CELEBRATION DU 50EME ANNIVERSAIRE
DU DECLENCHEMENT DE LA
REVOLUTION DU 1er NOVEMBRE 1954
DISCOURS
(Alger, dimanche 31octobre 2004)
Mes frères, mes sœurs
Mesdames, messieurs
Un cycle glorieux de la marche de notre peuple vient de s'accomplir, augurant de la fin d'une ère obscure et l'avènement d'une épopée de gloire et de dignité, au terme d'un rude parcours dont il est difficile d'estimer l'endurance et durant lequel notre nation a subi toutes les formes d'oppression inhumaine, d'exploitation physique, d'injustice politique et sociale et d 'aliénation culturelle et spirituelle. Elle fera face à toutes ces injustices avec toute la force spirituelle et culturelle dont Dieu Le Tout Puissant l'a dotée, mais aussi avec ce courage hérité de génération en génération.
Dans un moment devenu immortel, le peuple a su tirer la force de la faiblesse pour transformer la soumission en insurrection. Cette détermination qui l'animait enfantera la révolte sur le mouvement de l'histoire. Et la volonté génératrice de force d'exploser comme une tumultueuse tempête.
Pour certains ,une telle entreprise relevait du miracle, mais la volonté et la force de défi exceptionnelles qui ont fait Novembre ,ont donné raison à notre peuple qui a jalonné le cours de l'histoire de notre nation de victoires hautement méritées et qui sont restées gravées dans la mémoire universelle devenant des légendes fabuleuses mais souvent douloureuses marquant le passage d'un envahisseur, tombé désormais dans l'oubli.
Nous revivons, aujourd'hui, l' évènement déterminant. Du plus profond du subconscient s'éleva la voix d'une nation, annonçant la fin d'une ère ténébreuse. Une voix s'est en effet élevée décriant l'injustice, l'oppression, la guerre, l'humiliation, l'occupation et le sous développement et augurant d'une ère d'équité, de paix, de dignité, de liberté et de progrès. Novembre 1954 fut le tournant décisif dans un processus d'incertitude et l'amorce d'une ère inédite dans l'histoire. Tous les maquis de l'Algérie ont alors ouvert les bras et accueilli en leur sein la révolution et les révolutionnaires. Ainsi s'entrelacèrent dans une parfaite symbiose le silence impénétrable de la nature et le cri révolté d'un peuple. Et le rideau de tomber. Commença alors un nouvel acte, un acte qui révèle toute la détermination d'un peuple mais aussi toute l'horreur d'une lutte. Une épopée qui a forcé, pendant les sept années et plus qu'elle aura duré, le respect des citoyens du monde entier au grand dam des colonisateurs qui ont redoublé de férocité atteignant un degré jamais égalé en un siècle et quart d'occupation.
Ils ont brûlé la terre mais les roches ont conservé la mémoire de la verdure et du ruissellement des rivières. Ils ont exterminé la faune mais celle-ci est restée vive. Sur les corps d'hommes, ils ont érigé les camps de concentration et les geôles. Sous leur règne, pleuvaient le napalm et les bombes. Leurs chars vomissaient la mort. La haine des dirigeants et gouverneurs de l'Etat colonial était plus grande que les frontières du pays le long desquelles ils ont dressé des barbelés et qu'ils ont pavés de mines, de lignes électriques, de projecteurs et d'appareils de télédétection. Et chanceux , a été Celui qui n'a pas eu à connaître l'éclat d'une bombe ou d'une mine, ou à périr d'une balle ou d'un obus.
Ce fut pour nous des années de lumière. Et des années noires, pour l'ennemi qui a tant profité des richesses de notre pays durant cent trente deux années.
Mesdames et Messieurs,
Toute la rhétorique de la langue et l'éloquence des rhéteurs sont incapables de décrire les yeux de ce nourrisson dont les lèvres ont séché contre la poitrine de sa mère inerte, dont la vie lui a été arrachée par les avions meurtriers, alors qu'elle fuyait la campagne d'extermination au pied de l'une de nos montagnes.
Toute l'éloquence et la description précise ne peuvent dire tout le sang qui a coulé, les âmes qui ont péri, les biens qui ont été détruits, les injustices qui ont été commises et le temps précieux qui a été usurpé de la vie de notre nation à cause de l'occupation.
S'il existe pour les nations et les peuples, un jour glorieux résumant l'histoire de leurs victoires, le 1er Novembre est le grand jour de l'Algérie. Ce serait pour nous un tel bonheur que de le baptiser jour de l'Algérie, car il restera gravé à jamais dans la mémoire des algériennes et des algériens, leur rappelant leur triomphe sur l'injustice et le mépris colonialiste, grâce à leur attachement aux valeurs éternelles dans leur détermination à arracher leur liberté, recouvrer leur souveraineté et leur terre, disposer de leur destin et affranchir la volonté populaire de la soumission dans laquelle elle était enfermée. Et c'est là un grand privilège qui n'a pas profité aux générations précédentes.
Le 1er Novembre que nous célébrons aujourd'hui, ne cessera jamais d'être vivant dans les mémoires, et ne sera en aucun cas un simple souvenir du passé à l'instar des autres jours glorieux. Il n'a rien perdu de son éclat. Au contraire, il se concrétise de plus en plus dans des réalités inaliénables et des contextes clairs, renforçant le capital historique de notre peuple qu'il a concrétisé en consentant de lourds sacrifices, grâce auxquels il a recouvré sa liberté, sa fierté et sa dignité, en mettant un terme à un siècle entier bâti par les forces du colonialisme traditionnel sur la spoliation des terres, l'extermination des habitants, la déportation des véritables propriétaires des terres et leur supplantation par des colons étrangers. Sans parler de leurs desseins visant à dépouiller l'identité nationale des ses constantes, et priver les enfants de cette nation de leurs droits d'acquérir la science et le savoir et de jouir de leurs droits civiques et politiques. Ce fut des desseins fondés sur la déficience mentale et la vision étroite des colonisateurs envers les autres cultures, peuples et races.
Le colonisateur a cru qu'il était en mesure d'effacer l'identité des nations, sur lesquelles il avait une mainmise, pour qu'il lui soit aisé d'imposer sa volonté, sa culture et son projet social, et dès lors les dévier de leur parcours historique, et ce à travers de faux prétextes en contradiction avec la réalité et que la vérité a attribués aux nombreuses erreurs. Civiliser le peuple, répandre la culture de la lumière et la démocratie libérale, l'instauration de la paix sont, entre autres, des concepts utilisés comme prétextes pour justifier des desseins cachés du colonisateur.
La résistance de notre peuple face au colonialisme français au cours du 19ème et 20ème siècles a été marquée, en dépit des divergences entre les deux parties, par une forte détermination, l'absence de trêve dans les questions décisives et la rapidité dans la riposte.
Sa réaction fut ainsi violente et révolutionnaire face aux forces d'occupation et il s'organisa en résistance dont l'apogée en précision, globalité et modernité fut atteint avec "l'Emir Abd El Kader" qui a mené l'Etat national à l'ère moderne dans sa structuration, son régime, sa législation et le fonctionnement de ses rouages en dépit des conditions exceptionnelles résultant de l'affrontement d'un ennemi le plus fort sur tous les plans.
La flamme de la résistance resta vivace dans le cœur des algériens à travers toute la Patrie, de "l'Emir Abd El Kader" à l'Ouest, à "Mokamed El-kablouti" à l'extrême est, et de Cheikh "Amoud" à l'extrême sud, à "Fatma N'soumer" et les gens de "Ferdjioua" à l'extrême nord en passant par des dizaines de soulèvements et de révolutions.
Cette résistance persista sous diverses formes à travers les courants et les partis politiques, de toutes les obédiences. Elle encadra des catégories de la société algérienne colonisée selon leurs convictions, entre réformatrices, électoralistes ou radicalistes.
C'est ainsi jusqu'au jour où Dieu gratifia ce pays du courant du mouvement national dont la vision d'avenir s'est révélée judicieuse et les positions en harmonie avec les revendications et les aspirations du peuple. Le processus de l'histoire entama alors une gestation difficile qui a permis à l'Algérie de voir son soleil se lever le jour du déclenchement de la guerre de libération dont nous fêtons aujourd'hui le cinquantenaire.
Ce long parcours a été un chemin semé d'embûches tout au long duquel le peule algérien a subi toutes sortes de répression et de despotisme pour sa détermination à affirmer sa personnalité nationale, son attachement aux constantes de son identité, dans toutes ses dimensions, et son refus de toute servilité. Il a payé, au prix de son sang et de lourdes sacrifices, son aspiration à la culture de l'ère et aux idéaux de liberté et de justice ce qui lui a permis d'allier entre l'authenticité et la modernité dans sa guerre de révolution.
Le déclenchement de la révolution sur fond de nombreux signes précurseurs a été une sorte de nouvelle induction de l'histoire nationale et une conciliation entre l'extraordinaire volonté collective de la nation et l'impératif d'une vie libre et digne.
Ce fut alors une authentique révolution populaire qui a exercé la dialectique de l'acte et de la parole à travers le développement du possible en adéquation avec la réalité et les potentialités de la nation. Elle a dépassé, par cet élan, le concept de guerre, au sens d'acte violent et de riposte, à celui d'une révolution globale qui réconcilie l'homme avec ses dimensions matérielles, humaines et culturelles, rendant ainsi difficile à l'occupant la compréhension et l'affrontement de cette nouvelle "Force".
L'éclat de la révolution et l'écho de ses réalisations a retenti à travers le monde entier suscitant ainsi la sympathie de beaucoup de peuples et de pays. Elle s'est transformée au fil du temps en projet de libération humaine et de délivrance du joug de l'occupation et de la répression dans le monde.
Notre célébration de cette journée constitue, sans prétention aucune, un point de confluence entre deux générations, celle de la révolution et celle de l'indépendance, et entre deux grandes stations dans la détermination de l'avenir de notre nation, l'une basée sur l'action de libération à travers les révolutions armées et le militantisme politique et l'autre est celle de l'édification de l'Etat national moderne avec ses choix connus au plan socio-économique, spirituel et politique. Des stations liées, organiquement et dialectiquement, comme vous le savez, aux options de la conjoncture et exigences du pays à surmonter le système de vie publique empreint de la cadence d'un colonialisme haineux de plus d'un siècle. Un système qui a engendré une situation sociale désastreuse et des pratiques culturelles qui nous sont étrangères et des ruptures intellectuelles et cognitives contradictoires. L'issue était tributaire du lancement d'un développement intégré et la consécration d'une harmonie spirituelle et culturelle confortant le projet d'une société unifiée dans ses orientations vers le progrès et la civilité.
Notre société, ne pouvant admettre l'inertie et la soumission et animée par cette volonté de changement et de renouveau, a toujours su être consciente du mouvement de l'Histoire et de la nécessité de surmonter sa réalité.
C'est ainsi qu'elle a choisi la voie de la démocratie et du pluralisme politique, en assumant, pour ce faire, les exigences du changement souvent accompagnés de violence et d'affrontements.
Notre société avec toutes ses composantes, s'est mobilisée pour faire face aux multiples fléaux, découlant des phases précédentes. Ces fléaux ont pris autant d'ampleur qu'ils donnent l'impression d'être chroniques, ancrés dans les mentalités et les esprits.
L'un de ces fléaux les plus dangereux est le terrorisme destructeur, ce terrorisme qui a usurpé injustement l'Islam en ciblant tout ce qui a trait au civisme et à la civilisation. Il a tué des innocents et plongé des familles entières dans la terreur et la tristesse. Il a détruit le tissu social, déchiré les liens de la cohésion populaire, effrayé les habitants de nombreux villages et n'a cessé de porter atteinte au patrimoine national commun de toutes les algériennes et de tous les algériens.
Aujourd'hui, ce dangereux fléau a pris de l'ampleur pour devenir le drame du siècle, menaçant paix et sécurité internationales. Nous nous trouvons tous ainsi devant la responsabilité de combattre ce fléau par tous les moyens, sans relâche ni hésitation.
C'est, en effet, un devoir national et humain par lequel nous visons à éradiquer le crime et à mettre fin au cycle de la terreur et de la destruction des infrastructures économiques, des obstacles entravant le développement national et s'opposant à l'esprit de réconciliation globale, et d'une manière dangereuse, toutes nos démarches visant à réunir les algériens, tous les algériens sans exclusive, sous la concorde, la réconciliation, l'entraide, l'action productive et l'anéantissement de la discorde et de l'animosité.
Tout ce qui peut porter atteinte à la nation, nous nuit, comme nous affecte en profondeur tout ce qui ternit l'image de l'Islam. Toute confrontation entre religions, civilisations et cultures engendre, nécessairement, multiples situations qui seraient presque des guerres civiles n'épargnant aucune partie de notre planète.
Notre lutte contre le terrorisme dans notre pays et notre soutien aux positions internationales visant à éradiquer le terrorisme, sont une position de principe à laquelle nous ne renoncerons jamais car nous ne pouvons reporter les questions d'aujourd'hui pour demain ni anticiper aujourd'hui celles de demain, toute étape de l'histoire a ses propres problèmes et solutions.
Il m'est particulièrement agréable en ce jour glorieux de rendre hommage au bouclier de la nation, en l'occurrence l'Armée Nationale Populaire, qui, courageuse et déterminée, a su faire face au terrorisme barbare et défendu, aux cotés de tous les hommes sincères du pays, l'unité nationale et l'intégrité territoriale.
Cette même armée s'attèle, aujourd'hui, à renforcer ses compétences pour accomplir sa mission qui consiste à défendre la patrie, en modernisant ses mécanismes de gestion, en développant ses moyens et ses domaines d'encadrement et en introduisant les sciences et technologies modernes à travers la modernisation de ses systèmes de défense aux plans régional et international en adéquation avec l'évolution du concept de la sécurité internationale tout en jetant les bases d'une paix juste dans un contexte marqué par la chute de la bipolarité et la nécessité de la participation de tous dans la sécurisation de l'avenir de l'humanité et la garantie de ses intérêts.
Notre Armée Nationale Populaire s'est lancée, aujourd'hui, sur la voie du professionnalisme qui lui permettra assurément de s'adapter aux mutations nouvelles et de répondre aux exigences de la modernité, et par là, aux attentes de notre peuple et son ambition de voir cette institution stratégique accomplir son rôle avant-gardiste avec toute la compétence et le dévouement requis au service des intérêts suprêmes de la nation , préserver le régime républicain de l'Etat et assumer les missions qui lui sont conférées en vertu de la constitution en toute responsabilité, abnégation et clarté.
La transparence politique et dans la gestion de la conjoncture à travers les mesures décidées dans de nombreux secteurs, les mécanismes politiques adoptés aux plans interne et externe et à travers les nombreuses mesures de réformes, y compris celles pour lesquelles le peuple a été consulté, comme la concorde civile, traduisent l'aspiration du citoyen algérien à une vie digne. Elles expriment également son attachement à la paix civile, à la sécurité et à la réconciliation nationale, comme choix stratégiques. Le peuple a fait montre d'un niveau de conscience élevé qui a dépassé, dans nombre de situations, les visions des politiques et approches fallacieuses dominées par la logique de l'improvisation et de suggestion.
Le citoyen algérien a opté pour les réformes et décidé de prendre sa destinée en main en choisissant la voie de la démocratie. Il s'est révélé à maintes occasions et échéances, d'une ambition illimitée et d'une infinie aspiration à concrétiser, chaque fois, davantage de réalisations.
Nous avons la ferme conviction que le peuple algérien est conscient que la réalisation de ces objectifs exige un rude labeur qui en appelle aux efforts de tous. Les bonnes volontés doivent s'entraider. Tout un chacun doit s'armer de patience et faire preuve de sincérité et de persévérance. Plusieurs mentalités doivent en effet se débarrasser du laxisme, se libérer de l'esprit d'assistanat et adopter la transparence.
La conjoncture est fort sensible compte tenu des défis qui se posent à nous à tous les niveaux. Aussi, les enjeux de la bataille du développement durable, du progrès et de notre présence sur la scène internationale doivent-ils être à la mesure de nos ambitions de même qu'ils doivent nous permettre de relever ces défis.
La concorde civile a été, en toute franchise, le point de départ vers une réconciliation plus globale, une réconciliation à même de créer, de nouveau, le climat d'une réconciliation avec soi même, avec son environnement et son histoire. Il s'agit de permettre à l'algérien de surmonter ses frustrations et son désespoir, de dépasser la confrontation meurtrière et la division pour vivre au sein d'une société où règnent l'entraide, la paix civile, la sécurité et la liberté politique et intellectuelle. Le but étant d'amorcer, avec confiance, le développement économique et l'édification civilisationelle.
La réconciliation c'est assurer des conditions d'une vie décente en palliant les difficultés et en analysant les concepts et idées dont certains ont obnubilé les esprits. Il s'agit aussi d'instaurer le dialogue comme base de toute entente et comme solution à toutes les questions décisives et de permettre aux cadres légaux, d’œuvrer, dans la transparence et en toute responsabilité, à dégager les véritables compétences capables d'offrir des alternatives et des programmes qui enrichissent l'exercice démocratique et développent des projets modernes susceptibles d'avoir un impact positif sur la vie sociale et politique de la nation.
Il serait donc vain de prétendre gagner un quelconque privilège en cette époque, en cette conjoncture de mutations, sans engager une profonde méditation à travers laquelle l'être se réconcilie avec soi, et sans libérer les mentalités.
Nous ne saurions réussir économiquement, dans notre développement par exemple, dussions nous faire appel aux plus grands analystes et techniciens du monde, dussions nous acquérir les expertises et les programmes les plus sophistiqués du monde, tant que les mentalités restent sclérosées et tant que ne prend pas forme, la disponibilité à aller de l'avant, à assimiler les concepts et à accepter les réalités et les vérités. Nous ne saurions réussir tant que persistent les complexes, que les tabous ne sont pas brisés et que n'est pas concrétisée la réconciliation totale avec soi pour revenir au sérieux par le travail générateur de richesses et la maîtrise de la production et de la productivité.
La progression vers la mondialisation , les grands ensembles et l'intégration est, vous le savez, tel un courant qui risque de nous entraîner si nous n' appréhendons pas ses causes avec sérieux et conscience. La sagesse n'est pas de braver la tempête mais de savoir l'éviter avec clairvoyance et responsabilité, sans excès ni défaillance. La sagesse c'est de ne pas compter uniquement sur les recettes des hydrocarbures, de ne pas compter sur autrui, et de ne pas céder à la paresse, ni au trafic de stupéfiants. C'est aussi de ne pas recourir au marché parallèle, ni à la fraude, ni à l'anarchie, ni à la négligence ni à l'abus de pouvoir.
La sagesse, n'est guère de faire du chantage à l'Etat, une doctrine, des lamentations une arme, de la hogra un acte de bravoure et de la corruption un gagne pain. Dieu accorde Ses bienfaits à tous les hommes pour peu que ceux-ci se débarrassent de leurs méfaits.
Notre peuple a certes su, par sa sagesse, appréhender l'évolution des temps et la nécessité de la conjoncture sans se laisser entraîner ni influencer par quiconque pour engager des réformes dans le sens de l'ouverture, du pluralisme politique, de la libération du marché et des mesures qui lui permettent de s'adapter aux exigences de l'intégration dans le contexte mondial actuel mais, il est plus que jamais appelé à approfondir sa conception des mécanismes de reforme et de progrès afin de défendre ses intérêts dans le jeu des grandes controverses que de nombreuses organisations stratégiques veulent mettre à leur avantage en déséquilibrant les rapports de force.
La conciliation entre la politique de mise en place des fondements de la stabilité à travers la réconciliation, inspirée du quotidien, et la dynamisation des mécanismes d'une relance économique, avec la réforme, nécessaire, des structures, des cadres et des systèmes, en ce qu'elle implique comme efforts et persévérance, et la politique de redéploiement sur la scène internationale et la défense de cet objectif par une présence forte et convaincante, dans l'attachement aux principes fondamentaux pour la défense de nos intérêts et ceux de nos partenaires, s'inscrit dans notre démarche visant à réaliser davantage d'acquis. Ceci pour accéder au rang de partenaire à part entière à travers la participation aux grands ensembles économiques, politiques et stratégiques et à travers l'efficacité, que le peuple confère aux mécanismes d'action socio-économique, dans ses échanges avec les autres partenaires.
Le partenariat que nous voulons dépassé le cadre de l'import-export des marchandises et services, nous voulons un partenariat intellectuel, civilisationnel et sécuritaire, un partenariat économique et de développement dans lequel nous défendons nos intérêts et préservons les intérêts des autres. Un processus qui nous permet d'apprendre des nations avancées les mécanismes et méthodes d'évolution, d'établir avec elles le dialogue et tirer profit des expériences et de tout ce qui est susceptible de servir le développement auquel nous aspirons. Nous avons besoin d'un élan courageux sur la voie du changement positif, un changement réfléchi et serein loin des improvisations et crises destructrices. Nous avons souffert des improvisations, d'effusion de sang, de dilapidation de capitaux et de perte de temps.
Notre pays dispose des fondements essentiels à même de nous permettre de mener nos projets à terme sans optimisme exagéré ni surenchère.
Notre pays a réalisé, durant les dernières années, une croissance économique considérable, conclu des projets de partenariat et oeuvré activement à l'adhésion aux grands systèmes économiques.
L'encouragement de l'agriculture, l'optimisation de la balance des paiements, l'allégement du fardeau de la dette, la lutte contre la corruption et le monopole bureaucratique, la sécurisation de la venue des opérateurs et investisseurs étrangers sont autant de réformes à parachever avec sérénité et détermination. Ceci pour améliorer le vécu du citoyen aussi bien dans les zones rurales que les villes, éliminer les disparités sociales et régionales, maîtriser la problématique du chômage, développer les infrastructures nécessaires, améliorer les prestations publiques, réaliser les projets d'investissement et ouvrir la voie à l'investissement du capital national et étranger sur des bases solides et claires, consacrées par les lois et soutenues par les mécanismes de travail.
A cela s'ajoute la nécessité de répondre aux aspirations de la société en matière d'autres reformes telles la promotion de la famille et la reconsidération de la réalité et du devenir de la femme dans notre pays au sens de lui permettre de jouer son rôle en tant que partie incontournable dans le développement du pays et la promotion de la société. Il est inconcevable que la femme évolue alors que la législation la concernant reste figée.
Il convient également d'accorder un intérêt particulier à la jeunesse, prendre en charge sa formation, garantir ses besoins, lui assurer une éducation spirituelle, intellectuelle et scientifique pour l'aider à affronter les défis de l'avenir.
Il est impératif en outre d'allier les aspirations des jeunes à acquérir les nouvelles techniques et les expériences modernes et l'évolution et la prospérité harmonieuse de la nation en conciliant entre la modernité et l'attachement aux valeurs de l'authenticité.
Une plus grande importance doit être accordée à notre communauté à l'étranger, nombreuse dans son exil et longtemps négligée des deux rives de la méditerranée.
Nos communautés demeurent cependant concernées par les problèmes du pays mais ne contribuent pas à son développement et son évolution notamment les hautes compétences dans les technologie de pointe et les connaissances modernes et auxquelles nous oeuvrons à préparer le terrain à travers la construction d'infrastructures correspondant à leurs spécialités en espérant les voir revenir dans leur pays.
Aussi oeuvrons-nous activement à promouvoir la culture de la réconciliation nationale, consolider la démocratie, consacrer l'action politique et médiatique afin d'éviter qu'elle ne dévie de sa trajectoire, comme cela s'est souvent produit pour qu'elle soit en adéquation avec les exigences de l'heure et en conformité avec l'intérêt suprême du pays et à élargir le champ des libertés à tous en tant qu'acquis national que tout un chacun défend chaque fois qu'il se trouve menacé.
Le nationalisme, la démocratie, et les constantes nationales se sont pas l'apanage d'un individu, d'une catégorie, d'un groupe ou d'un parti mais la propriété de tous, le manquement à l'un de ces éléments est un manquement au tout, sans exclusive. Nous sommes à l'ère de la citoyenneté ou l'allégeance est à la nation et non à l'individu, où l'individu trouve son intérêt dans celui de l'Etat moderne . Cette allégeance est définie par des obligations et devoirs et imposé par la coexistence au sein des sociétés civiles qui dépassent dans leur contrat social les concepts et comportements de clan, de tribu, de groupe ou faction pour aboutir à l'Etat moderne où règne une bonne gouvernance au sens propre du terme.
L'organisation de la maison patrie, la généralisation de la réconciliation, la relance du développement nous autorisent à un dialogue plus profond et plus bénéfique avec les Etats et civilisations et nous permet davantage de jouer notre rôle sur les plans régional et international et de faire régner dans l'ensemble du pays et à travers l'ensemble de la région, une stabilité, une entente, une coopération et une coexistence pacifique fructueuse.
Le changement auquel nous aspirons est un changement dans la stabilité qui sera opéré dans la transparence et la clarté qui viseront à l'aboutissement des choix les plus avantageux loin de toutes considérations conjoncturelles et marginales, ce qui nécessite le soutien de l'ensemble de la nation et sa compréhension du danger et de la sensibilité de la question.
Il s'agit de dépasser les besoins matériels indispensables à une évolution dans les mentalités de la nation, fondée sur une réforme globale, une réforme émanant de convictions personnelles et d'une analyse profonde de la citoyenneté dans ses dimensions spatio-temporelles et d'une estimation globale des mutations survenues dans le monde que nous devons appréhender avec une responsabilité historique, une volonté collective et une conscience civilisationnelle.
Honorables frères
Honorables sœurs,
Un simple regard entre hier et aujourd'hui nous démontre l'impact de l'action interne sur l'extérieur. En effet lorsque le citoyen algérien ne pouvait sortir de chez lui et parcourir les quatre coins du pays, personne de l'étranger ne venait lui rendre visite pour quelque raison que ce soit, aujourd’hui alors que l'algérien peut le faire sans aucune crainte, les visiteurs affluent de toute part et son pays est devenu le lieu de tenue de plusieurs congrès, rencontres et conférences et la destination de la plupart des Présidents, délégations et personnalités. L'action à l'étranger n'est pas seulement le prolongement de l'action interne, si nous voulons des intérêts mutuels et des relations égales ainsi qu'un dialogue positif avec l'autre nous nous devons d'être à l'intérieur à la hauteur des attentes des autres, sachant que nul ne porte le même regard que celui que nous portons sur nous même. C'est pourquoi aspirer à satisfaire les autres et à obtenir leur appui, n'est pas chose aisée. Ainsi nous avons fait du rétablissement du prestige de l'Algérie l'une de nos priorités dans le programme électoral de 1999.
Nous lui avons accordé une importance capitale qui a permis à l'Algérie de recouvrer la place qui lui revient de par son Histoire et sa glorieuse révolution, et de reprendre son rôle international, d'honorer ses engagements et de rester fidèle à ses principes en adéquation avec ses convictions et les décisions internationales relatives à la défense du droit des peuples à la vie, à l'autodétermination en toute liberté et à la dignité.
Si mon pays est à l'avant garde de ceux qui revendiquent un nouvel ordre économique mondial à même d'instaurer l'équilibre entre les peuples du nord et du sud, de l'Est et l'Ouest et de garantir la stabilité et la paix mondiales ainsi que le progrès et la prospérité pour tous, ce fut là un premier pas pour humaniser et rendre juste une mondialisation à laquelle nous aspirons tous.
Notre pays n'a eu de cesse d’œuvrer avec sérieux et persévérance à travers notre espace méditerranéen et notre appartenance africaine et arabe , à tisser les liens d'amitié, à consolider les relations de fraternité, à trouver les solutions aux problèmes qui paraissaient difficiles et à penser les meilleurs moyens de régler les conflits qui ont souvent mis à mal la paix et la sécurité dans notre continent africain. Il a également oeuvré à la construction de relations stratégiques dans ce continent avec les pays importants à commencer par la concrétisation de l'action et de la coopération commune entre ses pays à travers le "NEPAD" qui ouvre son espace à tous les pays africains comme cadre permettant la mise en place d'une stratégie globale d'acquisition des technologies modernes et des moyens de civilisation et du savoir pour être en adéquation avec les mutations internationales et réaliser un avenir d'où seront bannis le sous-développement, l'insécurité, les fléaux, la sécheresse, les conflits ethniques, les différends frontaliers etc.
C'est cette démarche que nous poursuivons pour la construction d'un Maghreb arabe uni basé sur la stabilité, la coopération commune et le respect mutuel, conformément aux exigences de l'heure et en coordination avec les aspirations des peuples de la région, loin de la politique de la haine et du fait accompli.
Le peuple sahraoui qui a souffert, pendant des années, des affres de l'occupation, subissant l'injustice et l'errance a le droit de vivre comme ses frères dans la sécurité et la paix, décidant de son sort et optant, en toute liberté et souveraineté, pour son devenir, tout comme il a le droit de construire sa société dans la cohésion et la complémentarité sous la forme qu'il souhaite avec les pays de la région dans laquelle tous s'accorderont sur la nécessité de l'entente et de la coopération au sein de l'union du Maghreb arabe.
L'Algérie a, de tout temps, soutenu les causes justes dans le monde et appuyé le règlement des conflits par le dialogue pacifique et positif notamment ceux qui continuent de tourmenter la conscience universelle comme la cause palestinienne- puisse Dieu accorder un prompt rétablissement au Président Yasser Arafat pour demeurer ce symbole du peuple palestinien frère- dont le peuple subit chaque jour les actes barbares et les crimes abjects commis par le pouvoir israélien qui a fait fi des résolutions de la légalité internationale et poursuivi ses exactions en toute impunité empêchant le peuple palestinien de recouvrer ses droits légitimes à l'indépendance, à la souveraineté et l'autodétermination, le retour des réfugiés, l'édification d'un état indépendant et à la fin de l'occupation dans tous les pays de la région.
Il est regrettable qu'au moment où les pays du monde recherchent les voies les plus rapides et les plus faciles de développer leurs pays et de construire leur avenir pour réaliser la prospérité et le progrès, les peuples de notre région au Machrek et au Maghreb souffrent de l'invasion directe et de l'occupation de leur territoire sous des prétextes fallacieux que nulle loi ne reconnaît et que la conscience humaine rejette.
Nous insistons sur le respect de la volonté du peuple irakien d'organiser des élections démocratiques pluralistes sous l'égide des nations-unies pour mettre fin à l'occupation et à l'effusion de sang, préparer le retour à la stabilité et la paix dans toute la région et édifier un état irakien frère afin qu'il puisse retrouver sa place dans la nation arabe, souverain dans ses décisions et libre de ses choix.
Mesdames et Messieurs,
Ces cinquante années déjà passées ne devraient par nous faire oublier ces pionniers qui, fidèles à leur serment, se sont sacrifiés pour la liberté de l'Algérie et son indépendance. Dieu les a honorés par le "martyre" et la vie éternelle. Et ce jour mémorable que l'Algérie célèbre aujourd'hui est une occasion d'honorer les promesses faites aux chouhadas.
Inclinons-nous à leur mémoire et prions avec ferveur pour eux tout en les saluant et en leur exprimant notre gratitude et reconnaissance. Il n'est meilleure manifestation de cette reconnaissance que notre amour pour notre patrie pour laquelle ils se sont sacrifiés et d’œuvrer pour son développement, faire entendre sa voix et hisser haut son emblème. De là haut, ils entendent, à leur grand bonheur, son battement.
Il m'est particulièrement agréable, en ce jour historique, d'exprimer mes salutations les plus distinguées à mes sœurs et frères moudjahidine, compagnons de parcours, qui ont fait de cette journée, par leurs actions héroïques et sacrifices, une journée mémorable et ont eu la chance d'assister à son cinquantième anniversaire. Je prie Dieu Le Tout Puissant de leur accorder santé, bonheur et longue vie.
Je tiens par la même occasion à exprimer, à notre peuple à travers tout le pays et à notre communauté à l'étranger, mes meilleurs vœux de bonheur et de prospérité.
Gloire à nos martyrs.