit de fermer les parcs qui accueillent les faux couples et les vrais alcoolisants, là-bas, il est question d’abattre les statuettes sacrilèges qui ornent les cages d’escalier. Musique, cinéma, restauration, boisson… librairie. Par pans successifs, l’espace public est purgé de tout ce qui n’est pas agréé par l’idéologie de la pensée totale.
Bientôt viendra donc le tour de la libraire des Beaux-Arts. Celle-ci n’a pas cédé au mouvement d’éradication général et graduel. Mais le propriétaire immobilier a eu l’idée, paraît-il, de demander un loyer prohibitif. Et comme on connaît au libraire quelques défavorables précédents, notamment l’édition et la diffusion des livres de Benchicou, le litige commercial semble bien tomber.
Le GIA a assassiné Vincent, son gérant historique en 1994. On allait oublier qu’il pouvait arriver pire : tuer des librairies. L’effondrement national semble vouloir aller jusqu’à son parachèvement. Dans une étrange indifférence.
Le personnage du Dernier été de la raison, dernier roman de Djaout publié à titre posthume, est un petit libraire qui finit seul parce que tout le monde, sa femme et ses enfants compris, a rejoint le monde nouveau et absurde de ceux qu’il appelle les F. V. (pour “frères vigiles”) ; il n’a plus que les livres comme fenêtre sur le monde. “(…) Le cours des temps s’est comme affolé, et il est difficile de jurer du visage du lendemain”, dit-il.

M. H.