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georgeslondiche
Description du blog :
Evocation des années de guerre 1954-62 Regards sur l'actualité des rapports entre les deux nations.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
03.03.2008
Dernière mise à jour :
20.08.2008
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Poemes

SKIKDA (Anciennement PHILLIPEVILLE)

Posté le 10.06.2008 par georgeslondiche
Belle, repoussante je t’aime aussi !

Ville, ville
Trois fois millénaire,
Histoire séculaire
Au long des âges
Perpétuée,
Racines en mer
Salée de l’abrégé,
Passage
Dans le temps
Rusicade
Contre vents et marées.

Vandales,
Phéniciens, romains
Turques, français,
Invasions répétées
Sous le regard muet
Du saint protecteur
Golfe de Numidie
Stora,éclairé
De son sémaphore,
Dans la mer bleue,
Emergé.

Liberté
Usurpée, spoliée,
Reconquise
Chaque fois après,
Esprit guerrier
L’honneur bafoué,
Restauré
Au fil des batailles
Skikda a payé
Un lourd tribut
A la liberté.

Guerre, effusion de sang
Trêve, recommencement,
La paix s’installe
Après la guerre
La région libérée
Au même titre que le pays,
Se remet à respirer
Sous les pieds
Des citoyens skikdis
Blessures cicatrisées
Au gré du temps.

Néréide
Nymphe des mers
A l’horizon dressée
Debout
Sur ses pieds
Défiant les éléments
Pour briller
De sa superbe splendeur.
Sur les côtes de la rive
Du bassin de la méditerranée.
Belle ! Affreusement belle
Sous son manteau de laideur
Objets d’admiration
Avec le boulevard
En arriéré plan.
Coins de rêve
Dans le présent de l’été
Bain de jouvence

Salah OUDINA



--

AFFECTION MEURTRIERE

Posté le 09.06.2008 par georgeslondiche
Déchirure de la fine
Membrane de l’obscur,
Précarité de la toiture,
Hideuse pauvreté
Dans le délabrement,
Intrusion, fracas
Dans l’intimité du temps.

Froid de canard boiteux
Esprit en léthargie
Dans l’intenable
Ténacité de la faim,
La nuit prend en pitié
Sous son manteau noir,
L’écho plaintif du petit.

Literie rudimentaire,
Foin sec, paille, fougère
Pour un brin de chaleur,
Sans un rien d’aliment
A se mettre sous la dent
Pour calmer la douleur
De cet enfant affamé.

Tendresse de mère
Dans le rôle de père,
Au four et au moulin,
Aux affres du besoin
Le vent porte au loin
L’écho des mots
Brûlants de fièvre.

J’ai faim maman,
Chut ! dors mon enfant
Il n’y a rien à manger
C’est bientôt le matin
On verra bien
Si mes seins
Ne sont pas asséchés.

J’ai froid maman,
N’y pense pas mon enfant
Ca va aller,
Serres-toi contre moi
Et dis-toi que d’autres.
N’’ont pas où loger.

J’ai faim maman.
Chut ! dors mon enfant
Ainsi va la vie !
Pourquoi maman ?
C’est le tout puissant
Qui le veut ainsi,
Dors mon enfant.

Chouette maman,
J’implore le puissant
Pour m’apporter des bonbons.
Oh  que non, mon enfant,
Pauvre innocent !
Dieu veille sur nous
Du haut des cieux sans plus.

J’ai froid maman,
Dors mon enfant.
Et ultime compassion
D’un geste d’affection
La mère couve son petit
De ses deux bras velus

Pour le serrer tendrement.
L’étreinte à ne plus en finir
A eu raison de l’enfant,
De ce corps frêle enlacé
Souffle coupé étouffement,
L’enfant est mort
Dans les bras de sa maman
Affectueusement imprudente.

Salah OUDINA

INTIFADHA

Posté le 09.06.2008 par georgeslondiche
Naître, Vivre, l’intifadha
Portée à bout de bras
Dans la sainte mère patrie
Y adhérer pleinement
Dans un élan de patriotisme
A payer un lourd tribut
A la cause palestinienne
C’est insufflé en soi
Les germes d’une intifadha.,

Ghaza, beithlem, Ramallah
Khan younes, Naplouse, Diar Yassine
Villes martyres, villes en ruines
Où l’horreur en zoom prime
Dans le quotidien palestinien
Crime, barbarie
Méthode de l’ennemi
Pour usurper la Palestine
A ses enfants légitimes.

Séquelles en nombre
Tags, graffitis, décombres
Fumée, pneus brûlés
Se mélangent au drame
D’un génocide perpétué
A l’air libre, à ciel ouvert
En avant première
Sur le petit écran
Des foyers de ce monde.

Lambeaux de chair calcinée
bombes à fragmentation
Corps déchiquetés
Dans l’aveuglement
La bestialité se conjugue
A tous les temps
Indéfinie, déraison
De la bêtise humaine
Sculptée a l’odeur du sang.

Une bêtise mortelle
Qui tient les Palestiniens en haleine
La majorité du temps
Dans les cimetières
A l’enterrement des morts
Apocalypse savant
Des armes de destruction
Utilisées froidement
Pour combattre le rameau d’olivier.

Salah OUDINA.

LE COMBAT ALGERIEN.

Posté le 04.06.2008 par georgeslondiche
Posté le 06.05.2008 par georgeslondiche
Alors vint une grande saison de l'Histoire
Portant dans ses flancs une cargaison d'enfants indomptés
qui parlèrent un nouveau langage
et le tonnerre d'une fureur sacrée
On ne nous trahira plus,
on ne nous mentira plus,
on ne nous fera pas prendre des vessies peintes
de bleu,de blanc et de rouge
pour les lanternes de la Liberté :
Nous voulons habiter notre nom
vivre ou mourir sur notre terre mère.
Nous ne voulons pas d'une patrie marâtre
et des riches reliefs de ses festins.
Nous voulons la patrie de nos Pères
la langue de nos Pères
la mélodie de nos songes et de nos chants
sur nos berceaux et sur nos tombes.
Nous ne voulons plus errer en exil
dans le présen,sans mémoire et sans avenir
Ici et maintenant
nous voulons
libres à jamais sous le soleil,dans le vent
la pluie ou la neige,
notre patrie:l'ALGERIE.

Jean El Mouhouv AMROUCHE,
née le 7 février 1906 à IGHIL ALI (Petite Kabylie), décédé le 16 avril 1962

La liberté d' expression.

Posté le 03.06.2008 par georgeslondiche
La mort vide le corps de l’âme

Sans toucher aux convictions,

Il ne saurait être autrement

Ou tue l’espoir, on tue l’homme

On tue le garçon, on tue le môme,

Mais jamais aucune balle

N’a tué la liberté d’expression.

L’écrit, ce besoin d’évasion

Ultime refuge des aèdes,

Pour mettre l’autre moi

Dans un sentiment de bien-être

Qui ouvre une fenêtre

Sur le monde extérieur

Pour vivre heureux avec soi.

La plume rebelle, tenace,

Dénonce le mal vivre,

L’insouciance de l’homme

S’amourache du téméraire,

Pour rendre hommage

A ceux qui sont mort

Pour la liberté d’expression.

Salah OUDINA Algérie

PS: Merci Salah de m' avoir permis de mettre ton poème sur ce blog.

"On l' appela PREMIER NOVEMBRE".

Posté le 08.05.2008 par georgeslondiche

Ce n' est pas un poème au sens propre du terme mais s' en est un d' un certain côté. Du côté de cette année 1962 et de cette Fédération de France du FLN (Front de Libération National) qui tint une grande place dans le combat pour l' Indépendance de l' Algérie.
C' est le titre d' une plaquette édité en 1962 par l' "Amicale des Algériens en France". Texte de Malek HADDAD sur des images de B. ETHEL.
Le texte est assorti de photos que j' ai traduit par des phrases entre quillemets pour permettrent une bonne compréhension du texte.

On l' appela PREMIER NOVEMBRE.

En ces temps-là dans mon jardin les statues s' évertuées à ressembler aux Algériens.

Sur le manuscrit complice de nos montagnes ils dédicaçaient la longue phrase et s' écoulaient comme un torrent remonterait à sa source. (En face de ces phrases, une longue file de soldats de l' ALN).

Dans ce trou ils avaient cru enterrer leur crime ou cacher leur faute.

Les voleurs apportent toujours cette fausse prudence à enfouir leur butin.

Et j' éprouve quelque vertige à savoir mon enfant dans cet écrin, je me console, je fais confiance à cette terre, je lui confie mes lendemains. ( En face de ces deux phrases un trou, une tombe rudimentaire dans laquelle une pelle et une main jettent de la terre).

Il avait fait la guerre comme un avant-propos et préfacé la raisond' un chef-d' oeuvre.

Je crois qu' il cherche à mieux se souvenir.

Ce geste scrupuleux, je sais qu' il respecte un manuscrit.

Cette paix toute neuve, toute chaude, le ciel a couronné de palmes le présent qui commence.

Dans la logique des mots, le mot Culture vérifie et venge sa noble ambiguïté.

Ce murmure en mon jardin, c' est peut-être une cigale, c' est sans doute un Souvenir qui rôde. (En face de ces lignes, des moissonneurs).

Et ces géants modestes, ces tisseurs de drapeaux, ceux-là qui donnèrent une leçon de morale au monde, une leçon d' Histoire, à l' ombre des grands arbres ils prennent leur première leçon de lecture.

Ils apprennent à lire cette légende qu' ils ont écrite.

Nous avions l' impression qu' ils défonçaient les murs. Ils veulent voir. Il voient très loin.

Je le sais, dans leur effort redonnant un sens au temps maudits.., ils ne se voûtent plus que pour apprendre. ( En face de ces lignes, des hommes sont penchés sur des livres).

Il m' avait dit nous ferons des maisons. L' Homme refuse sa taille pour affirmer son altitude. (En face, un bâtiment en construction).

Il sait se mettre à la hauteur de son sourire éternellement posé sur la chose bien faite.Dans son sourire satisfait, il prend ses distances et sa vraie liberté. (En face, un menuisier).

Ils sont tous mes fils. Ils se saluent, ils se réjouissent, ils se reconnaissent, ils se connaissent, ils s' acclament. Ils me représentent.

Je sais pourquoi ils sont partis. Je sais comment ils reviendront.

Dans les bureaux de poste de GENNEVILLIERS, de NANTERRE ou d' ailleurs, chaque fois qu' ils envoient un mandat à la maison, ils renouvellent leurs lettres de créance. Ils ont franchi la misère.

Et leurs mains levées ont la majesté de l' audace.

Bientôt, ils vous étonneront encore les enfants d' Algérie. C' est avec des pavés qu' ils jouent à la marelle.( En face des enfants jouent).

Il ne sait pas la haine, il apprivoise son pardon.

ALGER mon gros souci, ALGER rebaptise sa destinée.

ALGER mon gros village. Square PORT-SAÏD O ma rue des Arabes.-En fase, deux hommes attablés devant un café).
(Sur une grande banderole tendue entre deux poteaux, cette phrase en arabe et en français en lettres majuscules: "JE SAIS LIRE, JE SAIS ECRIRE, JE PEUX ÊTRE ALPHABETISATEUR).

Rien n' est plus difficile que de signer son nom.

S' il fallait ma croyance, alors je croirais en toi. ( En face, un homme écrit, un autre a cessé d' écrire et a les yeux levés au ciel).

La Revanche de l' Autre. En face, une jeune fille, bras croisés sur un cahier d' écolier).

La revanche de l' autre a le goût de la Vie. Le soleil est venu dans la magie de son évidence.

Il n' y a plus d' orphelins dans mon jardin. (En face, un groupe de fillettes).
Ce sourire est le résultat des fleurs. ( En face, le sourire éclatant d' une jeune fille).

Premier Novembre. Il était un jour qu' on appela PREMIER NOVEMBRE.

Vous avez le droit de dire au monde, cet enfant enfanté par votre longue patience. (En face, un groupe de femmes votent).

Des mots qui font de la mitraille.

Des mots qui font de la musique.

Et puis mon coeur au Caire. Et mon coeur à Cuba.

Le vent levé de la Casbah soufflant dessus la terre devient symphonie vers Addis-Abéba.

Mon fils n' est pas mort.

Il est entré dans l' Histoire et la légende qui ne ressemblait pas aux autres jours, un jour qu 'on appela PREMIER NOVEMBRE.

Le matricule Premier Novembre a préparé ton rêve.

Paix sur la terre aux blés de bonnes volonté. (En face, une meule de blé).


LE COMBAT ALGERIEN

Posté le 06.05.2008 par georgeslondiche
Alors vint une grande saison de l'Histoire
Portant dans ses flancs une cargaison d'enfants indomptés
qui parlèrent un nouveau langage
et le tonnerre d'une fureur sacrée
On ne nous trahira plus,
on ne nous mentira plus,
on ne nous fera pas prendre des vessies peintes
de bleu,de blanc et de rouge
pour les lanternes de la Liberté :
Nous voulons habiter notre nom
vivre ou mourir sur notre terre mère.
Nous ne voulons pas d'une patrie marâtre
et des riches reliefs de ses festins.
Nous voulons la patrie de nos Pères
la langue de nos Pères
la mélodie de nos songes et de nos chants
sur nos berceaux et sur nos tombes.
Nous ne voulons plus errer en exil
dans le présen,sans mémoire et sans avenir
Ici et maintenant
nous voulons
libres à jamais sous le soleil,dans le vent
la pluie ou la neige,
notre patrie:l'ALGERIE.

Jean El Mouhouv AMROUCHE,
née le 7 février 1906 à IGHIL ALI (Petite Kabylie), décédé le 16 avril 1962



LE SERMENT D' UN DIRIGEANT DU PARTI COMMUNISTE ALGERIEN

Posté le 05.05.2008 par georgeslondiche
SERMENT
Je jure sur la raison de ma fille attachée
hurla,nt au passage des avions
Je jure sur la patience de ma mère
Dans l' attente de son enfant perdu dans l' exode
Je jure sur la bonté d Ali Boumendjel
Et le front large de Maurice Audin
Mes frères mes espoirs brisés en plein élan
Je jure sur les rêves généreux de ben M' Hidi et d' Inal
Je jure sur le silence de mers villages surpris
Ensevelis à l' aube sans larmes sans prières
Je jure sur les horizons élargis de mes rivages
A mesure que la plaie s' approfondit hérissée de lames
Je jure sur la sagesse des moudjahidines maître de la nuit
Je jure sur la certitude du jour happé par
la nuit transfigurée par l' aurore,je jure sur les vagues déchaînées de mes tourments
Je jure sur la colère qui ,embellit nos femmes
Je jure sur la haine et la foi qui entretiennent la flamme
Que nous n' avons pas de haine contre le peuple français.

Bachir HADJ ALI
ALGER le 15 décembre 1960.

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