Le 8 Mai 1945
Les événements du 8 Mai 1945 à Fedjmzala
Le Mercredi 9 Mai , au début de l'aprés midi on voyait des groupements s'approcher par la plaine du Ferdjioua du centre de Fedjm'zala .
Ces groupes se rejoignaient au pont situé à 800 mètres du village sur l'Oued Bousselah .
Des émissaires, envoyés du chef lieu de la commune, revenaient avec cette réponse :
>
Et l'on annonçait l'attaque pour la nuit .
En présence de la carence de l'administrateur en chef son adjoint M . l'administrateur Eschenbernner et M . Charles Vallet
juge de paix suppléant avisait des mesures à prendre. Il alerte la gendarmerie de Redjas à 19 kilomètres et obtient l'envoi de deux gendarmes .
Puis il part à Lucet , centre voisin, accompagner sa femme dans sa famille , prévient les colons de ce village qui s'organisent et revient à son poste. La nuit tombait, il fallu trois démarches auprés du chef de la commune pour obtenir l'entrée de la population française d'origine dans le Bordj administratif
M . Eschenbrenner pris le commandement de la défense du Bordj le juge apprend que Marchetti Receveur des postes ayant accompagné ses quatre enfants et leur mére au Bordj est revenu à son bureau . Le juge propose au gendarme Bechouche d'origine indigéne de venir avec lui à la poste ,le gendarme accepte aussitôt .
Les deux hommes trouvent M . Marchetti à son bureau il avait pris des précautions avait bloqué la porte du public avec une table branlante , fermé les fenétres bareaudées .
L'attaque de la poste et du bordj
Le 9 Mai 1945 trés calme le receveur parle avec Constantine.Il demande du secours la poste est cernée ainsi que le Bordj .
On entend des coups de feu . Ils sont tirés d'abord contre le réduit défensif , puis à bout portant, deux balles atteignent la grande fenêtres du bureau de poste l'action est engagée . On entend des bruits de pas précipités ....ils s'éloignent puis reviennent .
Le Bordj dit qu'il est entouré qu'on a tiré mais que les défenseurs se sont abstenus de riposter à dix heures et demie le général de division téléphone de Constantine M le Général Duval annonce que les troupes ne pourront arriver que demain.
Il ajoute .
Vers minuit les carreaux de l'imposte de la salle du public volent en éclats , puis des blocs sont jetés sur la porte qui résiste mais brusquement elle s'enflamme et brûle comme une torche : de l'extérieur, il est arrosé d'essence par un certain El Baz.
La nuit s'ouvre béante puis c'est l'illumination à travers l'embrasure d'un bidon américain plein d'essence qui a pris feu sur la terrasse d'entrée et qui éclaire tout, y compris l'intérieur. Brusquement, il est un peu moins d'une heure du matin, une partie du plafond s'effondre et s' enflamme, dans la chambre de travail, sous un gros bloc qui jeté de la toiture découverte a fait bélier. On a versé de l'essence par le toit le plafond brûle et sur le sol du bureau le liquide enflamé se répand .
A trois heures , un retour offensif précipite les défenseurs à la lucarne . Un échange intense de coups de fusils le mousqueton qui hurle , des pistolets qui aboient M.Marchetti se glisse dans le salle du téléphone sous la protection des armes de ses deux compagnons
il demande du secours mais il n'y a rien à faire il faut attendre .
Cette attente durera environ une heure jusqu'à cinq heure et demie momment ou le receveur des postes, toujours protégé par ses compagnons, se glisse à nouveau dans la salle et téléphone au bordj.
On est surpris on croyait les défenseurs de la poste sont morts depuis longtemps, mais la rue est libre , les troix hommes sortent et respirent. Dehors, sur le trottoir, une mare de sang; plus loin du monument aux morts, un cadavre, c'est un jeune signalé
la veille comme l'un des plus exalté parmi les indigénes. C' est le nommé Baz .
Les trois défenseurs arrivent au Bordj, tous les Français étaient saufs.
Tel est le résumé des événements qui se sont produits à Fedjm'zala dans la nuit du 9 au 10 Mai 1945. Fedjm'zala n'a pas été pillée, les maisons particuliéres, abandonnées par les Français, ont été retrouvées intactes, les magasins de la SIP remplis de blé et dont la grand porte d'entrée n'étaitmême pas protégée par des volets n'ont subi aucune effraction ,une ferme importante exploitée par Vallet Charles et située à 3Km500 du village ainsi que les exploitations agricoles de M.Augier ont été respectée, une femme Française malade avait refusé de se laisser évacuer de la ferme Vallet ;elle n'a pas été inquiétée pas plus que sa jeune fille restée avec elle .
AUTEUR : Mokrani Mohammed Saddek DATE : 05 février 2004